Etudiants

31E MARDI DE MOBILISATION DES ÉTUDIANTS : «Pas d’élections sans le départ des figures du régime»

La communauté estudiantine maintient la pression. Rejoints par la population, les étudiants et enseignants ont marqué, hier, leur 31e mardi de manifestation pacifique. Résolus à poursuivre leur mouvement jusqu’à la satisfaction des revendications du peuple algérien, les étudiants, fidèles à leur rendez-vous de mardi depuis le 26 février dernier, ont encore une fois battu le pavé des villes des quatre coins du pays pour une 31e semaine de suite.
Hier, un tsunami humain a déferlé sur les rues de la capitale Alger, qui a vibré au rythme des slogans scandés par les manifestants. Les étudiants ont exigé, encore une fois, le refus de la tenue de l’élection présidentielle sans le départ du gouvernement actuel et ont réitéré l’appel à la libération des détenus du mouvement du 22 Février.
La marche s’est ébranlée de la Place des Martyrs à 10h30. Pour ce 31e acte, les étudiants sont appuyés par des centaines de citoyens pour «faire davantage de pression», selon le terme employé par les manifestants. Tout au long de l’itinéraire de cette action, qui s’est ébranlée de la Place des Martyrs jusqu’à la Place Maurice Audin, les manifestants ont également renouvelé l’attachement du peuple et sa détermination à l’édification d’un État de droit.
La police, fortement mobilisée, a laissé les étudiants s’exprimer de façon pacifique. Quoique, les forces de sécurité ont fermé tous les accès menant vers le siège de l’APN, de peur que se reproduise le scénario du 28e mardi. Ce jour-là, en effet, les manifestants avaient réussi à atteindre le bâtiment de l’Assemblée nationale, qui avait ouvert sa session ordinaire, en présence du Premier ministre et le staff du gouvernement.
Hier, après avoir entonné l’hymne national «Kassaman», les marcheurs se sont dirigés vers la place Maurice Audin en empruntant la rue Bab-Azzoune, le Square Port-Saïd et la Place Émir-Abdelkader. À ce niveau, les manifestants ont scandé «Il n’y aura pas de vote, on ne votera pas, Bedoui et Bensalah doivent dégager.»
Quand les voix se taisent, un jeune étudiant, se tourna vers la foule en invitant les manifestants de bouche à oreille : «Gaïd Salah, ghir ma tensach le 4 juillet ma votinach, (N’oubliez pas que le peuple n’as pas voté le 4 juillet dernier, NDLR)».
Approché par nos soins, un jeune nous confie qu’il considère l’annulation des élections du 4 juillet précédentes comme étant «un exploit réussi grâce à la détermination des millions d’Algériennes et d’Algériens qui l’on boycotté», ajoutant que « les étudiants continueront d’investir la rue, les mardis et les vendredis, dans l’optique de rééditer cet exploit.»
Plus explicite, il poursuit qu’ « en attendant la marche du prochain vendredi, l’acte 31 de la communauté estudiantine demeure un autre pas vers le report des prochaines élections présidentielles. »
Mohamed Amrouni