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TRIBUNE : Pourquoi l’Algérie a rompu ses relations diplomatique savec les Émirats arabes unis

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Dans un article précédent intitulé « Les Emirats, un Etat prédateur qui prospère dans le chaos », j’ai passé en revue les actions malveillantes de ce minuscule État confetti en Afrique et dans notre région. La rupture des relations diplomatiques annoncée aujourd’hui (jeudi écoulé, ndlr) par le gouvernement algérien est l’aboutissement d’années d’agressions déguisées en diplomatie, une accumulation que l’Algérie a longtemps choisi de taire par sens des responsabilités et pour éviter d’approfondir les divisions au sein des rangs arabes.
Ingérence inadmissible et répétitive dans nos affaires intérieures : Tout a commencé par une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de l’Algérie. Les EAU ont apporté un soutien actif et ouvertement reconnu au MAK, un mouvement séparatiste classé comme organisation terroriste, allant jusqu’à l’inviter sur des tribunes internationales — une reconnaissance de facto accordée à ceux qui appellent à la partition de notre territoire national. Dans le même temps, Abu Dhabi a offert refuge et protection à des criminels en col blanc fuyant la justice algérienne, transformant son territoire en sanctuaire pour des individus recherchés pour détournement et malversation de fonds publics.
Un allié opérationnel de l’axe Rabat–Tel Aviv : À cette ingérence directe s’ajoute un soutien très actif aux visées belliqueuses de l’axe Rabat–Tel Aviv, qui ne s’est jamais limité à une convergence diplomatique superficielle. Ce soutien s’est traduit par des dimensions concrètement opérationnelles : ventes d’armes visant à renforcer les capacités militaires marocaines, coopération étroite en matière de renseignement, et facilitation de transferts de technologies à applications militaires. Les EAU ont ainsi choisi leur camp en s’associant au duo Maroc–Israël dans un contexte régional où l’équilibre stratégique du Maghreb est en jeu.
Normalisation avec Israël, matrice de la convergence Rabat–Abu Dhabi : Cette convergence ne doit rien au hasard. Elle trouve son origine dans les accords d’Abraham d’août 2020, par lesquels les EAU et le Maroc ont normalisé leurs relations avec Israël au mépris de la cause palestinienne. Depuis lors, Rabat, Abu Dhabi et Tel Aviv partagent un axe commun d’intérêts sécuritaires, ce qui explique le caractère désormais opérationnel de leur soutien mutuel au détriment de la stabilité algérienne.
Une tentative d’encerclement au Sahel : Plus grave encore, les EAU se sont immiscés dans notre profondeur stratégique au Sahel, une région vitale pour la sécurité nationale algérienne.
Sous couvert d’investissements économiques et d’initiatives de coopération, Abu Dhabi a cherché à neutraliser l’influence traditionnelle de l’Algérie dans cette zone, tissant des liens avec des acteurs régionaux dans le but de renforcer la position du Maroc sur les frontières sud du pays. Cette manœuvre d’encerclement, aussi ambitieuse qu’illusoire, fait fi de la profondeur historique des liens unissant l’Algérie à ses voisins sahéliens.
Projets toxiques au niveau bilatéral : Enfin, sur le plan bilatéral, plusieurs projets présentés comme des partenariats économiques se sont avérés être des vecteurs de malversations, alimentant des réseaux opaques où intérêts privés et détournements se mêlaient au détriment de l’intérêt national.
Ces arrangements, loin de servir le développement partagé qu’ils prétendaient incarner, ont nourri une chaîne de corruption dont les ramifications dépassent le cadre purement commercial. Face à cette accumulation d’actes ouvertement hostiles ou provocateurs, l’Algérie a fait preuve d’une patience exemplaire, mais les Émirats arabes unis ont finalement franchi toutes les lignes rouges.
Dubaï apprendra donc à ses dépens que l’Algérie ne fera aucun compromis sur sa stabilité, ni sur la sécurité et la prospérité de son peuple.
Par Amar Belani
Ancien Ambassadeur

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