Hirak

CHANGEMENT DU SYSTÈME RÉAFFIRMÉ ET HOMMAGE AUX MARTYRS DE LA RÉVOLUTION DU 1ER NOVEMBRE 54 : Marée humaine au 37e vendredi de marche

Ils étaient plus d’un million d’Algériennes et d’Algériens, venus de différentes villes du pays, pour marquer, hier , à Alger, le 37eme vendredi du mouvement populaire pacifique, pour le changement du système politique en place, qui a coïncidé avec la célébration du 65ème anniversaire du 1er Novembre 1954, date du déclenchement de la Guerre de libération nationale.

L’imposante manifestation citoyenne, hier, dans la Capitale, entamée, par des rassemblements dès la matinée, dans les places symbolisant le rendez-vous de chaque vendredi, du mouvement populaire citoyen, depuis le 22 février dernier,  à l’exemple de la Place Maurice Audin, celle de la Grande Poste ou la rue Didouche Mourad, révèle déjà, que dès 14heures, les marcheurs dépasseront le million. Aux côtés des algéroises et algérois, qui étaient présents massivement, hier , à ce 37ème vendredi, coincidant avec la célébration du 1er Novembre 1954, des milliers les ont rejoint à Alger. Lors de notre virée, hier, nous avons rencontré de nombreux manifestants: jeunes, vieux, femmes et hommes, venus des autres wilayas du pays, pour ne citer que Bordj Bou-Arreridj, Blida, Tizi Ouzou, Boumerdès, Bel-Abbès, Annaba, Sétif, Bouira, Biskra, Béjaïa, Tipasa, Constantine, El oued, Djelfa, et Tiaret. La mobilisation du peuple , hier , à Alger comme ailleurs à travers le territoire national, a été exceptionnelle et imposante, en ce 37eme vendredi de marches pacifiques, où la célébration du 1er novembre 1954 a pris tout son sens, comme ce fut le cas, lors des marches coïncidant avec des dates marquant l’histoire du peuple algérien : le 5 juillet, jour de l’Indépendance, le 1er mai, fête des travailleurs, le 20 Août, Congrès de la Soummam, le 19 mai, fête de l’étudiant. Les manifestants ont emprunté le même itinéraire que durant les 36eme vendredis précédents, depuis le 22 février dernier, passant de la rue Bab Azzoune, Che-Guevara, Asselah Hocine, Boulevard ben Boulaid ou de l’avenue Ali Boumendjel, la rue Larbi Ben-M’hidi, de la rue Didouche Mourad, à la Place Maurice Audin, en brandissant des pancartes avec des photos des membres du groupe des 22, des portraits de nos valeureux martyrs de la Révolution du 1er novembre 1954, de Larbi Ben-Mhidi, à Amirouche, Hassiba, El-Haouès, Abane, Ali la Pointe, et tant d’autres. Femmes et hommes que de simples citoyens brandissaient, tout haut, et dans l’autre bras ou sur le dos, flottaient, le drapeau national et également l’emblème amazigh. « Makach el vote mâa el Isabates, ( pas d’élections avec le gang : Ndlr)  » « wallah marana habissine, nous ne nous n’arrêterons pas : ndlr) » ou «  Imazighen Casbah, Bab el oued » « libérez nos détenus, libérez Bouregâa », étaient parmi les slogans qui ont rythmé, hier, les pas des marcheurs, qui avançaient lentement, à cause du nombre important des manifestants, dépassant le million. C’est sous un soleil tendre, après les petites pluies, tombées, hier matin, sur Alger, que les marcheurs, les citoyens venus de différents points du pays, ont réaffirmé, leur détermination à poursuivre, leur mouvement pacifique, jusqu’à l’édification d’un État de droit, par le changement du système politique en place. Mettant à profit la célébration de cette date historique du peuple algérien, les millions d’algériennes et d’algériens, qui ont défilé hier, à Alger, comme dans les autres wilayas du pays, ont repris les slogans phares de leur mouvement, dont « État civil, pas d’État militaire », dont par ceux qui se sont rassemblés, hier, peu avant 14 heures, au pied de la stèle de l’Émir Abdelkader, à Alger centre, scandant : « le pouvoir au peuple » « ya el Haouès, ya Amirouche, l’Algérie marahiche labess, Ya El-Haouès ,ya Amirouche, l’Algérie ne va pas bien » « yaserrakine Klitou leblad : voleurs, vous avez dilapidé le pays ». Hier, Ils ont marché massivement, rendant hommage aux martyrs de la Révolution du 1er novembre 1954, en leur promettant, dans leurs slogans, de façonner les jours à venir pour des lendemains meilleurs aux enfants et les futures générations du pays. En attendant le ralliement de la marche par d’autres manifestants juste après la prière du vendredi, les manifestants déjà présents, nombreux, à Alger, ont donné les couleurs, la cadence et la portée de cette nouvelle mobilisation qui s’annonçait grandiose, après la mobilisation imposante de la communauté universitaires, lors du 36ème mardi des étudiants, non sans une autre mobilisation qu’a connu Alger, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre. Dès 20h, dans la soirée de jeudi dernier, en effet, des youyous et des coup de pilons ont surgi, des quartiers populaires, de Bab-el-oued, de la Casbah, de Belouizdad, de Bab Azoune, qui se sont vite accompagnés des slogans de manifestants, qui se sont rassemblés au fur et à mesure, et marcher pacifiquement, jusqu’à arriver à la Place de la Grande Poste. Là, rassemblés en grand nombre, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, ont célébré le 1er Novembre et rendu un hommage populaire aux martyrs pour l’Indépendance de l’Algérie, en promettant d’aller sur la voie de l’édification de l’État de droit, et en insistant sur le changement du système politique en place. En plus des slogans hostiles au pouvoir, et favorables pour une Algérie libre et démocratique, un État civil et non militaire, les manifestants rencontrés, hier, à la rue Larbi Ben Mhidi, en provenance des quartiers populaires de Soustara, Casbah et Bab el-Oued, une dizaine parmi eux, portaient des tee-shirt blanc, sur lesquels étaient écrits avec les couleurs du drapeau national, « 1954 » et les marcheurs scandaient « Tahya El-Djazaïr, Vive l’Algérie :Ndlr » et lançaient « Ali Ammar l’Algérie wellat (Ali la Pointe, l’Algérie est revenue :NDLR) ».
Karima Bennour