Le Centre d’information sanitaire du ministère palestinien de la Santé a annoncé l’enregistrement de 152 martyrs dans la bande de Ghaza au cours du mois de juillet, soit le bilan mensuel le plus élevé depuis le début de l’année, conséquence de la poursuite des attaques de l’occupant sioniste contre l’enclave palestinienne.
Dans un communiqué, le Centre indique que les données officielles font état d’une forte augmentation du nombre de victimes durant le mois écoulé, avec 152 martyrs recensés dans les différentes régions de Ghaza. Selon les statistiques publiées, les civils continuent de payer un lourd tribut. Parmi les victimes figurent 21 enfants, 14 femmes et 4 personnes âgées, illustrant l’impact direct des bombardements sur les quartiers résidentiels et les zones densément peuplées. Malgré l’accord de cessez-le-feu, les forces de l’occupation poursuivent leurs violations à travers des frappes aériennes et des bombardements d’artillerie visant notamment les zones accueillant des déplacés. Elles poursuivent également les opérations de destruction dans ce qui est appelé la « ligne jaune », tout en maintenant les restrictions sur l’entrée des marchandises, de l’aide humanitaire et les déplacements.
L’hôpital ophtalmologique gravement affecté
Le directeur de l’hôpital ophtalmologique de Ghaza, Hossam Daoud, a alerté sur la dégradation alarmante des services médicaux en raison du manque d’équipements, des conséquences de la guerre et des destructions subies par l’établissement. Il a indiqué que le bloc opératoire n’a repris ses activités qu’à capacité très réduite, avec une salle et demie opérationnelle sur les trois qui fonctionnaient avant la guerre. Cette situation est due à une pénurie aiguë d’instruments chirurgicaux, de consommables médicaux et d’équipements essentiels. Selon lui, près de 70 % du bâtiment est de l’hôpital ont été détruits, compromettant fortement la capacité de l’établissement à assurer des soins spécialisés.
Les équipes médicales sont parvenues à remettre partiellement en service le bloc opératoire, mais l’absence d’instruments de microchirurgie, indisponibles dans la bande de Ghaza, empêche une reprise complète des activités. Malgré les efforts déployés pour réparer certains équipements, les besoins restent considérables. L’hôpital assure actuellement environ 70 % de ses prestations d’avant-guerre, mais pourrait retrouver, voire dépasser, son niveau de fonctionnement si les fournitures médicales et les équipements chirurgicaux étaient acheminés.
Certaines spécialités demeurent totalement interrompues, notamment les greffes de cornée, faute de cornées et du matériel nécessaire, contraignant les patients à chercher des soins à l’extérieur de Ghaza. Le responsable a également mis en garde contre une aggravation de la crise en raison du manque de carburant, de lubrifiants et de pièces de rechange. Le générateur principal étant hors service, l’hôpital dépend désormais d’un générateur de secours dans un contexte de coupure totale d’électricité, faisant planer la menace d’un arrêt complet des services de santé. Face à la destruction du bâtiment des consultations externes, l’établissement a réorganisé ses services en instaurant des permanences matin et soir avec le soutien de partenaires internationaux, dont la fondation Awesome Canada. Le directeur de l’hôpital a appelé la communauté internationale et les organisations humanitaires à faciliter l’entrée de carburant, de pièces de rechange, de matériel médical et d’équipements chirurgicaux modernes dans la bande de Ghaza, rappelant que l’accès à ces ressources constitue un droit humanitaire fondamental.
Douze martyrs dans de nouvelles frappes
Par ailleurs, douze Palestiniens, dont trois mères et trois de leurs enfants, sont tombés en martyrs dimanche lors de frappes israéliennes menées dans plusieurs secteurs de la bande de Ghaza, malgré l’accord portant sur la poursuite de la mise en œuvre de la deuxième phase du cessez-le-feu. À Deïr el-Balah, les frères Mohammed et Hazem Atiya Jabr sont tombés en martyrs après qu’un drone israélien a ciblé leur véhicule sur la rue Salah Eddine. Près du camp d’Al-Ard Al-Tayeba, à l’ouest de Khan Younès, plusieurs civils, dont des enfants, ont également été blessés lors d’un bombardement visant un point de recharge électrique. Dans le camp de Jabalia, au nord de Ghaza, Mohammed Hani Husseïn est tombé en martyr après une frappe de drone près de l’hôpital Al-Yaman Al-Saïd. À Khan Younès, trois membres de la famille Al-Hams, dont un enfant, ont été tués lors du bombardement d’un appartement. Les victimes sont Mahmoud Zaki Al-Hams, son épouse Fatima Bahloul et leur fils Ahmed. À Deïr el-Balah, le couple Kamal Abou Mouaïleq et son épouse est également tombé en martyr après une attaque contre leur habitation. Dans la ville de Ghaza, Abdallah Adnane Abou Latif, son épouse Abir Kamal Kazem Anan et leur enfant Azzam ont péri dans le bombardement d’un appartement situé dans la tour Al-Soussi. La découverte du corps d’un fœtus a porté à quatre le nombre de victimes de cette attaque. Par ailleurs, Mohammed Abdel Abou Ras, libéré des prisons de l’occupation une semaine auparavant, est tombé en martyr lors d’un bombardement dans la vieille ville de Ghaza.
D’autres civils ont été blessés dans des tirs d’artillerie visant le quartier de Zeïtoun, tandis que des chars israéliens progressaient dans la zone et ouvraient le feu en direction des tentes de déplacés. Des bombardements ont également touché l’est de la ville de Ghaza, l’est de Khan Younès et le nord-ouest de Rafah. Selon le ministère palestinien de la Santé, sept martyrs, dont une personne décédée des suites de ses blessures, et 23 blessés ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre 2025, les violations de l’occupant ont fait 1.230 martyrs, 4.076 blessés et 804 corps ont été retrouvés sous les décombres. Depuis le début de l’agression contre la bande de Ghaza, le 7 octobre 2023, le bilan global s’élève désormais à 73.356 martyrs et 174.185 blessés, tandis que de nombreuses victimes demeurent ensevelies sous les décombres ou dans des zones inaccessibles aux équipes de secours et de la Défense civile.
M. Seghilani














































