En brandissant son véto au projet de résolution des USA, la Russie a non seulement rappelé que nul n’a le droit d’outrepasser le droit et la légalité internationale mais a aussi empêché l’administration Trump d’imposer sa vision du règlement du conflit du Sahara occidental qui nie le droit du peuple sahraoui à ‘l’autodétermination et impose le pseudo plan de Rabat de large autonomie sous souveraineté marocaine comme unique voie de solution de règlement du conflit.
Les marocains qui se sont empressés d’applaudir la non-reconduction du mandat de la MINURSO, sont en fait des ignares et font une lecture tronquée, à dessein, de la situation actuelle. Le véto russe ne met pas fin à l’existence de la mission de l’ONU qui ne peut être dissoute que grâce à une résolution votée par le Conseil de sécurité. Le Maroc jubile, alors que son plan d’imposer une solution qui épouse ses visées expansionnistes est tombé à l’eau. Le véto russe remet tout à plat et remet surtout comme préalable à toute solution du conflit opposant le front Polisario au Maroc, la garantie du peuple sahraoui à l’autodétermination. Dans leurs analyses, plusieurs spécialistes ont affirmé que le véto russe opposé au projet de résolution des USA est une victoire du droit devant les tentatives de certaines parties de fouler aux pieds le droit international. L’analyste politique Ahmed Mizab dans une déclaration à l’APS, a affirmé que le rejet du projet de résolution américain a permis de replacer la question sahraouie, « dans son contexte naturel, en tant que question de décolonisation et de droit d’un peuple à l’autodétermination, ainsi qu’un conflit dont le règlement politique ne saurait intervenir sans traiter ses fondements juridiques et historiques ».
« L’Algérie regrette le non-renouvellement du mandat de la MINURSO »
Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. rendu public samedi, le Gouvernement algérien a regretté profondément, le non-renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), réitérant son attachement à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable à même de garantir le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. « L’excessive partialité du projet de résolution soumis au Conseil de sécurité a rendu cette issue inéluctable. En effet, le projet penchait avec une telle outrance en faveur d’une partie, le Royaume du Maroc, au détriment de l’autre, le Front Polisario, qu’il ne pouvait prétendre sérieusement servir de base à une solution juste et durable du conflit du Sahara occidental », précise le communiqué. « Avant même la soumission du projet de résolution aux voix, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines avait adressé des lettres officielles aux membres du Conseil de sécurité afin d’attirer leur attention sur les conséquences particulièrement graves de l’évolution que connaissait le traitement du conflit du Sahara occidental », ajoute la même source. « Il les avait notamment mis en garde contre les risques liés à l’adoption d’une résolution dont l’orientation tend à consacrer un fait accompli territorial et à légitimer une situation d’occupation, au détriment du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination », souligne le communiqué. « En dépit des amendements introduits, la version finale du texte vidait le droit à l’autodétermination de sa substance, en retenant le plan d’autonomie proposé par le Maroc, sous sa souveraineté revendiquée sur le Sahara Occidental, comme unique base de négociation ». Une telle approche « restreignait considérablement les options ouvertes aux deux parties et préjugeait de l’issue du processus politique, alors même que le règlement du conflit devrait permettre au peuple Sahraoui d’exercer librement son droit à l’autodétermination », relève la même source. Par ailleurs, « la suppression de la lettre +R+, correspondant au terme +référendum+, dans l’acronyme de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (MINURSO), constituait un signal politique préoccupant. Elle écartait a priori l’option référendaire, pourtant historiquement associée au mandat de la Mission et à l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui ». « De même, et contrairement à l’approche retenue dans la résolution 2797, ledit projet privait le Front Polisario, reconnu comme représentant exclusif et légitime du peuple Sahraoui, de la possibilité de soumettre aux négociations ses propres idées quant à une solution juste et durable du conflit au Sahara Occidental », indique en outre le communiqué. Enfin, « le projet en question préparait le terrain à une transformation progressive du conflit du Sahara occidental, d’une question de décolonisation en une problématique essentiellement humanitaire, à laquelle il conviendrait de trouver des solutions durables. Or, en matière de décolonisation, une solution durable demeure indissociable de l’exercice, par le peuple concerné, de son droit inaliénable et imprescriptible à l’autodétermination », souligne le document.
Bendjama avait averti sur les dangers du projet US
Le représentant permanent de l’Algérie à l’ONU Amar Bendjama avait affirmé, vendredi, que toute tentative d’imposer une solution préétablie au peuple sahraoui ou de contourner son droit inaliénable à l’autodétermination constitue une grave déviation par rapport à la légalité internationale et aux principes de la Charte de l’ONU, dénonçant fermement les démarches visant à légitimer un fait accompli colonial imposé par la force au Sahara occidental. Dans une intervention au ton ferme devant le Conseil de sécurité, lors des discussions relatives au renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), Bendjama, a souligné que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne constitue ni une monnaie d’échange ni un privilège que les puissances influentes peuvent accorder ou retirer. « Il s’agit, a-t-il insisté, d’un droit fondamental, constant et inaliénable, garanti par la légalité internationale et consacré par les résolutions des Nations unies » . Dans ce contexte, il s’est interrogé sur les parties qui redoutent de soumettre la question à la volonté du peuple sahraoui, affirmant que l’autodétermination demeure la voie la plus claire, la plus sûre et la plus légitime pour permettre à un peuple de choisir librement son avenir, sans contrainte ni tutelle. Le diplomate algérien avait mis en garde contre le danger de transformer les négociations politiques en un simple mécanisme destiné à imposer un résultat prédéterminé, soulignant qu’une véritable solution politique ne saurait être que juste et mutuellement acceptable, fondée sur le droit international et tenant compte des positions et des préoccupations légitimes des parties concernées. Il a, à cet égard, critiqué le fait que les réserves exprimées par l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario concernant le texte soumis au Conseil de sécurité aient été ignorées, estimant que cette démarche vide le principe de négociation de sa substance et transforme le processus politique en une procédure formelle visant à consacrer un fait accompli imposé, au lieu de rechercher un règlement juste et durable du conflit. Bendjama a également mis en garde contre toute atteinte aux règles du droit international relatives à la souveraineté, soulignant qu’aucune partie ne saurait conférer à une puissance occupante un droit qu’elle ne possède pas légalement, ni faire de l’occupation et de l’annexion une source de droits ou un fondement à l’acquisition de la souveraineté.
Ne pas faire du peuple sahraoui une autre victime comme son frère palestinien
Sur un ton ferme, Bendjama a averti que le document soumis au Conseil de sécurité ne vise pas tant à faciliter la réalisation d’un règlement politique équilibré qu’à légitimer une situation de fait résultant de l’occupation d’un territoire non autonome et de la tentative de son annexion. Il a prévenu que la consécration de telles pratiques constituerait un précédent extrêmement dangereux, susceptible de saper les fondements de l’ordre international et d’ouvrir la voie à la loi du plus fort au détriment du droit. Dans ce contexte, il n’a pas manqué de dénoncer le marché honteux conclu au détriment du peuple palestinien, dont le peuple sahraoui est aujourd’hui appelé, à son tour, à payer le prix en termes de liberté et de droits légitimes. Il a affirmé qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une tentative de monnayer les droits de deux peuples vivant sous occupation, au service des intérêts de deux puissances occupantes influentes, au mépris flagrant de la légalité internationale et des valeurs et principes fondateurs de l’Organisation des Nations unies. Il a souligné que les droits des peuples palestinien et sahraoui ne sont pas une marchandise négociable et que la liberté et l’autodétermination ne sauraient constituer le prix de transactions politiques conclues au détriment des peuples et de leurs droits inaliénables. Abordant la dimension humanitaire du conflit, le diplomate algérien a rejeté toute tentative de réduire la tragédie du peuple sahraoui à de simples chiffres, statistiques et besoins alimentaires, soulignant que les Sahraouis ne sont pas simplement une communauté de réfugiés, mais un peuple doté de sa propre identité, de ses aspirations et de son droit légitime à la liberté et à l’autodétermination. Il a mis en garde contre le risque d’instrumentaliser l’aide humanitaire et les besoins essentiels des réfugiés sahraouis à des fins de pression et de chantage, alors que ceux-ci font déjà face à une forte diminution des rations alimentaires et à des taux de malnutrition préoccupants.
Mettre en échec les manœuvres marocaines
Au terme de son intervention, M. Bendjama a réaffirmé son attachement indéfectible à la poursuite des efforts en vue d’un règlement juste, durable et mutuellement acceptable, garantissant au peuple sahraoui l’exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination, conformément à la Charte des Nations unies et aux résolutions pertinentes de l’Organisation. Sur le plan diplomatique, il convient de relever la coordination étroite et les consultations permanentes entre la mission permanente de l’Algérie à New York et son homologue russe, en vue de faire face de manière concertée aux initiatives et manœuvres menées par la mission marocaine dans les couloirs des Nations unies. Ces démarches visent à entraver les initiatives soutenant la cause sahraouie, à influencer les positions des délégations et à brouiller le caractère onusien et juridique des activités liées au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Le vote par l’assemblée générale de la résolution de la 4e commission de l’Onu qui reconnait le statut de territoire non autonome au Sahara occidental a été une réaffirmation de la communauté internationale du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Les tentatives des USA de dévoyer ce droit et surtout d’outrepasser son statut de parrain d’une pseudo dynamique de règlement du conflit par une partialité sans faille et un parti pris flagrant pour les thèses du Maroc ont été mises en échec par le véto russe qui vient remettre au dossier du Sahara occidental sa véritable nature de problème de décolonisation à régler dans le cadre du droit et de la légalité internationale. Maintenant, il s’agit pour la communauté internationale de parvenir à un consensus pour prolonger le mandat de al MINURSO pour éviter que le Makhzen et ses alliés ne soient tentés par une volonté de plonger dans un conflit aux conséquences dramatiques pour les peuples de la région.
Slimane B.












