La Commission de régulation de l’énergie (CRE) annonce une hausse de 6,3% du prix repère de vente de gaz au 1er octobre. Six millions de ménages indexés sur ce tarif verront leur facture progresser d’environ 5,28 euros en moyenne.
Mauvaise nouvelle pour les foyers chauffés au gaz : après la hausse de 5,6 % en septembre, le prix de référence augmente de nouveau de 6,3 % à partir du 1er octobre. Le « prix repère de vente de gaz » (PRVG) passera à 182,88 €/MWh TTC, contre 172,05 € en septembre. Une hausse liée aux marchés et au conflit au Proche-Orient « Conséquence d’une augmentation des prix sur les marchés du gaz au mois d’août comparativement à juillet », explique la CRE. Cette décision touche uniquement les offres indexées sur le PRVG, soit environ 60 % des abonnés résidentiels, soit quelque six millions de ménages. Les contrats à prix fixe, qui concernent près de 40 % des consommateurs, restent épargnés. L’impact mensuel est estimé à +5,28 € TTC en moyenne. L’ingénieur Nicolas Meilhan déplore une augmentation de 12 % en deux mois et de lancer : « Soyons fiers d’être gouvernés par des amateurs ! » Cette flambée s’inscrit dans un contexte de tensions internationales. L’indice TTF néerlandais (Title Transfer Facility), référence européenne, a fortement progressé depuis le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié. Au niveau national cette hausse survient dans une période délicate pour le pouvoir d’achat des Français et de chute de la richesse par habitant dans le pays. La députée de La France insoumise (LFI) Clémence Guetté alerte ainsi : « Il faut augmenter le SMIC, les salaires et bloquer les prix. J’alerte : le prix du gaz va encore augmenter au 1er octobre ». La CRE estime que, si la situation reste stable, la facture annuelle 2026 pourrait être en moyenne 10 % plus élevée qu’en 2025, soit environ +120 € TTC. L’Insee revoit la croissance française à 0,4% en 2026, trois fois moins que la zone euro. Demande intérieure grippée, canicule agricole, chômage en hausse et finances publiques sous tension expliquent ce retard face à l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne.
La France la seule grande économie avancée à freiner nettement en 2026
L’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) place la France en « vigilance orange » : la progression du PIB ne dépasserait pas 0,4 % cette année, loin des 0,7 % anticipés en juin et bien en deçà de la dynamique européenne. Après un premier semestre quasi à l’arrêt (−0,2 % puis 0 %), seuls 0,1 % et 0,2 % sont attendus aux troisième et quatrième trimestres. « À rebours de ses voisins, l’économie française a décroché », constate Dorian Roucher, chef du département de la conjoncture de l’INSEE. L’Allemagne atteindrait 1 %, l’Italie 0,9 % et l’Espagne 2,6 %. La France serait même la seule grande économie avancée à freiner nettement en 2026 alors que le PIB moyen par habitant est passé en dessous de la moyenne européenne. Quatre facteurs nationaux sont pointés. D’abord, le retournement violent des travaux publics lié au cycle électoral municipal : les commandes se tarissent avant les élections et redémarrent lentement. Ensuite, les chaleurs estivales ont touché la production agricole plus qu’ailleurs, coûtant 0,1 point de croissance. Le marché du travail se dégrade aussi : le chômage monterait à 8,6 % fin 2026, tandis que les salaires restent peu dynamiques. Enfin, l’impulsion budgétaire faiblit après les dérapages des comptes publics. Conséquence directe : le pouvoir d’achat des ménages flancherait de 0,4 %, la consommation n’augmenterait que de 0,3 % et les Français puiseraient dans leur épargne. L’investissement des entreprises repasserait dans le rouge (−0,3 %). Seul le commerce extérieur, porté par l’aéronautique et le naval, apporterait un soutien franc. La fin du second quinquennat d’Emmanuel Macron s’obscurcit un peu plus alors que, depuis le début du mois de septembre, la France emprunte à 4,27 % sur 10 ans, un record depuis 2008.
R. I.














































