Le maire de la ville française d’Ivry-sur-Seine, Philippe Bouyssou, a appelé le président français Emmanuel Macron à intervenir auprès des autorités marocaines en faveur du défenseur sahraoui des droits humains et prisonnier politique Naâma Asfari, détenu depuis 2010. Il a alerté sur la dégradation inquiétante de son état de santé, conséquence de la grève de la faim illimitée qu’il observe depuis le 8 juin dernier. Dans une lettre adressée au chef de l’État français, Philippe Bouyssou a fait part de sa vive préoccupation face à la situation sanitaire de Naâma Asfari, citoyen d’honneur de la ville d’Ivry-sur-Seine depuis 2016. Il a qualifié son mouvement de protestation de «grève de la dignité», estimant qu’il illustre la souffrance persistante des prisonniers politiques sahraouis ainsi que les conditions de leur détention. Le maire a souligné que la France, conformément à ses engagements en matière de protection des droits fondamentaux et de respect du droit international, est en mesure de jouer un rôle constructif dans le dialogue avec les autorités marocaines. S’appuyant sur l’appel lancé par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme, il a estimé que Paris pouvait encourager une solution conforme aux principes qu’elle défend. Dans ce contexte, Philippe Bouyssou a demandé à Emmanuel Macron de rappeler au Royaume du Maroc ses obligations internationales en matière de droits humains et d’œuvrer pour la libération immédiate et inconditionnelle de Naâma Asfari, ainsi que de l’ensemble des prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik et de tous les défenseurs sahraouis des droits humains actuellement détenus. Dans l’attente de leur libération, il a également plaidé pour leur transfert vers le Sahara occidental afin qu’ils puissent être détenus à proximité de leurs familles. Le courrier revient également sur le parcours de Naâma Asfari. Arrêté le 7 novembre 2010 à Laâyoune, au Sahara occidental occupé, il aurait été soumis à des actes de torture avant d’être condamné à trente ans de prison à l’issue d’un procès que plusieurs organisations internationales de défense des droits humains ont jugé non conforme aux garanties d’un procès équitable prévues par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Le maire d’Ivry-sur-Seine rappelle en outre que le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a conclu, dans son avis n°23/2023 publié le 27 mars 2023, que la détention de Naâma Asfari était arbitraire. L’instance onusienne a recommandé sa libération immédiate, l’octroi d’une indemnisation appropriée ainsi que l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violations dont il aurait été victime. En conclusion de sa lettre, Philippe Bouyssou a réaffirmé l’engagement de la ville d’Ivry-sur-Seine en faveur de la paix, de la solidarité entre les peuples et de la défense des droits humains. Il a renouvelé son soutien à la lutte pacifique du peuple sahraoui, dans le respect du droit international et des principes défendus par les Nations unies. M. S.
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