La Cisjordanie occupée continue de subir une vague d’agressions incessantes. Selon un rapport publié par la Commission palestinienne de résistance au mur et aux colonies, les forces d’occupation sionistes et les colons ont perpétré 2 350 attaques contre des civils palestiniens, leurs terres et leurs biens au cours du seul mois d’octobre. Cette escalade témoigne d’un climat de violence institutionnalisée où la colonisation avance sous couvert de « mesures sécuritaires ».
Le président de la Commission, Mouayyad Shaaban, a précisé que les forces d’occupation sionistes sont responsables de 1 584 agressions, tandis que 766 attaques ont été commises par des colons. Les violences se concentrent dans les gouvernorats de Ramallah et Al-Bireh (542 attaques), Naplouse (412) et El-Khalil (401). Le rapport mensuel met en lumière une série de crimes et d’abus : agressions physiques, déracinement d’arbres, incendies de champs, interdiction faite aux agriculteurs d’accéder à leurs oliveraies, démolitions d’habitations et de structures agricoles, ainsi que la confiscation de terres palestiniennes. Dans de vastes zones, l’armée sioniste ferme des terres entières sous prétexte d’« opérations sécuritaires », facilitant ainsi l’expansion illégale des colonies. Les colons, souvent escortés par les soldats, profitent de ces fermetures pour étendre leurs avant-postes et semer la terreur parmi les communautés rurales palestiniennes. Ces attaques coïncident avec la saison de la récolte des olives, période cruciale pour l’économie et la vie sociale des familles palestiniennes. Selon l’agence Reuters, citant des responsables palestiniens et des représentants de l’ONU, les violences des colons contre les agriculteurs se sont intensifiées pendant la saison de la cueillette. Le ministère palestinien de l’Agriculture fait état d’une hausse de 17 % des pertes financières subies par les paysans de Cisjordanie depuis le début de l’année, comparé à la même période de l’an dernier. La Commission de résistance au mur et à la colonisation indique que plus de 15 000 arbres ont été détruits ou incendiés depuis octobre 2024.
Arrestations et incursions militaires récurrentes
La brutalité sioniste ne s’arrête pas aux campagnes. Mardi soir, un jeune Palestinien, Ali Abou Atieh, originaire du camp d’Al-Amari, a été blessé par balles puis arrêté par une unité spéciale sioniste au centre de la ville d’Al-Bireh. Selon des témoins, les forces spéciales ont d’abord infiltré discrètement la zone du marché central avant que des renforts militaires ne prennent position pour couvrir l’opération d’arrestation.
Dans le même temps, l’armée d’occupation a mené plusieurs incursions simultanées à travers la Cisjordanie dans la ville de Qabatiya, au sud de Jénine, où de violents affrontements ont éclaté avec des jeunes résistants ; dans le camp d’Askar à Naplouse ; à Kafr Qaddoum à l’est de Qalqilya ; et dans le village d’Al-Rihiya près d’El-Khalil. Des témoins ont également rapporté que des colons ont incendié des terres agricoles près de la localité de Lubban al-Sharqiya, au sud de Naplouse, tandis que l’armée sioniste tirait des fusées éclairantes dans le ciel pour protéger leur action. Ces agressions quotidiennes traduisent une politique délibérée de colonisation et de déplacement forcé, qui vise à chasser les Palestiniens de leurs terres. En s’appuyant sur les colons pour créer un climat de peur, l’occupation sioniste consolide son contrôle militaire sur la Cisjordanie tout en fragmentant davantage le territoire.
Les organisations palestiniennes et internationales des droits humains alertent depuis des mois sur cette coordination implicite entre l’armée sioniste et les colons, qui agissent de plus en plus ouvertement avec l’appui des autorités. Malgré les condamnations de l’ONU, aucune mesure concrète n’a été prise pour mettre fin à ces violations systématiques du droit international. Les Palestiniens de Cisjordanie, pris en étau entre les incursions armées et les agressions des colons, continuent de résister, dans un contexte où la colonisation s’intensifie à l’abri du silence international.
M. S.













































