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AUDIENCES DU PRÉSIDENT : Benkhellaf, Saïdi et Lalmas s’expriment

Moins d’un mois après son élection à la tête de l’État, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a entamé une série de consultations avec des personnalités nationales et politiques autour du projet de la Constitution et de la situation générale du pays. Sont vus défiler ainsi à la Présidence, deux anciens chefs de gouvernements, Ahmed Benbitour et Mouloud Hamrouche, le diplomate Abdelaziz Rahabi, et une visite du Président chez Ahmed Taleb El Ibrahimi. Hier, c’est Sofiane Djilali, président de Jil Jadid qui a été reçu au Palais d’El Mouradia.
Ensuite, le député MJD Lakhdar Benkhellaf, le cadre du MSP, Abderrahmane Saïdi, et l’économiste Smaïl Lalmas, ont exprimé leurs points de vue sur ces rencontres.

Lakhdar Benkhellaf (député MJD)
Le député du MJD, Lakhdar Benkhellaf, s’est exprimé sur les consultations entre le président de la République et les personnalités nationales. «Nous saluons les consultations avec tous les acteurs de la société, soit avec des personnalités politiques nationales, société civile ou même du Hirak», dit-il, ajoutant que « nous considérons que le dialogue est la seule solution à tous les problèmes et crises vécus ». Le député du parti d’Abdallah Djaballah a précisé que «le dialogue reste une méthode civilisée qui a montré ses résultats». Mais, explique-t-il, « il faut qu’il soit responsable et souverain », soulignant que «les résolutions de ce dialogue devront être prises en considération et appliquées sur le terrain. De ce fait, on appelle à ce que ce dialogue soit élargi à d’autres personnalités et parti politiques», conclut notre interlocuteur.

Saïdi Abderrahmane (cadre du MSP)
Le cadre du MSP et ex-président du Conseil consultatif du parti, Abderrahmane Saïdi, a salué, hier, les consultations menées par le président Tebboune avec les personnalités nationales, qui rentrent dans le cadre de l’édification d’un nouvel État démocratique, indiquant que la dernière initiative de Tebboune mérite le salut. «Aucun président ne l’a déjà fait ! Visiter une personnalité nationale comme Taleb Ibrahimi à son domicile est un grand geste louable», commente-t-il. En ajoutant qu’«il faut avouer que les anciens Présidents ne faisaient pas ça, ils ne se présentaient même pas devant le Parlement. Je pense que c’est un geste qui traduit une certaine volonté de changement », pense Saïdi. « Pour nous, ce dialogue est déjà un pas pour un début d’un consensus pour l’avenir du pays», pense-t-il encore, avant de rappeler que dans un temps passé, ces mêmes personnalités et chefs de partis refusaient tout dialogue avec le pouvoir.
« Ces personnalités ont été marginalisées par le passé. Il y a certains qui rejetaient l’idée du dialogue. Prenons l’exemple des consultations lancées par Ahmed Ouyahia, opposées par la plupart de ces personnalités», argumente Saïdi. Pour lui, «la légitimité et la volonté du pouvoir actuelle les a poussées à accepter ce dialogue. La situation actuelle exige que l’ensemble des personnalités, des partis politiques et de la société civile à s’intègre dans un consensus pour l’avenir politique du pays et à renforcer les rangs», souligne Saïdi.

Smaïl Lalmas (économiste)
De son côté, l’économiste Smaïl Lalmas a refusé de s’exprimer sur les consultations menées par Tebboune avec des personnalités nationales et les partis politiques, indiquant qu’il est très tôt pour faire un point sur cette démarche dont le mot « dialogue » ne semble pas lui correspondre. « Les choses ne sont pas très claires en ce moment, je préfère attendre avant de juger ces consultations”, s’est-il contenté de répondre.
Propos recueillis par Sarah Oubraham