BEDOUI DÉNONCE LE RAPPORT DE LA LADDH LIÉ AUX PRÉTENDUS MIGRANTS REFOULÉS AUX FRONTIÈRES SUD : «La sécurité de l’Algérie est une ligne rouge !»

Le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, ne badine pas avec le dossier sécuritaire, lui qui se trouve, depuis samedi, en tournée dans le Sud du pays, pour faire l’axe Tamanrasset-In Guezzam-In Salah, où les vagues de migrants irréguliers se confondent aux groupes terroristes qui tentent une percée périlleuse sur le territoire algérien.

Donc l’occasion s’y prête pour rappeler aux ONG surtout et à la LADDH en particulier, quitte à faire table rase, les menaces sécuritaires en présence, comme une priorité absolue de l’État, avant toute autre considération, humanitaire soit-elle, qui viendra après. C’est ce qu’à laissé entendre hier le ministre, lors d’un point de presse consacré à l’affaire des migrants «suspects» refoulés depuis les frontières sud du pays après avoir eu vent de renseignements sécuritaires sur l’infiltration de terroristes, issus de la Syrie, dans les rangs de ces réfugiés. «Attention et attention aux calomnies ! Des rumeurs sont colportées à propos des groupes de migrants qui tentent de pénétrer sur le territoire national de manière illégale. Ces groupes sont directement liés aux évènements qui ont secoué nombre de pays arabes», dénonce et met en garde à la fois Bedoui, en guise de réponse à la LADDH surtout. L’aile de cette ONG dirigée par Noureddine Benissad, a, dans un rapport publié lundi, parlé de migrants en situation de détresse déplacés vers le Niger, avant de revoir sa copie le lendemain, source sécuritaire à l’appui, pour se résigner à l’idée d’une violation des droits de l’homme.
Lorsque ça vient de la bouche du ministre de l’Intérieur lui-même, c’est que l’affaire des prétendus migrants irréguliers va au-delà de l’aspect humanitaire pour toucher à l’ordre sécuritaire, comme l’a, à maintes fois, dit, avant lui, Hacène Kacimi, cadre de ce département chargé du dossier migratoire. En effet, intervenu jeudi sur les accusations de la LADDH, ce responsable a révélé que parmi ce groupe de migrants interceptés figurent des éléments de l’Armée syrienne libre.
Et comme si cette affirmation n’aura pas suffit, Bedoui réagit à nouveau pour peser de ses mots et insister sur un impératif sécuritaire. «Je le dis et je le répète encore une fois: la sécurité, la stabilité et la quiétude de notre cher pays est une ligne rouge !», a-t-il met en garde toute partie qui tenterait d’«exploiter ce dossier» à desseins inavoués. Toutefois, le ministre n’a pas perdu de vue l’aspect humanitaire des migrants, reconnus comme tels, qu’il concilie avec la sécurité du pays. «L’État a mobilisé tous les moyens pour la prise en charge totale des migrants clandestins dans le retour à leurs pays d’origine dans de bonnes conditions et dans le respect des chartes internationales», a-t-il assuré. Preuve en est, un centre d’hébergement conçu pour migrants parmi un total de trois, a été inaugurée à In-Guezzam à cette occasion.
Farid Guellil