Le Premier ministre Pedro Sánchez devrait effectuer une visite officielle en Algérie le 20 juillet, accompagné de deux ministres, ont indiqué des sources diplomatiques citées par le site d’information « The Objective ».
Ce déplacement intervient alors que les relations entre Alger et Madrid ont repris leur cours normal et traversent même une zone d’embellie. Il faut rappeler dans ce cadre que le président de la République Abdelamdjid Tebboune avait affirmé lors de l’ouverture de la 57e Foire internationale d’Alger (du 22 au 27 juin 2026) que les relations entre les deux pays sont en pleine phase ascendante. El le choix de l’Espagne comme invité d’honneur à la FIA est un message politique fort adressé par Alger, qui renseigne sur sa volonté de faire de la coopération et le partenariat avec ce pays de la rive nord de la Méditerranée un symbole des échanges Nord-Sud. D’ailleurs le président de la République avait indiqué à ce propos : « Le choix de l’Espagne comme invité d’honneur à la Foire internationale d’Alger est un choix à la fois de la raison et du cœur. Nos deux pays sont très proches. Nous avons constaté que, quelles que soient les incompréhensions qui peuvent survenir, les choses se rétablissent très vite. L’Espagne est une puissance économique et nous tirons beaucoup de choses positives de nos relations avec nos amis espagnols ».
Pour le Premier ministre espagnol, il s’agira du premier déplacement en Algérie depuis près de six ans. Le dernier en date remontant aux 7 et 8 octobre 2020 , au plus fort de la pandémie de coronavirus et alors que les relations bilatérales entre l’Espagne et l’Algérie étaient meilleures qu’avec le Maroc. C’est une visite qui s’inscrit dans le cadre de l’agenda de travail du chef du gouvernement espagnol qui a consacré un large chapitre à la politique étrangère. Après la Turquie et la France, Sanchez se rendra à Alger, où il sera reçu en audience par le président Abdelmadjid Tebboune. I l sera accompagné de la troisième vice-présidente et ministre de la Transition écologique, Sara Aagesen, et d’un autre membre du gouvernement. Sa dernière visite à Alger remonte à avant la crise diplomatique avec le Maroc concernant l’affaire Ghali et son changement de cap diplomatique ultérieur au sujet du Sahara occidental. Le moment choisi pour le voyage du dirigeant socialiste à Alger est hautement significatif, car l’Espagne est sur le point de régler une dette historique envers le peuple sahraoui. Madrid pourrait même retrouver sa neutralité traditionnelle dans le conflit du Sahara occidental, un retour revendiqué par une partie de l’opposition et même dans le PSOE. Sur le plan économique, les relations commerciales entre l’Espagne et l’Algérie se sont normalisées en 2024 après 28 mois de crise diplomatique et 3,2 milliards d’euros de pertes pour les entreprises espagnoles. L’embargo algérien sur les entreprises espagnoles a eu un impact désastreux sur l’économie ibérique: les exportations vers Alger ont chuté de 1,9 milliard d’euros en 2021 à 330 millions d’euros en 2023. Au total, les entreprises ont cessé d’exporter des produits d’une valeur équivalent à 3,2 milliards d’euros , ce qui représente la différence entre la dernière année de normalité économique (2021) et les balances commerciales des années suivantes et des huit premiers mois de 2024. En 2021, les exportations vers l’Algérie s’élevaient à 1,888 milliard d’euros, un chiffre qui a chuté en 2022 – après six mois de restrictions commerciales – à 1,017 milliard d’euros, puis à 332 millions d’euros en 2023, le niveau le plus bas jamais enregistré. Malgré une amélioration du contexte économique, les échanges commerciaux entre les deux pays n’ont pas encore retrouvé leur niveau d’avant le changement de politique de Sánchez, qui a conduit à la reconnaissance de l’autonomie marocaine au Sahara occidental, abandonnant ainsi la neutralité historique de l’Espagne dans ce conflit. La visite annoncée de Sanchez en Algérie pourrait lever les dernières entraves et surtout engager les échanges entre les deux pays dans une dynamique génératrice d’intérêts communs. L’Espagne qui pourrait retrouver sa neutralité historique dans le conflit du Sahara occidental et qui s’est illustrée par des positions honorables dans les agressions israéliennes contre la population de Ghaza et contre la guerre illégale menée par la coalition USA-entité sioniste contre l’Iran, pourrait retrouver une position de privilégiée dans le monde arabe et l’Algérie pourrait jouer un grand rôle dans la promotion du rôle diplomatique que pourrait jouer ce pays dans les conflits que connaît la région du Moyen-Orient et du Golfe.
Slimane B.













































