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AUTORISATION D’IMPORTATION DE VÉHICULES NEUFS : Réactions d’experts et de l’association des concessionnaires

Le gouvernement a décidé d’annuler le système CKD/SKD dans l’industrie de l’automobile et d’autoriser à nouveau les concessionnaires d’importer les véhicules dans le cadre du projet de loi de Finances complémentaire de 2020.

En effet, selon un communiqué sanctionnant les travaux du Conseil des ministres, présidé par le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, il a été décidé l’annulation du régime préférentiel relatif à l’importation des lots SKD/CKD et l’autorisation d’importation de véhicules touristiques neufs.

N. Slimane : « Une mesure nécessaire et attendue »
Concernant cette décision, l’expert en économie, Nacer Slimane, s’est exprimé hier sur sa page Facebook, soulignant qu’autoriser à nouveau les concessionnaires agréés d’importer les véhicules neufs, « est une mesure nécessaire et attendue », en dépit du besoin du marché qui est « en manque de voitures neuves », notamment après l’interdiction de l’importation en 2017, et l’arrêt des usines de montage et assemblage depuis une année. À ce sujet, le même économiste s’est interrogé sur l’identité des concessionnaires qui vont être autorisés à importer les voitures neuves.
« S’agit-il des concessionnaires déjà agréés et autorisés à vendre auparavant et à importer les voitures sauf que la loi les a obligés à passer plus tard au montage des véhicules ? Ou bien s’agit-il des propriétaires des marques d’assemblage ? », s’est-il interrogé.

A. Mebtoul : « Une décision salutaire pour le devenir du pays »
Pour Abderrahmane Mebtoul, professeur des Universités et expert international en économie, la décision du gouvernement d’interdire le système CKD/SKD, est « salutaire » pour le devenir de l’économie algérienne. Docteur Mebtoul a affirmé dans une contribution qu’un « gouvernement n’est pas fait pour être au service d’une minorité rentière. Sa mission essentielle est d’optimaliser la fonction globale du bien-être social d’un pays. Car, les contraintes internationales sont là et face aux mutations mondiales, la filière automobile connait des restructurations, des fusions et des délocalisations des grands groupes, avec des capacités de production élevées avec des incidences sur la consommation de carburant. Face aux mutations mondiales, quel est le seuil de rentabilité de tous ces mini -projets de voitures ? » s’est demandé Dr. Mebtoul.

Youcef Nebbache : « Une décision qui pénalisera le citoyen »
De son côté, Youcef Nebbache, président de l’Association des concessionnaires automobiles multimarques (ACAM), a fait savoir hier qu’il y a eu « une mal-interprétation à la dernière décision du gouvernement » concernant le retour à l’importation des véhicules touristiques et l’annulation du système SKD/ CKD. Contacté par nos soins, M. Nebbache a indiqué que les bénéficiaires du système CKD/SKD peuvent continuer à travailler dans le montage des voitures en payant les droits de la taxe et TVA. Selon lui, « le gouvernement vient d’appliquer des tarifs douaniers qui sont très restrictifs et atteignent les 90% de la valeur du véhicule. Pour les importateurs, ce sera vraiment quelque chose de très dur. Aussi, cette décision pénalisera le citoyen en premier lieu».
Pour rappel l’Association des concessionnaires a appelé auparavant à fermer les usines de montage automobile en activité pour stopper ce qu’ils qualifient «d’hémorragie des deniers publics», tout en permettant aux concessionnaires agréés de reprendre l’importation des véhicules neufs. « Les usines de montage automobile n’ont apporté aucune valeur ajoutée », a déclaré Nebbache, ajoutant que le secteur économique « n’a contribué en aucun cas à assurer la disponibilité des voitures, ni créer des postes d’emploi, ou encore moins augmenter le taux d’intégration locale».
Sarah Oubraham