Le ministère palestinien de la Santé dans la bande de Ghaza a tiré la sonnette d’alarme hier sur la détérioration accélérée des services de transport sanitaire et d’ambulance, alors que la majorité des véhicules dédiés aux opérations de secours ont été endommagés par l’agression sioniste en cours.
Dans un communiqué, le ministère indique que les véhicules d’ambulance et de transport encore en circulation sont dans un état si dégradé qu’ils ne permettent plus de répondre aux besoins quotidiens. Selon les chiffres avancés, environ 70 % de ces véhicules sont hors service, soit à cause de frappes directes, soit en raison de pannes techniques accumulées et de l’absence de pièces détachées pour les réparer. Le ministère souligne également la grande difficulté à assurer le transport des patients comme celui des personnels soignants, faute de solutions de rechange sûres. Il met en garde contre un scénario de « paralysie totale du système de transport » si le blocus empêchant l’entrée de pneus et de pièces de rechange se poursuit. Les bus des sociétés de transport sous contrat avec le ministère fonctionnent eux aussi dans des conditions mécaniques et techniques précaires, la maintenance périodique étant à l’arrêt depuis plusieurs mois faute de pièces détachées disponibles. Le ministère avertit que l’arrêt de ces services de transport aurait des répercussions directes sur l’accès des équipes médicales et des malades aux structures de soins.
Un secteur sanitaire à bout depuis des mois
Cette annonce s’inscrit dans la continuité d’une alerte lancée par le ministère dès avril dernier, qui pointait déjà les risques pesant sur la continuité des services de santé à Ghaza — en particulier les secteurs de l’ambulance, des urgences et du transport — en raison d’une pénurie aiguë de carburant, d’huiles et de pièces détachées.
Le ministère affirme régulièrement que le maintien du blocus sur l’entrée des pneus, huiles et pièces de rechange entrave l’entretien des véhicules sanitaires et menace leur mise à l’arrêt complet, dans un contexte de besoins médicaux croissants. À cela s’ajoute une pénurie sévère de matériel médical, d’équipements et de médicaments.
Un bilan humain qui continue de s’alourdir
Le même jour, le ministère a annoncé la mort de six Palestiniens en 48 heures et l’ajout de 96 nouveaux noms au bilan cumulé des victimes, portant le total des morts depuis le début de la guerre sioniste, en octobre 2023, à 73 221.
Ces 96 noms supplémentaires correspondent à des dossiers dont l’identification a été achevée et validée par la commission chargée de la certification des victimes depuis début juin. Selon le communiqué, les hôpitaux de la bande de Gaza ont reçu au cours des dernières 48 heures six nouveaux corps ainsi qu’une dépouille dégagée des décombres, en plus de 28 blessés. Le texte ne précise pas les circonstances de ces nouvelles pertes, alors que l’armée israélienne continue de violer, selon le ministère, l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre 2025, par des bombardements et des tirs. Le bilan des victimes de ces violations de l’accord depuis son entrée en vigueur s’élève désormais à 2 098 martyrs et 3 535 blessés, selon la même source. Au total, le bilan de l’offensive israélienne atteint ainsi 73 221 morts et 173 643 blessés.
Deux ans de guerre et un accord fragile
L’accord de cessez-le-feu avait été conclu après deux années de guerre menée par Israël depuis le 8 octobre 2023, qui a causé, outre les pertes humaines, la destruction de près de 90 % des infrastructures civiles de l’enclave. Le coût de la reconstruction a été estimé par les Nations unies à environ 70 milliards de dollars. Le ministère de la Santé accuse par ailleurs Israël de ne pas respecter ses engagements pris dans le cadre du cessez-le-feu, notamment en matière d’entrée de l’aide humanitaire et des équipements logistiques nécessaires — dont les pièces de rechange pour les véhicules sanitaires.
M. Seghilani











































