Visite de Sellal en Arabie saoudite : Objectif, attirer les investissements saoudiens

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, s’est rendu, mardi et mercredi derniers, en Arabie saoudite, à la tête d’une délégation ministérielle.

En plus des questions sécuritaires abordées entre les deux parties, le gouvernement vise à convaincre les Saoudiens à l’effet d’engager des investissements dans le pays.
Le premier responsable de l’Exécutif national, accompagné par des membres de son gouvernement, a été reçu, le premier jour de sa visite, par le roi de l’Arabie saoudite, Salmane Ibn Abdelaziz Al-Saoud, au palais royal de Riyad. Étaient du voyage avec le Premier ministre, Abdelkader Messahel, ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des États arabes, Abdessalem Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines, Noureddine Boutarfa, ministre de l’Énergie, ainsi que Abdesselam Chelghoum, du département de l’Agriculture et du Développement rural. S’il est vrai que cette visite s’inscrit dans le cadre des rencontres périodiques de dialogue et de concertation entre les deux pays, elle intervient dans un contexte particulier. Sur le plan diplomatique, d’abord, il était question, pour le gouvernement algérien, d’engager des pourparlers avec les hauts responsables saoudiens, pour évaluer l’état des lieux des relations bilatérales, avant d’envisager les moyens pour les faires consolider à l’avenir. Faut-il rappeler que, depuis l’intervention militaire de l’Alliance militaire islamique, conduite par l’Arabie saoudite, au Yémen, les relations entre les deux pays se sont quelque peu envenimées. C’est le cas de le dire, lorsqu’on sait que l’Algérie a toujours soutenu la solution politique et pacifique dans le règlement des conflits sécuritaires, particulièrement ceux prévalant dans la région. Cette visite était l’occasion, donc, de redonner un nouveau souffle aux relations entre les deux pays, comme le corrobore la présence de Messahel, en sa qualité de représentant diplomatique. Lors des échanges des points de vue des deux parties sur les questions régionale et internationale, la diplomatie nationale devait réitérer ses positions de principe. Ainsi, son approche politique concernant la résolution des problèmes sécuritaires et sa stratégie de lutte contre le terrorisme, qui font le fer de lance de la diplomatie algérienne, et constituent en même temps sa fierté, ont été rappelées aux responsables saoudiens.

L’Algérie à l’affût du Fonds souverain saoudien
Sur plan économique et comme l’impose la conjoncture de crise financière, induite par l’incertitude des prix pétroliers, les responsables des deux pays ont abordé la question. D’ailleurs, c’est dans ce contexte que s’est tenu le Forum des opérateurs économiques algériens et saoudiens, lors duquel Abdelmalek Sellal est intervenu, pour appeler à la concrétisation d’un partenariat «solide et durable» entre les deux parties. Pour ce faire, le représentant du gouvernement se veut rassurant envers, et les responsables politiques et les investisseurs saoudiens, au sujet des réformes économiques adoptées par l’Algérie, et qui tendent à faciliter l’accès des porteurs de capitaux au marché national de l’investissement. Pour Sellal, l’Algérie a engagé un programme important «en vue de réaliser la croissance, diversifier l’économie et créer la richesse».
À ce titre, cette relance économique repose sur les secteurs de l’industrie, l’agriculture, le tourisme et les technologies de l’information et de la communication, comme leviers à ouvrir aux capitaux privés, y compris donc aux IDE (Investissements directs étrangers). Au courant de son discours devant une pléthore d’hommes d’affaires algériens et saoudiens, en présence du patron du FCE (Forum des chefs d’entreprise), Ali Haddad, ainsi que Abdessalem Bouchouareb, Sellal a rassuré que l’attractivité territoriale offre en Algérie les conditions de réussir des investissements productifs et rentables pour les deux parties, dans le cadre d’un partenariat «gagnant-gagnant». La stabilité politique, les compétences universitaires et la main-d’œuvre, sont les facteurs mis en avant par le Premier ministre. Pour sa part, Bouchouareb a rappelé l’éventail de réformes introduites dans la législation en trait avec la diversification de l’économie en général, ainsi que celles adoptées dans le cadre de l’investissement industriel. «Une batterie de dispositions et de réformes en vue d’une adaptation et une réorientation du système économique», a soutenu le ministre, à ce titre. Bouchouareb a assuré que l’Algérie a su surmonter la crise financière qu’elle traverse, grâce, a-t-il précisé, à son plan anticrise d’abord, et, ensuite, à la nouvelle orientation économique adoptée pour sortir de la dépendance aux hydrocarbures. Pour ce qui est de l’industrie et des mines, le représentant du gouvernement a fait savoir aux porteurs de capitaux saoudiens que son secteur «connaissait une dynamique», qui vise «l’intégration effective et positive» du système économique international. Haddad, qui représente le Patronat national, a défendu la règle d’investissement 51/49, qu’elle ne constitue nullement «un obstacle aux IDE». Autre rendez-vous qui confirme l’intérêt que porte le gouvernement aux investisseurs saoudiens, la rencontre effectuée par Sellal avec le directeur du Fonds saoudien des investissements publics, Yasser Erramiane. À rappeler qu’en juin dernier, l’Arabie saoudite a annoncé son intention de lancer des investissements importants pour sortir de sa dépendance aux hydrocarbures. Le plan d’investissement prévoit de doter ce Fonds de 2 000 milliards de dollars. Ce qui lui vaut le titre du plus grand au monde.
Farid Guellil