Voix influente et très écoutée dans le monde, l’actuel président de l’AG du Conseil d’administration du GGGI a plaidé, depuis l’Algérie, la cause climatique et la transition vers l’économie verte.
Arrivé en Algérie lundi dernier, dans le cadre de sa mission en tant que président de l’Assemblée générale du Conseil d’administration de l’Institut mondial pour la croissance verte (GGGI), l’ancien S.G. des Nations unies, Ban Ki-moon, a animé, hier, une conférence de presse au siège du ministère des Affaires étrangères. « C’est un grand plaisir de me joindre à vous. « Je tiens à exprimer ma sincère gratitude au gouvernement algérien et au ministre Attaf (ministre des Affaires étrangères algérien, ndlr) pour l’organisation de cet événement important qui intervient à un moment où la coopération internationale n’a jamais été aussi importante », a déclaré d’entrée l’invité de l’Algérie après un mot de bienvenue prononcé à son égard par le S.G. du ministère des Affaires étrangères, Lounès Magramane. Il faut savoir que l’Algérie (52e État membre) a adhéré en juin 2025 à cette organisation non gouvernementale fondée en 2012 lors du sommet Rio+20 et siège à Séoul, en Corée du Sud. Le GGGI a pour mission d’œuvrer pour la promotion d’un modèle économique mondial dit de croissance verte. Une démarche de l’Algérie qui reflète « un engagement fort en faveur du développement durable et de l’action climatique, et cela ouvre un nouveau chapitre dans notre partenariat », s’en félicite Ban Ki-moon qui a présenté une communication articulée sur quatre axes. À savoir, la crise mondiale de la durabilité ; l’importance stratégique de la croissance verte ; le rôle du GGGI dans la promotion de l’action climatique et le besoin urgent d’une coopération internationale renforcée.
Abordant les changements climatiques qui s’expriment sous plusieurs phénomènes météorologiques extrêmes dont aucun pays, aussi fort et puissant soit-il, n’est à l’abri, Ban Ki-moon estime que l’accélération de ces changements du climat est beaucoup plus rapide qu’on ne le croit et que la menace est une réalité présente et non pas lointaine.
L’impact sur la sécurité alimentaire n’est pas des moindres. L’ancien dirigeant de l’ONU explique ainsi que « les écosystèmes qui soutiennent nos économies, nos industries et nos systèmes alimentaires sont soumis à une pression immense et la dégradation des terres et la désertification affectent des millions de personnes, en particulier dans les régions arides et semi-arides », rappelant que les défis liés au climat sont liés à la stabilité géopolitique et à la prospérité économique.
À ce constat s’ajoutent les conflits et les tensions qui perturbent les marchés de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement alimentaire et détournent les investissements des efforts d’atténuation et d’adaptation, créant un cercle vicieux potentiel qui conduit à davantage de tensions induites par le climat. » Les conséquences touchent le monde entier et sont visibles à travers la hausse des prix, l’insécurité croissante et la vulnérabilité accrue, en particulier parmi les communautés les plus pauvres.
Une question de sécurité mondiale
Aujourd’hui, Ban Ki-moon estime que ces changements du climat imposent aux gouvernements d’opérer « la transition vers un modèle de développement de croissance verte —une économie durable sur le plan environnemental et socialement inclusive— présente l’une des plus grandes opportunités économiques de notre temps. » D’ailleurs, partout dans le monde, « les politiques et les investissements visant à accélérer les énergies renouvelables, les transports propres, l’agriculture intelligente face au climat, et les solutions basées sur la nature attirent d’énormes quantités de capitaux, renforcent la compétitivité nationale, créent des emplois verts, et améliorent les moyens de subsistance des communautés », soutient-il. Chemin faisant, « les économies en développement et émergentes ont encore plus à gagner car la croissance verte offre une opportunité de sauter les modèles et technologies de développement obsolètes et de construire plutôt des économies plus modernes, diversifiées qui peuvent prospérer dans un monde en rapide évolution », a-t-il développé, estimant que cette dynamique « est particulièrement pertinente » pour l’Afrique comme continent qui « possède un potentiel extraordinaire en matière d’énergies renouvelables, grâce à ses abondantes ressources naturelles, ses écosystèmes d’innovation en pleine croissance et sa population jeune et dynamique ».
L’Algérie s’aligne sur l’économie verte
Concernant l’Algérie, Ban Ki-moon présente un pays qui « est particulièrement bien placé pour contribuer à cette transformation, grâce à sa situation stratégique, son potentiel en énergies renouvelables, ses capacités industrielles et son rôle de leader dans la région, qui constituent une base solide pour faire progresser la croissance verte.
La vision de l’Algérie en matière de diversification économique et de développement durable peut s’aligner étroitement sur la transition verte. » Ban Ki-moon a, dans ce sens, salué les politiques du gouvernement algérien visant à préserver l’environnement, à atteindre les objectifs de développement durable et à promouvoir l’économie verte, mettant en exergue ses efforts soutenus menés avec diverses organisations internationales, à leur tête les Nations Unies, face à de multiples défis, notamment le changement climatique qui affecte toutes les régions du monde, entraînant dans son sillage une perte de biodiversité. »
À ce titre, a-t-il ajouté, « le GGGI a été fondé sur une conviction simple mais puissante : la croissance économique et le développement durable / peuvent se renforcer mutuellement dans le cadre de la même stratégie. Le GGGI travaille avec les gouvernements d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, du Moyen-Orient et du Pacifique pour transformer cette vision en actions concrètes. Le GGGI travaille aux côtés d’experts gouvernementaux pour identifier les priorités et les voies qui sont alignées sur les objectifs de développement nationaux. Le GGGI apporte son soutien au renforcement des politiques et des institutions, à la mobilisation du financement climatique, au développement de projets d’investissement bancables et à la promotion de l’innovation tout en aidant à renforcer les capacités locales. »
En termes de financements, « le GGGI a contribué, depuis sa création en 2012, à mobiliser plusieurs milliards de dollars en investissements verts et a travaillé avec les gouvernements pour développer des solutions pratiques dans les énergies renouvelables, les villes durables, l’agriculture intelligente face au climat, le reboisement, la gestion de l’eau, les approches d’économie circulaire, et bien plus encore », a-t-il révélé.
Ban Ki-moon a, ensuite, affirmé que le GGGI « est impatient de soutenir les priorités nationales de l’Algérie, de bâtir des partenariats solides avec les institutions gouvernementales et les partenaires et parties prenantes du développement, et d’aider à débloquer des opportunités pour faire progresser la croissance économique, renforcer la résilience et contribuer aux objectifs de développement à long terme de l’Algérie. »
Farid Guellil
GGGI
Le bureau d’Alger inauguré
Le bureau d’Alger de l’Institut mondial pour la croissance verte (GGGI) a été inauguré, hier, lors d’une cérémonie officielle présidée par la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou, accompagnée du président de l’Assemblée générale et du Conseil d’administration du GGGI, Ban Ki-moon, en présence du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Lounès Magramane, et de la représentante résidente du PNUD en Algérie, Natasha Van Rijn, ainsi que des membres du corps diplomatique accrédité en Algérie.
F.G.











































