Seaal

A TROIS MOIS DE LA FIN DE SON CONTRAT EN ALGERIE : A quoi joue la Seaal ?

En apprenant à leurs dépens que la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger allait, du jour au lendemain, les astreindre à un programme de rationnement dans la consommation du liquide vital, les Algérois se sont demandés à quoi rime une mesure prise à la veille de la période estivale, et qu’est ce qui pourrait bien encore la motiver alors que cette filiale du groupe français Suez est appelée à faire valises dans quelques semaines ? La goutte de trop !
En effet, dans un communiqué publié hier à l’intention de ses « aimables usagers », la Seaal a fait état d’un nouveau programme dit de « sécurisation » et d’ « optimisation » dans la distribution de l’eau pour les habitants de la wilaya d’Alger. Autrement, un passage soudain d’une alimentation en l’eau potable en H24 à une AEP restreinte de 12 H jusqu’à 20 H. Soit 8 heures / jour seulement pour une mesure qui plus est prise à la hussarde puisqu’elle devait entrer en vigueur aujourd’hui même. Le motif invoqué est tiré par les cheveux alors que le programme H24 a été bel est bien appliqué durant tout le mois de Ramadhan.
De tout ce qu’elle porte comme préjudice qu’allait subir les consommateurs, soit avant que la Seaal ne rectifie le tir et annuler la décision, la teneur comme le timing de cette mesure invitent à des interrogations.
Alors que son contrat en Algérie arrive à terme le mois d’aout prochain -les pouvoirs publics ont décidé de ne pas en renouveler le bail- la Seaal s’est fendue d’un communiqué à la limite de la provocation qu’elle décide d’un rationnement de l’AEP sans en mesurer les conséquences sur le vécu quotidien des habitants et son corolaire sur la stabilité sociale. C’est d’autant plus qu’il y a manœuvre dans l’air que le représentant diplomatique français en Algérie, lui-même, s’en était mêlé au sujet il y a trois mois en arrière.
Pour les raisons de la non-reconduction de son contrat, elles peuvent s’expliquer par une et mille anomalies, dont il y a lieu de citer quelque unes, comme les irrégularités dans la distribution de l’AEP dans les wilayas d’Alger et de Tipasa, dont elle assure la gestion, les atermoiements dans les réparations des fuites d’eau, le transfert de savoir-faire qui laisse à désirer…, bref l’échec de la mission de la Seaal est sans appel après une quinzaine d’années d’activité en Algérie.
Mais de-là que l’ambassadeur François Gouyette, himself, déclare, quelques semaines auparavant, et à la veille du départ annoncé de cette société, que l’Algérie risque une crise de l’eau qui serait suivie d’un soulèvement populaire, on ne peut que lier les deux séquences pour conclure qu’il y a bien anguille sous roche. Autrement, une manigance de trop, comme toutes celles concoctées depuis qu’il est en poste en Algérie et qui visent à semer le trouble. Or, s’il a bien appris « El Kawi », il ferait mieux de méditer « Ennaqab ».
Autre chose sur laquelle la mesure annoncée par la Seaal, avant qu’elle ne se résigne à l’idée qu’un manque de pluviométrie ne peut être qu’un prétexte farfelu, le fait qu’elle retire au plus vite le communiqué et d’en accoucher d’un autre, rétablissant de fait le programme d’AEP en H24.
Farid Guellil