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AFFLUX IMPORTANT DE CITOYENS VERS LES CENTRES DE VACCINATION : La nécessaire mobilisation des moyens humain et matériel

L’explosion de cas de contamination au Covid-19, constatée ces dernières semaines, semble avoir convaincu bon nombre d’Algériens sur la nécessité de se faire vacciner contre le virus. Cela s’est traduit par un afflux considérable vers les différents espaces de vaccination, notamment, dans la capitale où la demande ne cesse de progresser.

Bien que cette prise de conscience chez les citoyens, après plusieurs mois de réticence, est à saluer, il est à s’interroger toutefois si les conditions sont réellement réunies pour la réussite de l’opération de vaccination. Si, lors de son lancement, le nombre de citoyens qui se présentaient ne dépassait peut-être pas le seuil de 50, aujourd’hui celui-ci a triplé et les centres se retrouvent même dépassés par la forte demande. En effet, que ce soit dans les centres de santé de proximité, ou dans les chapiteaux installés dans les espaces ouverts, l’afflux est à relever depuis plusieurs jours et qui ne cesse d’augmenter au fur et à mesure. Une situation qui pourrait mettre le personnel mobilisé à cet effet dans la confusion, car non seulement les moyens viendraient à ne pas suffire, mais c’est surtout le manque de personnel qui fait tâche.
Assurant le service de 8h à 17h sans interruption, le personnel soignant ne pourra pas suivre la nouvelle cadence que prend l’opération de vaccination si le ministère de la Santé ne met pas en place les mesures nécessaires. Pour pouvoir, en effet, répondre comme il se doit à la demande grandissante de la population, il serait bon de recourir au service des étudiants en médecine pour l’enregistrement des personnes, la mesure de tension, et notamment ceux qui sont en classes supérieures pouvant administrer les vaccins. Ceci sans oublier de penser au prolongement des horaires de vaccination fixés actuellement de 8h à 13h, et de surtout multiplier les espaces de vaccination que ce soit dans les grandes villes ou dans les régions éloignées, pour pouvoir toucher le plus de monde et atteindre les objectifs fixés dans ce sens.
Parmi les points qui enregistrent une forte affluence, l’on évoque celui installé à la place des martyrs à Alger. Depuis plusieurs jours, la demande des citoyens pour le vaccin ne cesse d’y augmenter. Mardi dernier, alors qu’ils se sont présentés la matinée, certains citoyens ont du attendre leur tour jusqu’à 17h pour pouvoir enfin se faire vacciner. En raison des fortes températures et l’exposition directe au soleil ainsi qu’au manque de chaises, certaines personnes, ont fini même par abandonner et rentrer chez elles bredouilles.
La communication et l’orientation des citoyens a fait également défaut, puisque beaucoup de personnes, une fois vaccinées, n’ont pas été appelées à attendre les 30 minutes réglementaires selon ce qui est exigé par le processus. À noter que plusieurs manquements et défaillances ont été relevés au même point parmi lesquels le manque d’hygiène et un certain laisser-aller du personnel face aux poubelles remplies de seringues qui se sont entassées. Pour pallier à cette situation, le ministère de la Santé est également appelé à effectuer des tournées d’inspection inopinées pour  maintenir les bonnes conditions de la vaccination et à les améliorer là ou il y a défaillance.

Objectif : vacciner 15 millions de personnes avant la fin 2021
Le professeur Riad Mahyaoui, membre du Comité scientifique chargé du suivi et de l’évolution de l’épidémie Covid-19, a fait savoir que l’objectif fixé par les autorités était de vacciner 15 millions de personnes avant la fin de cette année, notant sa satisfaction de voir un afflux de citoyens ces derniers jours, vers les points de vaccination. Il dira à cet effet que même au sein des entreprises privées, les citoyens expriment le désir de se faire vacciner. Mahyaoui a également souligné que les médias mènent ces jours-ci des campagnes de sensibilisation sur l’importance du vaccin, qui est une solution prometteuse, relevant que si l’opération de vaccination se poursuit au rythme actuel, 20% ou 25% des personnes vaccinées pourront être atteintes d’ici la fin de l’année.
Ania Nait Chalal