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D’alliés à rivaux stratégiques  

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Les deux pays partagent des liens fraternels, historiques, sociaux et amicaux. Ils partagent aussi une frontière de 457 kilomètres. Ils sont liés par des intérêts économiques, militaires et stratégiques. Ils siègent côte à côte dans le Conseil de coopération du Golfe (CCG). Ils font partie de la coalition internationale, parmi les pays arabes, qui a lancé, en 2015, l’offensive militaire contre le Yémen. Pourtant, cette embellie des relations ne fait pas de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, puisque c’est de ces deux monarchies qu’il s’agit, des alliés éternels. Preuve en est, les relations entre les deux pays sont mises à rude épreuve par le récent et dangereux développement de la crise au Yémen. En effet, depuis décembre dernier, les rebelles du Conseil de transition du Sud (CTS) soutenus par Abu-Dhabi opposés au gouvernement du Yémen proche de Riyad ont repris les hostilités. Il n’en fallait pas plus pour nourrir des anciennes tensions d’ordre géopolitique. Alors que la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite a lancé une offensive contre les forces du CTS, le chef des sécessionnistes, le dénommé Aidarus Al-Zoubaidi, a été exfiltré par ses alliés émiratis pour s’enfuir du sud du Yémen.  Le chef des miliciens armés par Abu-Dhabi n’a pas pris n’importe quelle direction. Il s’est enfui vers le Somaliland, cette région de la Somalie qui fait l’objet, tout aussi et récemment, de tensions. Des tensions depuis que l’entité sioniste a décidé de reconnaitre « le statut d’État indépendant » à cette région appartenant à un pays souverain, et ce en violation de l’intégrité territoriale de la Somalie. Il faut souligner, à ce sujet, que les Émirats aux côté du Bahreïn et du Maroc étaient les seuls à s’aligner avec Israël contre la position commune à 22 pays arabes, islamiques et africains dans ce dossier. Une position controversée qui ne surprend pas pour un pays coupable d’ingérence et de manœuvres de déstabilisation dans de nombreux foyers de tension comme au Sahel, en Corne de l’Afrique ou encore, depuis le temps, au Yémen. La grave crise prévalant actuellement au Soudan que les Forces de soutien rapide (FSR) ont marqué par le sang de milliers de civils massacrés par les drones financés par les pétrodollars émiratis, est une illustration parfaire de l’ingérence et du rôle de proxy joué par Abu-Dhabi pour le compte de ses alliés sionistes. Au Sahel, les Émiratis financent des guerres de quatrième génération. Ces agissements, loin du Golfe, ne dérangent pas pour autant, et jusqu’à une date récente, les Saoudiens. En revanche, la patience stratégique dont a fait preuve Riyad arrive à bout face aux velléités de déstabilisation d’Abu-Dhabi dans le sud du Yémen. Selon des observateurs, c’est le début de la fin de l’alliance stratégique entre les deux monarchies du Golfe. En clair, nous sommes face à une posture saoudienne bien plus conflictuelle envers les Émirats. 

Farid Guellil

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