Violance dans les stades

Violences : la Coupe est …pleine !

«Une commission d’enquête a été installée en vue d’examiner les causes du retour du phénomène de la violence dans nos stades, définir les responsabilités et prendre les mesures et les décisions pour y mettre un terme», a indiqué, dimanche soir,le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire dans un communiqué. Une réaction attendue par tous et l’espoir (c’est le sujet, brûlant, qui agite le plus la scène sportive nationale) que la décision des plus hautes autorités du pays de s’impliquer dans cette implacable ne soit pas conjoncturelle en identifiant et en s’attaquant aux sources du mal.
Comme à la guerre
Au moment où l’USM Bel Abbès, petit vainqueur sur le tard (90+2) et sur une action presque anodine d’une vaillante équipe du CR Zaoui venu des fins fonds de la hiérarchie nationale (5e palier) rejoignait dans la douleur la JS Kabylie en finale de la Coupe d’Algérie, s’imposaient, à nouveau, ces scènes de désolation offertes à Constantine et Oran, deux incontournables pôles de notre football, source à la fois de déboires à répétition et de peurs en tout genre. Virant carrément au jeu de massacre. Dépassée par les évènements, la Faf serait bien inspirée de conjuguer ses efforts avec la nouvelle équipe du MJS pour couper les têtes à cette hydre aux tentacules nombreuses. Difficile mission, vraiment. On ne joue plus, on s’entretue. Confirmation sanglante avec cette demi-finale sans saveur, d’une faiblesse inouïe et jouée sous très forte pression. Marquée surtout par de graves dérives et un déchaînement de violences sans précédent. Un sommet dans l’horreur car il y a eu, malheureusement, mort. Un match à oublier ? Pas du tout. Des enseignements (beaucoup) à tirer au moment où la cote d’alerte est largement dépassée, toutes les barrières franchies, la sonnette se cassant au fil de journées houleuses. En guise de message de bienvenue, le tout nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports espérait sûrement mieux. Sera-t-il le pilote qu’on recherche depuis longtemps pour sauver ce qui reste à sauver d’une discipline à la source de bien des problèmes de sécurité ? Coulant définitivement sous les coups de boutoir incessants de dirigeants à l’incompétence désormais avérée et à l’origine de toutes les tares. Avec quels remèdes le «docteur» Hattab compte se pencher sur ce grand malade à l’origine de bien de nos peurs. De toutes ces nuits blanches et cauchemars qui agitent tellement de foyers (elles ne se comptent pas les familles frappées par le deuil pour un simple match de football) dont la progéniture est engagée, à longueur de week-ends footballesques à en mourir d’ennui. A mourir tout court. De mort violente comme à l’occasion de cette super (???) affiche entre deux de nos plus prestigieux sigles invités à en découdre pour une place en finale de l’épreuve reine. La JS Kabylie et le MC Alger, parmi les plus titrés de nos clubs d’élite (il faudrait revoir cette définition quand il s’agit de parler d’un football algérien au fond du gouffre et sans plus aucun attrait) envoyés dans ce qui tournera à l’enfer du stade Hamlaoui de Constantine, n’ont finalement pas fait honneur à leur statut en accouchant d’un spectacle aussi terne que le tapage médiatique pour le moins pas du tout innocent (nombre de titres spécialisés ont rivalisé de «génie» pour gonfler inconsidérément un «duel» tournant finalement à la mascarade sur le terrain, pendant que dans les tribunes l’air n’était pas à la fête qui tournera, avec les conséquences dramatiques que l’on sait, à la confrontation et à l’émeute, le service d’ordre trouvant à l’occasion énormément de mal à ramener au calme les fauteurs de troubles, après les heures passées à circonscrire les foyers de tension dans et autour d’une enceinte transformée en arène et trop exigüe pour recevoir tant de monde. Chronique d’une journée particulière où le jeu à onze national, devant les caméras pratiquement du monde entier (une chaîne du Golfe ayant retransmis le super sommet (sic !) en direct), a glissé un peu plus dans le désordre. L’impression, sinon la conviction intime qu’avec le personnel sévissant actuellement tant aux plus hautes charges de la structure en charge de sa gestion qu’au niveau de nos pseudo- formations d’«élite» (encore une fois le terme est inapproprié), le pire est devant nous

Azzouaou Aghilas