BAC partiel : la crainte d’une fuite omniprésente

Bien que les examens du Baccalauréat partiel se soient déroulés depuis dimanche dans le calme, la peur d’une éventuelle fuite de sujets hante les candidats et leurs parents. Devant les rumeurs qui se font entendre çà et là, les élèves tentent tout de même de rester positifs.
Trois jours se sont déjà écoulés depuis le début de la session particulière du Bac 2016. Ayant repassé les matières d’histoire-géographie, d’anglais, de maths, de philosophie et de français, les candidats des filières mathématiques, maths technique, sciences expérimentales et lettres et langues étrangères, tiennent quand même bon, et arrivent à relever le défi de deux Baccalauréats en l’espace de moins d’un mois. Mais il ne s’agit pas seulement de cela, les candidats concernés par la réorganisation partielle de l’examen du Baccalauréat tentent tant bien que mal de rester concentrer sur cette épreuve décisive malgré les tentatives de déstabilisation. Depuis dimanche et même avec la mesure de bloquer l’accès aux réseaux sociaux, de faux sujets ont circulé sur la Toile provoquant une panique chez les élèves. La peur d’un autre scénario de fuite continue de hanter les esprits des examinés au Bac-2016 et ceux de leur parents, aussi, qui espèrent que cette session se termine sans incidents, et que les enfants puissent enfin souffler. Rencontrés, hier, à la sortie de l’examen de philosophie au lycée Emir-Abdelkader à Alger, un groupe d’étudiantes de la spécialité des sciences expérimentales affichaient un sourire de satisfaction tant l’épreuve était facile à leur goût. «Les questions étaient à la portée de tout le monde. Nous avons bien travaillé dans cette matière», nous ont-elles confié. «Il nous reste maintenant deux épreuves, à savoir les sciences naturelles et l’épreuve de physique», a noté Ilhem qui appréhende ces deux matières dont les coefficients sont importants. Évoquant l’épreuve de mathématiques qui s’est déroulé lundi, les avis des candidates au Bac sont restés mitigés quant à la difficulté des sujets. Certaines ont jugé que c’était abordable, et les questions figuraient dans le programme scolaire, alors que d’autres ont considéré que l’examen de maths de la première session était beaucoup plus facile et moins compliqué. S’agissant du fait de repasser les examens durant Ramdhan, les élèves ont en gros sur le cœur. Islem explique combien ça été difficile pour lui de devoir réviser une seconde fois ses leçons. Mes parents m’ont beaucoup encouragé, mais j’étais trop démoralisé pour le faire, nous confie-t-il. «On aurait préféré que la réorganisation se fasse après le Ramadhan, pour qu’on puisse se reposer et récupérer», a regretté pour sa part Walid. Chez un groupe de parents regroupés aux abords du lycée, c’est l’inquiétude qui règne. Ayant préféré accompagner leurs enfants et les attendre jusqu’à la fin des épreuves, ils ont, à l’unanimité, regretté que les élèves n’aient pas eu le temps de respirer et de décompresser à la fin de la première session. Aussi, les parents se sont indignés contre les responsables de la fuite des sujets, appelant les autorités à prendre des mesures fermes à leur encontre. Les parents ont également lancé un appel à la première responsable du secteur de l’Éducation nationale afin de prendre en considération l’état psychologique des candidats, et de ne pas les priver de leur chance de décrocher leur diplôme. Pour rappel, 555 177 candidats sont concernés par les épreuves partielles du Baccalauréat au titre de la session de juin 2016, et dont l’organisation a été décidée suite à la fuite des sujets de certaines matières lors de l’examen qui s’est déroulé du 29 mai au 2 juin dernier. La coupure des réseaux sociaux, notamment Facebook et Twitter, s’inscrit dans le cadre des mesures adoptées par les autorités concernées pour faire face aux fuites de sujets.

Ania Nait Chalal