Tebboune-Macron

ALGÉRIE – FRANCE : La 5e session du CIHN les 9 et 10 octobre à Alger

Reportées plusieurs fois par l’Algérie pour se donner le temps de peaufiner les réformes profondes engagées par son président Abdelmadjid Tebboune, la 5e session du Comité intergouvernemental de haut niveau algéro-français, se réunira les 9 et 10 octobre prochains à Alger. Cette réunion, qui n’a pas donné signe de vie depuis sa 4e session en décembre 2017 à Paris, sera coprésidée par les Premiers ministres, Aymène Benabderrahmane et son homologue française Elisabeth Borne.
Près d’un mois après la visite du président français Emmanuel Macron en Algérie, au cours de laquelle les deux pays ont conclu un partenariat renouvelé sur la base de la Déclaration d’Alger signée le 27 août 2022, Elisabeth Borne prépare son voyage en Algérie, comme l’ont fait savoir hier, ses services à l’Hôtel de Matignon. « En ligne avec la déclaration conjointe d’Alger pour un partenariat renouvelé entre l’Algérie et la France », adoptée à l’occasion de la visite du président français à la fin d’août, « les membres des gouvernements français et algérien se réuniront pour réaffirmer leur détermination à promouvoir l’amitié entre la France et l’Algérie et approfondir la coopération bilatérale dans les domaines d’intérêt commun », pouvait-on y lire.
Annoncée à la tête d’une délégation du gouvernement, lA Première ministre française coprésidera avec Aymène Benabderrahmane, « la 5e session du comité intergouvernemental de haut niveau » (CIHN) ». Côté français, on parle d’une rencontre lors de laquelle « La jeunesse des deux pays, les questions économiques et la transition écologique », seront abordés. Autrement, Mme Borne sera à Alger avec un mot d’ordre, à savoir pour « Un partenariat renouvelé, concret et ambitieux ». On évoque aussi le dossier du gaz qui fait l’actualité brûlante et dont la France, parmi les pays européens, appréhende un hiver « froid » pour ses citoyens, conséquemment à la décision de suspension de l’approvisionnement russe.

La question du gaz
La question de l’énergie sera-t-elle abordée avec les autorités algériennes ? Même si Emmanuel Macron avait, à partir d’Alger, minimisé l’apport du gaz algérien pour son pays en parlant d’un niveau -situé entre 8 et 9% de la totalité des approvisionnements-, les spécialistes de l’Energie tout comme d’ailleurs certaines voix biens placées dans son gouvernement le contredisent. À savoir que, des annonces seront faites « prochainement » sur une probable augmentation des livraisons de gaz algérien à la France, affirme le porte-parole du gouvernement français, Olivier Véran, au lendemain du voyage de Macron.

L’antécédent du CIHN
À propos de la réunion du CIHN dans sa 5e session, elle était dans l’agenda d’avril 2021. Mais, l’Algérie, qui avait alors lancé les grands chantiers de la réforme de l’Etat, a imposé son tempo pour la partie française. D’ailleurs, le gouvernement de l’époque (Jean Castex) s’est vu payé son empressement. Et pour cause, le format réduit de la délégation française en déplacement en Algérie a suscité le mécontentement de nos autorités qui ont décidé de renvoyer le rendez-vous ultérieurement. La suite on l’a connue. Une campagne de provocations en série à l’égard de l’Algérie, institutions et peuple, a été lancée depuis l’Hexagone. Un précédent qui a émaillé gravement les relations entre les deux pays. Mais depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et les relations commençaient à retrouver peu à peu leur cours normal. Et la page des tensions semble être tournée à l’occasion de la dernière rencontre à Alger entre les présidents Tebboune et Macron, et à la faveur de laquelle les deux pays ont conclu un partenariat renouvelé.
Farid Guellil