Accueil À LA UNE QUAND LE MONDE DÉCOUVRE… : Le jeu perfide des Émirats arabes unis

QUAND LE MONDE DÉCOUVRE… : Le jeu perfide des Émirats arabes unis

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Financement des groupes terroristes au sahel, recrutement de mercenaires et fournisseurs d’armes attisant les conflits en Afrique de l’Est, actes de déstabilisation visant des États souverains … les rapports accablant les Émirats arabes unis s’enchaînent.
Quelques jours avant la chute de Kadhafi en 2011, et sa fuite vers le sud du pays où il avait été assassiné par des miliciens aidés par l’armée française, la chaîne qatarie « Al Jazeera », avait passé en boucle des images d’un meeting organisé par l’opposition à Tripoli où trônaient des centaines de drapeaux des Émirats. Les nombreux intervenants, interrogés par la chaîne n’avaient pas cessé de louer le rôle joué par les Emirats dans le coup de force opéré par les miliciens et l’aviation française qui avaient forcé le dirigeant libyen à battre en retraite vers le sud du pays. Depuis, les Émirats se sont vus intronisés, par l’axe Tel Aviv -Washington « élément déstabilisation » qu’ils agitent à leur guise. Aujourd’hui, le monde semble avoir découvert le rôle perfide de cet Emirat qui use d’une grosse part de ses ressources financières pour mener des campagnes de déstabilisation notamment en Afrique. La partition du Soudan, la guerre civile que vit le Soudan depuis 2015, le Somali- Land, et les exactions des groupes terroristes dans la région du Sahel ont tous un dénominateur commun : ils sont tous financés et armés par les Émirats. Il y a quelques jours, l’agence Reuters faisait état d’un versement d’une rançon d’environ 50 millions de dollars pour la libération d’un otage enlevé par des combattants liés à Al-Qaïda au Mali à la fin de l’année 2025. Ces fonds ont contribué à financer l’offensive du groupe en Afrique de l’Ouest ainsi que ses activités internationales. Citant un rapport d’experts de l’ONU daté du 10 août, qui a été présenté lors d’une réunion à huis clos du comité des sanctions du Conseil de sécurité l’agence indique que ces fonds ont joué un rôle clé dans le financement de l’offensive du groupe à travers le Mali ». Le rapport, préparé par une équipe chargée de surveiller les activités d’Al-Qaïda et de l’État islamique pour le compte du Conseil de sécurité de l’ONU, indique que la majeure partie des quelque 50 millions de dollars reçus en 2025 a été répartie entre les formations de la coalition JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin),  opérant au Sahel. Trois sources régionales de Reuters ont déclaré que les Émirats arabes unis étaient le pays ayant versé la rançon. Selon elles, après le versement de l’argent, un citoyen émirati ainsi que deux autres étrangers, ressortissants du Pakistan et de l’Iran, ont été libérés. Le rapport indique que les effectifs du JNIM,  au Sahel sont estimés entre 7 000 et 8 000 combattants, dont environ la moitié se trouvent au Mali. Le groupe opère également au Burkina Faso, au Niger, au Bénin et au Togo. Les experts de l’ONU notent que les 50 millions de dollars dépassent largement le montant habituel des rançons versées pour des otages étrangers, qui, selon des sources du secteur de la sécurité, se situent entre 4 et 6 millions de dollars et ces fonds ont été mobilisés par les Emirats. Le média britannique « The Financial Times » a mené une enquête intéressante révélant le rôle dangereux que jouent désormais les Émirats arabes unis dans la déstabilisation des pays et l’exacerbation des conflits. L’enquête documente pour la première fois un réseau régional de recrutement, de transport et d’entraînement s’étendant de la Colombie aux Émirats arabes unis, puis à Bosaso, Kufra, Nyala et El Fasher au Soudan, sur la base de témoignages de combattants, de données de voyage, de données numériques, de photos et de documents en accès libre. Le média britannique a débuté son enquête en déclarant : « Sous la direction de son dirigeant autocratique, le cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan, connu sous le nom de MBZ, ce petit État désertique a rapidement déployé des investissements, de l’influence et du matériel militaire à travers l’Afrique, dans le but d’exploiter le commerce et les ressources pour son avenir post-pétrolier. » Dans ce contexte, l’enquête a révélé que de nombreux responsables politiques africains ayant déjà eu affaire à Abou Dhabi restent méfiants. À ce sujet, Yemane Gebremeskel, ministre érythréen de l’Information et proche conseiller du président Isaias Afwerki, dont les relations avec Abou Dhabi sont tendues, déclare : « Le problème des Émirats arabes unis en Afrique réside dans leur ambition injustifiée de dominer toute la région. » Et d’ajouter : « Cela a commencé par le contrôle de quelques petits ports en Afrique de l’Est, mais il semble que cela ait évolué vers une démonstration de force et l’exploitation des ressources. » « Il est crucial de prendre conscience des limites de l’action africaine », affirme Mehari Tadelli Maro, universitaire éthiopien et expert reconnu des questions de paix et de sécurité régionales.

Financeur du conflit au Soudan et fournisseur des armes aux FSR
l’enquête du média britannique  a révélé que le premier contingent de Colombiens est arrivé au Darfour en octobre 2024, chargé d’établir un corridor logistique pour l’acheminement de ravitaillement à travers l’est de la Libye. Un ancien mercenaire interrogé par le journal britannique, nommé Manuel, a confirmé que les Émirats arabes unis financent le conflit et fournissent des armes aux Forces de soutien rapide (FSR). Il a affirmé que les Émirats arabes unis sont la principale source de financement et de ressources pour ce conflit. Manuel a fait une révélation fracassante : des combattants, dont certains n’avaient que 12 ans, étaient armés et se battaient pour de la nourriture. L’enquête a également révélé qu’un second contingent de mercenaires avait été transporté via une base financée par les Émirats arabes unis à Bosaso, dans le nord de la Somalie, puis réparti dans des camps secrets en plein désert. Elle a ajouté qu’environ 300 spécialistes avaient reçu une formation clandestine aux Émirats arabes unis entre janvier et octobre 2025 sur le maniement des drones et des armes antiaériennes avant d’être déployés au Soudan.
Les combattants ont identifié la base de Ghayathi à Abou Dhabi comme un site d’entraînement et ont déclaré que des instructeurs du GSSG et des Émiratis en uniforme militaire supervisaient leur division en unités de drones, de défense aérienne et de radars. Pour sa part, Stiftung Wissenschaft und Politik (SWP), principal institut allemand de conseil en politique étrangère et de sécurité, a publié au mois de mai 2026 une étude signée par trois chercheurs de pôle Afrique et Moyen-Orient, qui soutient que les Émirats arabes unis sont devenus un acteur extérieur majeur de la déstabilisation en Afrique, recommandant à l’ensemble européen, l’Allemagne en particulier, une vigilance accrue par rapport à ses agissements. Sous des dehors de diplomatie modernisatrice, Abu Dhabi mène une politique d’intervention indirecte qui alimente les guerres plutôt qu’elle ne les apaise, laisse entendre le texte. De la Libye au Soudan, de l’Éthiopie à la Somalie, le même schéma est appliqué : soutien à des forces armées locales, déni systématique de toute implication directe, usage de réseaux logistiques opaques, puis posture de médiateur responsable dans les enceintes internationales. L’institut note que cette duplicité nourrit la fragmentation des États, prolonge les conflits et aggrave des crises humanitaires déjà extrêmes, en sus de décrédibiliser les codes diplomatiques et de diluer les responsabilités, analyse-t-on. Le cas soudanais est cité comme le plus grave. Depuis le début de la guerre, en 2023, les Forces de soutien rapide (FSR) de Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti, ont bénéficié d’un appui extérieur décisif que plusieurs enquêtes sérieuses attribuent aux Émirats arabes unis. L’assaut d’El-Fasher, en octobre 2025, a marqué un tournant dramatique, avec des massacres de grande ampleur. L’interventionnisme émirati ne se limite pas aux livraisons d’armes, utilisant des couloirs logistiques, des relais régionaux et des flux financiers qui permettent aux FSR de conserver leur capacité de nuisance ». Ce rôle condamnable a valu aux Émirats des reproches des membres du Conseil de sécurité de l’ONU qui ont condamné les exactions des Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan et que Khartoum a nommément accusé, à l’ONU, les Émirats d’ingérence dans les affaires du pays.
Les intentions de cet Émirats du mal sont aujourd’hui démasquées et la mobilisation de certains dirigeants du monde laisse supposer qu’aujourd’hui il ne pourra plus se cacher derrière le masque des actions humanitaires car la couleuvre est trop grosse et les preuves de sa mauvaise foi sont aujourd’hui connues de tous.
Slimane B.

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