Accord d’Alger sur le Mali : la CMA fait faux bond

La Coordination des mouvements de l’Azawad, du nord malien, a annoncé la suspension de sa participation au comité de suivi de l’Accord de paix d’Alger, au terme de la rencontre qu’elle a eu, dimanche dernier, avec la médiation internationale, au siège de la Mission de l’ONU au Mali. Une suspension qui durera «jusqu’à ce que les groupes de la plateforme quittent la ville d’Anéfis», selon le représentant de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), Sidi-Brahim Ould-Sidati, qui a assuré par ailleurs que son mouvement «reste pour le dialogue, tant que, sur le terrain, il n’y a pas d’autres violations de cessez-le-feu». Pour ce responsable de la CMA, «nous suspendons notre participation aux travaux du comité de suivi des Accords d’Alger», a-t-il déclaré, assurant par ailleurs que son «mouvement armé reste pour le dialogue tant qu’il n’y a pas de violation du cessez-le-feu». L’ensemble des acteurs maliens, qui se sont engagés dans le processus de dialogue inter-malien, à Alger, se sont engagés à respecter le cessez le feu, notamment, en paraphant, l’Accord en question, au terme d’un long processus mené par la médiation internationale, conduite par l’Algérie. Il faut rappeler que c’est au lendemain des évènements survenus, dans la nuit du 15 au 16 août derniers, que la situation s’est dégradée sur le terrain, compliquant davantage le travail et la mission du comité de mise en œuvre et de suivie de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali. Tout a commencé, la mi août dernier, quand les groupes de la Plateforme ont «tendu une embuscade dans les environs d’Amassine», à 84 km au Sud de Kidal, à une patrouille de la CMA et que les membres armés de la Plateforme, ont vite fait d’accuser la CMA d’être à l’origine des premiers tirs. Situation de confusion et de tension sur le terrain, qui ne peut profiter qu’aux trafiquants de drogue et leurs barons et aussi à l’activité terroriste, mettant à mal le processus de paix, en cours et auquel aspirent les Maliens, du nord comme ceux du sud.
La médiation internationale préoccupée par les affrontements de ces derniers jours dans la région de Kidal, au nord malien, a appelé, jeudi dernier, au respect des clauses de l’Accord précité.
Dans un communiqué, la médiation internationale a exprimé sa «  forte condamnation des violences » appelant les deux parties (NDLR : CMA et la Palateforme) à « l’arrêt immédiat et sans condition des affrontements, ainsi que le rétablissement, sur le terrain, de la situation prévalant au moment de la signature de l’Accord »lit-on.
Présidée par l’Algérie, la Médiation internationale et membre du comité de suivi et garante de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali a exprimé, également «sa vive préoccupation quant au fait que ces affrontements armés soient le fait de parties signataires de l’Accord» et «constituent donc une violation flagrante de ce même Accord».
Rappelons que suite aux combats entre des hommes du Groupe touareg Imghad et alliés (Gatia, pro-gouvernemental) et ceux de la Coordination, la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) a décidé de mettre en place une « zone de sécurité » autour de la ville de Kidal. Avec les derniers évènements survenus et le cours qu’ils prennent, le travail et les efforts à consentir pour traduire le contenu de l’Accord de paix et de Réconciliation au Mali, se sont vu bousculer par cette situation, qui fragilise, la portée de l’Accord et met à mal les avancées enregistrées, jusque-là, pour l’ancrage de l’optimise de voire la stabilité au Mali et la paix entre les Maliens s’enraciner.
Karima Bennour

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.Les champs obligatoires sont marqués par *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>