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Vente aux enchères à New York : Les portes de l’hôtel des stars rapportent plus de 500.000 dollars

Elles ont connu des générations d’artistes passés au Chelsea Hotel, sur la 23e rue. Une cinquantaine de portes de l’établissement, sauvées de la décharge, passaient sous le marteau jeudi 12 avril.

Celle associée à Bob Dylan a été adjugée à 125.000 dollars. Janis Joplin, Leonard Cohen, Jimi Hendrix, Mark Twain, Jack Kerouac, Bob Marley, Humphrey Bogart, Joni Mitchell, Madonna, Jean-Paul Sartre ou encore Andy Warhol… La liste des illustres résidents du Chelsea Hotel à New York est longue. Ils ont fait du mythique établissement leur demeure pour quelques jours, semaines et parfois années. Une cinquantaine de ces portes ont été vendues jeudi aux enchères pour un total de plus de 500.000 dollars. Celle associée au chanteur et Nobel de littérature, Bob Dylan, a fait la plus belle vente: adjugée pour 125.000 dollars, commission et frais inclus. Le rectangle de bois qu’ont poussé de nombreuses fois la chanteuse Janis Joplin et le chanteur canadien Leonard Cohen est, lui, parti pour 106.250 dollars. Un podium complété par la porte de l’artiste Andy Warhol et de l’une de ses muses, Edie Sedgwick, vendue pour 65.625 dollars.
C’est la conclusion de la quête improbable d’un ancien SDF qui, en 2012, avait sauvé ces portes de la déchetterie en les ramassant sur le chantier de rénovation de l’hôtel. Leonard Cohen a notamment immortalisé l’histoire de la bâtisse de douze étages située sur la 23e rue dans la chanson Chelsea Hotel No. 2 dans laquelle il évoque sa brève idylle avec Janis Joplin. Ouvert en 1884 et fermé en 2011 pour rénovation, seule la façade originale du bâtiment doit être conservée. C’est cependant un inconnu qui fait aujourd’hui revenir l’hôtel sur le devant de la scène. Après avoir vécu au Chelsea Hotel de 2002 à 2011 et en avoir été expulsé faute de pouvoir payer son loyer, Jim Georgiou, avait finalement élu domicile sur le trottoir d’en face avec son chien Teddy. C’est de là qu’en 2012, il aperçut des ouvriers qui s’apprêtaient à jeter de vieilles portes et parvint à en sauver une cinquantaine avec l’aide de ses amis, raconte Arlan Ettinger, le président de la maison Guernsey organisant la vente. «Lorsque vous êtes à la rue, une porte prend tout un sens, un sens important. C’est la voie vers le foyer que la personne sans-abri n’a pas», a-t-il souligné.
Jim Georgiou avait ensuite fréquenté une bibliothèque voisine et passé de longues heures à identifier les personnes ayant résidé dans les chambres associées à chacune des portes.
La chambre 105 par exemple fut celle de la muse d’Andy Warhol, Edie Sedgwick, dont le destin tragique (elle est morte d’une overdose à 28 ans) est raconté dans le film Factory Girl sorti en 2006. Au total, Jim Georgiou est parvenu à associer vingt-deux portes à des résidents célèbres, et a obtenu les faveurs de la maison Guernsey l’an passé après avoir essuyé les refus de plusieurs autres maisons de vente. Il ne vit désormais plus dans la rue et est hébergé par des amis, mais malgré ses moyens limités, il a décidé de donner la moitié des recettes de la vente à l’ONG City Harvest qui aide les New-Yorkais victimes de la faim. La semaine dernière, Arlan Ettinger s’était dit incapable d’évaluer les prix auxquels partiront les portes: «Ce sont de vieilles portes déglinguées qui ne sont pas très belles, mais ont une importance incroyable. C’est difficile d’estimer leur valeur», a-t-il expliqué.