Taghit-Guir

Classement de Taghit-Guir (Béchar) en parc national : Un pas important pour la protection du patrimoine local

Le projet de décret exécutif portant classement des territoires Taghit-Guir (Wilaya de Béchar et Béni-Abbès) parc national naturel, examiné lors de la réunion du Gouvernement tenue samedi sous la présidence du Premier ministre, ministre des Finances, Aïmène Benabderrahmane, est un « pas important » pour la préservation du patrimoine naturel et culturel local, ont estimé des responsables locaux.

Le projet a été accueilli favorablement par le secteur des Forêts et le mouvement associatif local qui l’ont considéré comme une initiative majeure à même de protéger la richesse et la diversité de la faune et la flore, mais aussi le patrimoine culturel de la région. « Nous avons accueilli avec satisfaction la création prochaine du parc naturel national, qui va encourager à la contribution efficace à la protection et à la préservation de la diversité biologique et des processus biologiques des sites naturels de ces régions », a déclaré à l’APS, M. Jallal Mounir, responsable de la Conservation des forêts de Béchar, initiatrice du projet avec l’apport du mouvement associatif local activant dans le domaine de la protection de l’environnement et du patrimoine culturel. La décision de classer les territoires de Taghit et Guir en parc national naturel, est « un pas très important » dans la protection de la diversité et de la richesse floristique et faunistique locale, ainsi que des différents sites du patrimoine naturel et culturel de cette partie du territoire du sud-ouest du pays, a estimé, de son côté, Noureddine Rahou, président de l’association culturelle « Saharienne », qui active aussi dans le domaine de la préservation du patrimoine naturel de Béchar. Même son de cloche chez l’association locale culturelle et de défense de l’environnement saharien « Ouarourout » de la wilaya de Béni-Abbès (240 km au sud de Béchar), qui voit en cette décision du gouvernement « le moyen institutionnel pour la valorisation du patrimoine naturel de cette région qui regorge d’un riche potentiel en la matière ». La décision du gouvernement de création de ce parc naturel national, est « très importante » pour la préservation d’un pan important du patrimoine faunistique, floristique, et animalier de la région, notamment les espèces rares et uniques dans le monde, à l’image des gazelles dorcas et dama, « très rares et en danger d’extinction de par le braconnage sauvage », a souligné M.Abdelkader Telamani, président de « Ouarourout ». « La création prochaine du parc naturel national, qui est d’un apport marquant à la protection de l’environnement et de la nature saharienne, devrait être suivie à l’avenir par son extension aux régions d’une grande importance patrimoniale et historique, à savoir celles des sept (07) tombes géantes de Tabelbella, de Marhouma et de Oued Anchal, dans la wilaya de Béni-Abbes », a préconisé M.Telamani.

Le parc naturel national Taghit-Guir s’étendra sur 500 000 ha
Le projet du parc naturel national de Taghit-Guir, qui est une opération relevant du secteur des forêts, avec la contribution du mouvement associatif local, notamment l’association des « Amis de la Saoura », et qui s’étendra sur une superficie de 500.000 hectares, a pour principal objectif la protection de l’environnement et de la biodiversité de la vallée de la Saoura, selon M.Jallal. Le projet, qui a nécessité plusieurs années pour son élaboration, vise la préservation de la faune et de la flore spécifique à une grande partie de la région de la Saoura, et sa surveillance de disparition et de destruction, a-t-il expliqué. Il a pour but de doter la région d’un outil de protection de sa biodiversité et d’un pan très important de son patrimoine culturel, selon la même source. La création de ce parc national constitue un outil important dans la prise en charge et la protection de la biodiversité d’une grande région du sud-ouest du pays, région ou l’on recense l’une des rares zones humides du Sud ouest du pays, à savoir le plan d’eau du barrage de « Djorf-Ettorba », et « Dayet Tiour ». Les régions de Taghit et de la wilaya de Béni-Abbès, couvertes par ce parc naturel, sont marquées par la présence aussi de différents sites archéologiques, historiques et naturels d’une grande importance pour l’étude de l’évolution de l’histoire de l’humanité. Elles englobent les stations de gravures rupestres de Taghit et d’Abadla et plusieurs palmeraies millénaires et autres sites naturels, notamment les hautes dunes de Taghit. La prochaine création du parc national naturel vise aussi à endiguer l’avancée du désert par la protection des éléments existants de la faune et de la flore saharienne. Le parc de Taghit-Guir comprendra des zones de protection intégrale sans aucune activité humaine, ainsi que des zones péries-métriques où des activités, même de petite et moyenne industrie, seront tolérées à condition qu’elles ne soient pas polluantes, indiquent des spécialistes locaux et nationaux. Sa création vise également la protection et la mise en valeur du patrimoine archéologique, la promotion et le développement des infrastructures touristiques, en harmonie avec l’architecture et le paysage du milieu, de même qu’il permettra la protection de la faune dans une région où l’on recense une liste des mammifères à protéger. Il s’agit de trente trois (33) espèces, dont six (6) espèces de chauves-souris, douze (12) autres de rongeurs, trois (3) espèces de canidés, trois (3) de mustélidés, un (1) félidé, et quatre (4) espèces d’ongulés sauvages, ainsi que plusieurs espèces de reptiles notamment le fouette-queue et la vipère à cornes, expliquent ces spécialistes. Au nombre de ces espèces, figurent des espèces menacées tant au niveau national que mondial comme le chat des sables, le fennec, le mouflon à manchettes, ainsi que des espèces de gazelles, selon la Conservation locale des forets. La liste non exhaustive des oiseaux recensés dans ce parc comporte pas moins de 107 espèces, dont des oiseaux de passage ou migrateurs, signalent-ils On y trouve aussi seize (16) autres espèces considérées endémiques au Maghreb et au Moyen-Orient, à l’exemple de la perdrix gambra, l’outarde Houbara, en plus de la loutre commune qui a été introduite au barrage de « Djorf-Ettorba » depuis plusieurs années et fait désormais partie intégrante de la faune aquatique de ce site naturel, dont le lac s’étend sur 92 km 2, selon la même source.