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À LA DATE D’ADOPTION EN 2018, DE LA LOI SUR EL-QODS « CAPITALE ENTIÈRE ET UNIFIÉE D’ISRAËL » : Lancement des vols Tel-Aviv – Maroc le 19 juillet

Le choix de la date du 19 juillet prochain pour le lancement des vols directs entre l’entité sioniste et le royaume marocain n’est pas un hasard. C’est la date marquant l’adoption, le 19 juillet 2018, par la Knesset avec le soutien de l’actuel premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, de La loi Israël, « État-nation du peuple juif », une des lois fondamentales de l’entité sioniste faisant office de Constitution d’Israël, dont l’un de ses 11 articles, le troisième précisément, stipule « La Capitale de l’État d’Israël est Jérusalem (El Qods :Ndlr) entière et unifiée ».
Alors que le peuple palestinien continue de subir les exactions des autorités coloniales de l’entité sioniste, les responsables marocains et israéliens annonce en grande pompe l’ouverture de leurs liaisons aériennes, le 19 juillet prochain, date choisie par Israël et endossée par Rabat pour célébrer trois ans de promulgation du texte de loi israélien précité. Du chef de la diplomatie marocaine, Nacer Bourita au chef du gouvernement et chef de file du parti islamiste (PJD) Saâd Eddine El-Othmani, il n’est question que de l’importance de l’établissement des relations avec l’entité sioniste, après des années de liens officieux, dans divers domaines. Dans leur discours et déclarations dans lesquels les responsables marocains, à leur tête le Roi Mohamed VI, rappelant et insistant sur leur soutien à la cause palestinienne et au peuple palestinien, il n’est nullement par la suite d’adoption de postures politiques, de mesures ou d’actions concrètes confortant le peuple palestinien dans son combat pour ses droits légitimes. Ce qui n’est pas le cas, s’agissant de l’entité sioniste.
Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a indiqué, dans une interview accordée récemment à la chaîne de télévision du puissant lobby Étatsunien-israëlien AIPAC, que «  nous espérons que tous les efforts seront faits de toutes parts, y compris de la part d’Israël pour promouvoir une paix véritable », une paix qui, poursuit le MAe marocain « préservera la sécurité d’Israël, la sécurité et la stabilité de son peuple »,avant d’ajouter «  mais qui permet aussi aux Palestiniens de faire valoir leurs droits » sans plus concernant les droits des palestiniens violés et bafoués par un système coloniale de peuplement. Pour Rabat, « la reprise des relations entre le Maroc et Israël », dira le ministre Bourita, «  est un facteur pour renforcer la dynamique de paix au Proche-Orient », alors que la question est de savoir comment, avec la loi Israël, adoptée 19 juillet 2018, « État-nation du peuple juif » faisant office de Constitution d’Israël, dont son article 3, que le Ministre Bourita connait sans nul doute, il est clairement mentionné que « La Capitale de l’État d’Israël est Jérusalem entière et unifiée ».
Loi affirmant encore une fois, que le système israëlien de colonisation de peuplement en Palestine, exclut toute perspective de voir le peuple colonisé, spolié, forcé à l’exil et au refuge, de recouvrir ses droits légitimes, et le désengagement d’Israël des Accords d’Oslo l’illustre fortement, non pour les responsables marocains, mais aux yeux du monde libre, qui a et continue de montrer une grande mobilisation en faveur de la cause palestinienne, durant et après la guerre barbare de l’entité sioniste, mai dernier, contre Ghaza et les palestiniens en général. Qui mieux que les responsables marocains, à leur tête le Roi Mohamed VI et le Makhzen, pour défendre bec et ongle et soutenir un système colonial en Palestine ? Sa remise en cause dans ses fondements amènera le royaume chérifien à corriger ce qu’il a entrepris en 1975, avec le soutien notamment d’Israël, de la France pour ne citer qu’eux, par son invasion militaire au Sahara occidental, en violation du Droit international, alors que le peuple sahraoui menait sa lutte armée de de libération contre la colonisation espagnole. Encore une fois, après la tombée des masques, depuis l’annonce officielle de la reprise des relations entre l’entité sioniste et le royaume chérifien, le Maroc célèbre, avec l’entité sioniste trois ans de l’adoption de la loi israélienne précitée, par la reprise des vols directs entre la capitale de l’entité sioniste, Tel-Aviv et la ville marocaine Merrakech. Pis encore, même à la tête du Comité d’El Qods, le roi marocain a brillé non seulement par son silence mais aussi par l’absence d’un rôle, des années durant, pour préserver El-Aqsa et El-Qods, des violations et de la dilapidation des biens des palestiniens et des tentatives israéliennes de dénaturer l’histoire et l’identité d’El-Qods, notamment par l’expulsion et l’expropriation de palestiniens de Cheïkh Djarah, de Batn El-Hawa, situé dans la localité de Silwan et d’autres lieux. Et c’est en comptant sur le rôle passif, qui ne peut être que complice, de la politique coloniale israélienne sur l’ensemble de la Palestine, que le choix du Roi du Maroc d’être à la tête du Comité d’El-Qods n’a pas été un simple hasard, si ce n’est au profit d’Israël, laquelle était rassurée que rien ne viendrait entraver ses plans de peuplement et d’expropriation des palestiniens d’El-Qods, sauf par des déclarations, de condamnation, sans plus. Et le rappel retentissant des palestiniens, de Ghaza, de Cisjordanie, des territoires occupés de 1948 et des camps des réfugiés, mai dernier, a rappelé, non seulement à Israël que les propriétaires de la terre palestinienne ont le dernier mot mais aussi à ceux, dont le Maroc, qui accourent à Tel-Aviv, etpensent pouvoir décrocher, une légitimité d’un autre système colonial, le dernier en Afrique, celui au Sahara occidental.
Karima Bennour