Coronavirus- la quête mondiale d'un vaccin aiguise les rivalités et les tensions

ALORS QUE LES PAYS VULNÉRABLES PEINENT À ASSURER LA PREMIÈRE INJECTION ANTI-COVID : Les pays riches s’accaparent de centaines de millions de doses pour un 3e rappel

Après avoir sur un ton exaspéré fustigé les pays les plus riches, en course pour s’accaparer de nouvelles quantités de doses de vaccins, en perspective de la troisième injection, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), leur a rappelé que le reste du monde va attendre encore longtemps pour arriver à recevoir le vaccin pour une première injection. Les pays riches, a-t-il dit, la semaine passée, « sont en train de commander des millions de doses de rappel tandis que d’autres n’ont pas pu vacciner leurs personnels soignants » en raison de la non disponibilité ou à des quantités insuffisantes des doses de vaccins.
Les pays pauvres ont vacciné 1% de leur population, contre 55% aux États-Unis et environ 25% au niveau mondial et pour le DG de l’OMS, « si la solidarité ne fonctionne pas, il y a un mot pour expliquer la prolongation de l’agonie de ce monde, cette prise d’otage par le virus… c’est la cupidité » a dénoncé, le patron de l’OMS, le docteur Tedros. Le système COVAX qui a été une initiative ayant pour but d’assurer un accès équitable à la vaccination contre la Covid-19 dans 200 pays, pour éviter que le vaccin soit disponible uniquement chez les pays riches, mais ce qui s’est passé début 2020 avec la réservation massive des vaccins par les pays occidentaux a entrainé un nombre moindre de vaccins disponibles pour faire vacciner les autres pays.. . Un achat et un monopole sur l’acquisition de millions de doses de vaccins, par les occidentaux, bien avant le début de la production du vaccin a impacté considérablement et directement l’impossibilité des pays pauvres à mener une campagne de vaccination pertinente et concluante en matière de lutte contre la propagation du virus, qui fait des ravages, comme c’est le cas en Tunisie, et dans d’autres pays, dont africains et d’Amérique Latine. La course des pays riches à s’accaparer des centaines de millions de doses de vaccins, dont celles destinées pour la troisième injection, a été d’un égoïsme béant, comme ce fut le cas dans leur course, dès le début de la pandémie mondiale de la Covid19, pour l’acquisition des masques, jusqu’à user du lobbying et voire même détourner des avions transportant ce produit.

L’acquisition par les pays riches de centaines de millions de vaccins a rendu le plan mondial d’approvisionnement des pays pauvres caduc et défectueux
Une démarche que nombreux ont qualifié « d’arrogante reflétant l’égoïsme des pays occidentaux » a rendu le plan d’approvisionnement mondial en vaccins, pour les pays pauvres et vulnérables caduc et défectueux, plaçant ces derniers dans une posture difficile dans une concurrence pour l’acquisition des vaccins, dont son rythme et sa cadence sont sous contrôle des pays occidentaux et des producteurs et les détenteurs des droits intellectuels et des brevets, au détriment de la santé publique mondiale et de la solidarité.
Dans leurs déclarations annonçant l’envoi d’aides à des pays ravagés par la pandémie, comme c’est le cas de la Tunisie, comptant même 3ooo enfants contaminés, dans une conjoncture d’effondrement de son système de santé, fort est de constater que les envois de pays riches outre qu’ils sont en deçà des alertes et des appels de détresse du peuple et du gouvernement tunisien, des rapports et des médias étrangers font état de dons annoncés qui ne sont pas concrétisés. Ce qui nous rappelle, les engagements pris par les pays riches, lors des Sommets mondiaux pour éradiquer la pauvreté et le soutien au développement des pays les plus vulnérables, qui n’ont pas été traduits et connu des lendemains.
Alors que des pays souffrant de carences, de difficultés et d’insuffisances en matière de capacités, en moyens et en personnel de santé, notamment face à une pandémie de cette envergure, n’ont pas hésité à secourir les tunisiens, confrontés à une situation sanitaire chaotique, notamment par des dons en quantité de vaccins, de bouteilles et de litres d’oxygène, car convaincus que c’est par la solidarité agissante que le monde arrivera à freiner cette pandémie mondiale. Pour le représentant de l’OMS à Tunis, notre voisin de l’est « devrait être aidé particulièrement en vaccins » a-t-il déclaré, car, explique-t-il « le pays a du mal à se procurer en raison du problème de disponibilité ». Problème qui impacte, faut-il le noter, non seulement la Tunisie, mais d’autres pays, en raison de l’acquisition, par les pays occidentaux, de quantités énormes, couvrant même leurs éventuels besoins en vaccins , pour l’an prochain, au moment où des pays vulnérables et pauvres attendent l’arrivée du vaccin pour opérer une première injection à leur population.
Karima Bennour