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36e MARDI DE MOBILISATION DES ÉTUDIANTS : «À nous de construire notre pays»

Les infatigables étudiants ont marqué le point hier à l’occasion du 36e mardi de leur mobilisation nationale pacifique pour le changement du système politique en place et l’édification d’un État de Droit. Accompagnés de leurs enseignants à l’université, ils ont défilé partout dans les rues et villes du pays. Alors qu’on parle partout, du prochain vendredi de marche populaire et citoyenne pacifique qui coïncidera avec la fête du 1er Novembre, 65e anniversaire du déclenchement de la Révolution algérienne, les étudiants ont mis l’accent, hier, à l’occasion de leur 36e marche nationale, sur la nécessité pour les Algériennes et Algériens de participer nombreux à la mobilisation du 37e vendredi de mobilisation.
Hier, la marche des étudiants a drainé des dizaines de milliers de manifestants à Alger. Les rangs de la famille estudiantine se sont vus renforcés par des centaines de citoyens. Les manifestants, munis de drapeaux et autres étendards frappés des couleurs nationales, ont battu le pavé de l’itinéraire habituel de la marche qui va de la Place des Martyrs jusqu’à la Place Maurice Audin. Les trottoirs du centre d’Alger avaient du mal contenir la procession humaine. Vers 10H20 mn du matin, à la Place des Martyrs, au cœur d’Alger, lieu d’un rassemblement grandiose des travailleurs à l’appel de la Confédération des syndicats autonomes, les lieux commencent à accueillir les groupes de manifestants. dix minutes plus tard, la marche a commencé. D’autres petits groupes d’étudiants et de citoyens rejoindront l’immense foule. «C’est à notre tour de construire le pays», scandaient les étudiants, qui ont été encouragés par des youyous des femmes qui fusaient des trottoirs et des balcons. «Les traîtres l’ont vendu, et les étudiants vont le récupérer», a-t-on encore crié à gorge déployée, envoyant ce message au projet de loi sur les hydrocarbures, le jour même où le ministre de l’Énergie est auditionné par la commission économique de l’APN sur ce projet controversé. À souligner que l’acte 36 des étudiants intervient à quelques jours de la célébration du 65e anniversaire du déclenchement de la Révolution algérienne le 1er novembre 1954 qui, avec le rendez-vous de mobilisation populaire du vendredi, dont il est attendu une mobilisation importante. Une enseignante, croisée parmi la foule, nous a indiqué que c’est justement un hasard de calendrier à travers lequel beaucoup d’Algériennes et d’Algériens voient un signe de destin de « l’Algérie libre et démocratique qui se mettra en place avec la détermination des manifestants pacifiques».

Les détenus du Hirak n’ont pas été oubliés
Un jeune étudiant, quant à lui, nous dira, d’un air confiant, que «l’Algérie libre et démocratique n’est pas un rêve, mais un objectif réalisable.» Un autre manifestant, accosté au niveau de la Place Maurice Audin, nous a indiqué qu’«en tant que frère d’un des détenus d’opinion, je voudrai lancer un appel pressant pour la libération de l’ensemble des prisonniers». En effet, notre interlocuteur n’est autre que le frère d’Amine Ould Taleb, le plus jeune détenu d’opinion, arrêté le 21 juin dernier à Alger, pour avoir en sa possession un emblème amazigh. Le frère d’Amine poursuit avec une note de déception : «Le 1er novembre coïncidera hélas avec le jour du 20e anniversaire de mon frère», a-t-il témoigné du calvaire vécu par toute la famille de ce détenu d’opinion.
Mohamed Amrouni