Etudiants

47ème MARCHE DES ÉTUDIANTS : « Notre mouvement est à 100 % pacifique»

Des milliers de manifestants ont défilé, hier, dans la Capitale et d’autres villes du pays pour le 47ème acte du Hirak des étudiants, appelant au départ des résidus du système déchu.

Se trouvant en pleine période d’examens semestriels, beaucoup d’étudiants n’ont pas répondu à l’appel de mobilisation, mais le Mouvement est resté intact. Il est rejoint par des centaines de citoyens et même des écoliers et des personnalités à mobilité réduite. Suite aux arrestations opérées lors de la marche de vendredi dernier, les manifestants ont crié le caractère pacifique de leur Mouvement, tout en rejetant toute tentative de déstabilisation. « Notre révolution est pacifique à 100 % », peut-on lire sur plusieurs pancartes. « Notre révolution est pacifique ! », affiche une autre pancarte.
Comme d’habitude, les marcheurs se sont donnés rendez-vous à la Place des Martyrs, devant la station de métro mitoyenne. Le rassemblement, qui s’est constitué vers 11 heures, s’est lancé en direction de la place Maurice-Audin et la Grande Poste, en traversant les quartiers limitrophes. Ils ont crié des slogans contre le système en place et le président de la République. « Dawla Madanya Machi 3asskarya ! », (État civil et non pas militaire !), « Sam3ou, Sam3ou Ya Nass, Abane Khela Wssya, Dawla Madanya, Machi 3asskarya ! », (Abane nous a laissé un testament : Pour un État civil et non pas militaire !), ont répété les manifestants durant leur parcours.
Les marcheurs ont critiqué également les dernières mesures prises par le nouveau président de la République, qu’ils ont considéré comme des «tentatives» visant leur Mouvement. « Tebboune Rais, Makach Hadra, Jabouna Raïs Yahki 3la Lhadra ! », (Président Tebboune, pas de dialogue avec vous !), ont crié également les manifestants. Ils ont scandé aussi : « Siyada Cha3bya, Marhala Inti9alya ! », (Souveraineté populaire, une période de transition !).
Après dix mois de mobilisation sans faille, les Hirakistes insistent ainsi sur le maintien de leur Mouvement, en chantant : « Ô Ya 3issaba ! Intikhabat Zawartouha, Raïs Machi Char3i. Intikhabat Zawrouha ! », « 9olna L3issaba Trouh, 9olna L3issaba Trouh. Ya Hna Ya Ntouma ! », (On a dit que la bande parte. Soit nous, soit vous !).
Les manifestants ont brandi des portraits de l’étudiante, Nour El-Hoda Oggadi, détenue d’opinion encore à la prison de Tlemcen, en criant à sa libération. Parmi les manifestants figurait l’étudiante Nour El-Houda Dahmani, relâchée récemment de la prison d’El-Harrach, pour avoir ramené une pancarte dans son sac. « Liberté pour les détenus d’opinion ! », lit-on sur des pancartes soulevées par des manifestants. Sur d’autres, on trouvera : « N’oubliez pas les détenus politiques ! ». Un manifestant montrait la photo d’une vieille dame sur son Smartphone : «Regardez ! C’est ma mère. C’est une moudjahida. Elle n’a raté aucun acte du Hirak depuis le 22 février dernier. Elle est décédée vendredi dernier. Priez pour elle, mes frères ! » Un vieux, un autre assidu du Hirak, qui a perdu son fils dans une aventure de migration clandestine (harga), a crié face à la foule: « Venez nous rejoindre. Nous n’avons pas un autre pays. Des milliers de martyrs se sont sacrifiés pour ce pays».
En arrivant sur l’avenue Larbi Ben M’hidi, les manifestants ont déployé une banderole géante où sont énumérées 14 revendications du Hirak, dont on note : « Une transition démocratique consensuelle. Séparation entre les pouvoirs. Une véritable ouverture médiatique et politique ». Ces revendications se veulent une réponse aux consultations lancées récemment par le président Tebboune avec nombre de personnalités de l’opposition. D’ailleurs, ils ont crié : « les partis politiques ne nous représentent pas. Où étaient-ils durant toutes les décennies précédentes ? » Un citoyen a brandi cette autre pancarte : « Un seul héros, le peuple ! »
La manifestation s’est dispersée dans le calme aux environs de 13 H 30. Signalons que les forces de sécurité ont interpellé un manifestant pour avoir brandi l’emblème amazigh, mais il a été tout de suite relâché après insistance des manifestants. Cependant, le drapeau lui a été confisqué.
Hamid Mecheri