Conflit au Yémen

Conflit au Yémen : Des médiateurs omanais à Sanaa pour des pourparlers

Une délégation omanaise est arrivée samedi à Sanaa, la capitale du Yémen, une visite inédite dans le cadre des négociations en cours pour un accord de cessez-le-feu entre le gouvernement et le mouvement Ansarallah dit « Houthis ».

Les rencontres diplomatiques se sont multipliées ces dernières semaines pour mettre un terme au conflit qui oppose les forces loyales au pouvoir, appuyé par l’Arabie saoudite, et les Houthis qui contrôlent la majeure partie du nord du Yémen, dont Sanaa. « Une délégation omanaise est arrivée (à Sanaa) accompagnée du porte-parole des Houthis, Mohammed Abdelsalam », a indiqué une source houthie, citée par des médias. « Nous travaillons à faire avancer les arrangements sur la question humanitaire ainsi que le processus de paix », a déclaré Mohammed Abdelsalam, cité par la chaîne Al-Massirah, contrôlée par les Houthis. La visite vise à « compléter les efforts que nous avons déployés à Oman », a-t-il assuré. Mohammed Abdelsalam était empêché depuis 2016, comme d’autre dirigeants Houthis, de retourner à Sanaa par la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, qui contrôle l’espace aérien du Yémen. L’arrivée de cette délégation, qui a nécessité une approbation de Ryadh, montre une relative avancée dans les négociations. La délégation doit « rencontrer le chef (des Houthis), Abdelmalik al-Houthi, et l’informer des pourparlers qui se sont tenus à Mascate », a ajouté la source. La visite des médiateurs omanais « semble être destinée à convaincre les Houthis d’accepter un cessez-le-feu et de participer aux négociations de paix », a-t-elle souligné. Ces dernières semaines, Mascate s’est particulièrement mobilisée à l’instar de l’émissaire de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, et de l’émissaire des Etats-Unis pour le Yémen, Tim Lenderking. Depuis 2014, la guerre a tué des dizaines de milliers de personnes au Yémen, selon différentes organisations humanitaires. Plus des deux tiers des 30 millions d’habitants, confrontés à des risques accrus d’épidémies et de famine, dépendent de l’aide internationale. C’est, selon l’ONU, la pire crise humanitaire au monde.