Covid-19

831 nouveaux cas rien que pour la journée d’hier : Faut-il attendre pire pour agir ?

« 831 nouveaux cas confirmés de Covid-19 ! » affiche au compteur le bilan du ministère de la Santé concernant l’évolution de la pandémie en Algérie. Un chiffre qui donne le tournis, mais qui doit surtout donner à réfléchir aux pouvoirs publics, à l’effet d’agir avant que la situation ne devienne hors de contrôle. Faute de quoi, l’Algérie risque de replonger dans le scénario de fin novembre 2020, où plus d’un millier de cas avait été recensé. Pas que, puisque le temps est aux nouveaux varriants à la capacité de propagation encore plus rapide et qui plus touchent la catégorie des jeunes. Si le rebond des contaminations est observé depuis quelques jours déjà, dont le chiffre oscille entre 400 et 500 cas/jour, le nombre des cas enregistré hier fait un bond de plus de 300 cas supplémentaires que la moyenne quotidienne. On le sait, après un recul de la pandémie –de fin décembre 2020 à mai 2021- qui a fait croire aux responsables et professionnels du secteur une situation épidémiologique « stable », les Algériens ont pris la mauvaise habitude de fouler aux pieds les gestes barrières. Aujourd’hui, nos hôpitaux recommencent à se remplir des cas de Covid-19. Il n’y a qu’à prendre les hôpitaux de Mustapha Pacha à Alger et de Boufarik à Blida, comme référence de deux épicentres de la pandémie en mars 2019, pour se rendre compte de l’urgence pour les autorités de reprendre le contrôle sur la situation sanitaire. En effet, d’aucuns constatent, à tous les coins de rues et dans les espaces publics, un relâchement manifeste face à la propagation du virus. Du coup, le « makan walou » revient sur les lèvres des citoyens qui, croyant à tort que la pandémie est finie, baissent la garde. C’est ce qui a laissé une brèche ouverte à la propagation du virus. Hélas, ce qui était il y a quelques mois en arrière une règle systématique chez les citoyens, comme le port du masque et l’application du geste hydro-alcoolique, disparait du jour au lendemain, malgré les mises en garde incessantes et renouvelées par les professionnels. Au plus fort de la pandémie, les citoyens qui ne portaient pas de masques se comptaient sur les doigts d’une main, alors qu’aujourd’hui la tendance est renversée. À ce relâchement aux conséquences périlleuses s’ajoute la réticence des citoyens quant à la vaccination contre la Covid-19, dont le taux enregistré à juin dernier est de seulement 10%, alors qu’il est recommandé jusqu’à 70% pour atteindre l’immunité collective. Il y a une semaine, la DGSN a annoncé le retour aux sanctions par amendes à l’encontre des contrevenants qui n’appliquent pas la disposition de port obligatoire du masque dans les lieux publics. Toutefois, et jusque-là, l’on a rien vu encore sur le terrain. Faut-il en conséquence à cette situation revenir aux mesures de confinement ? En tout état de cause, les autorités sanitaires se devraient en urgence se pencher sur la situation sanitaire, d’autant plus que le commun des professionnels algériens affirme l’arrivée d’une troisième vague de la pandémie.

Farid Guellil