CAMIONS EN SURCHARGE : Les contrevenants risquent de lourdes peines judiciaires 

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Le contrôle des poids lourds se durcit sur les routes nationales et l’autoroute Est-Ouest. Les contrevenants s’exposent à de lourdes sanctions, pouvant aller jusqu’au retrait du permis de conduire, dans le cadre des mesures visant à préserver les infrastructures routières et à réduire les accidents de la circulation.

Les services de la Gendarmerie nationale renforcent leur dispositif de contrôle des camions en surcharge. Cette opération, menée notamment sur l’autoroute Est-Ouest, vise à lutter contre les infractions liées au dépassement du poids réglementaire des marchandises transportées, considérées comme l’une des principales causes de la dégradation des chaussées.  Dans le cadre du plan établi par le commandement de la Gendarmerie nationale pour réduire les accidents de la circulation et lutter contre le terrorisme routier, les unités de la sécurité routière ont intensifié les contrôles des poids lourds. Selon des sources médiatiques, les brigades concernées ont été dotées de nouveaux équipements de pesage, notamment des systèmes portatifs permettant de mesurer la charge des camions directement sur le terrain.  Ces dispositifs, transportés à bord des véhicules des services de sécurité, peuvent être déployés à différents points de contrôle. Ils sont placés sous les essieux avant et arrière des camions inspectés et permettent d’obtenir des résultats immédiats. Ces équipements viennent également renforcer le travail des stations fixes de pesage installées au niveau des principaux carrefours routiers, afin de détecter et de sanctionner les dépassements du poids autorisé. Ces mesures interviennent à la suite de rapports de terrain établis conjointement par les services de la Gendarmerie nationale, des Transports et des Travaux publics. Ces derniers ont mis en évidence la contribution importante des camions en surcharge à la détérioration des couches de bitume, notamment en raison de la concentration du poids sur des essieux qui ne sont pas conçus pour supporter une telle charge. Une étude technique réalisée par le ministère des Travaux publics a également établi un lien entre la dégradation de la chaussée sur plusieurs axes routiers et les freinages effectués par les poids lourds durant leurs déplacements, particulièrement en cas de mauvaises conditions météorologiques. Ces manœuvres accentuent les contraintes exercées sur les différentes couches de la route et accélèrent l’apparition de déformations et de fissures. Une situation qui entraîne une multiplication des opérations d’entretien et de réparation, occasionnant des dépenses supplémentaires de plusieurs milliards de dinars pour le Trésor public.

10 ans de prison et 100 000 DA d’amende 

Sur le plan répressif, les sanctions prévues par l’article 127 de la loi relative à la circulation routière n° 26-09 du 12 mai 2026 sont particulièrement lourdes. Elles prévoient des peines de cinq à dix ans d’emprisonnement et des amendes comprises entre 500 000 et 100 000 DA pour les conducteurs de véhicules de transport de marchandises dont le poids total autorisé en charge ou le poids total roulant autorisé dépasse 3,5 tonnes, ainsi que pour les véhicules de transport de personnes comptant plus de dix places, conducteur compris, lorsque ces infractions sont à l’origine d’un accident de la circulation constitutif d’un délit de faute, lié au non-respect des dispositions légales relatives aux durées de conduite et de repos. Parallèlement à ce dispositif de contrôle, les différentes unités de la Gendarmerie nationale à travers le territoire national ont lancé une campagne de sensibilisation destinée aux conducteurs de poids lourds, sous le slogan : « Respectez le poids légal, vous vous protégez et protégez les autres ».

Cette campagne vise à rappeler l’importance du respect des charges réglementaires, notamment à travers l’utilisation des balances électroniques destinées au pesage des véhicules lourds. Les services concernés soulignent que la surcharge réduit les capacités de freinage et de maîtrise du véhicule, compromet sa stabilité et contribue à la dégradation des routes et des ouvrages d’art.

Ania N.