Université d'Alger

Université : Reprise des cours à fin août

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MERS), Chems Eddine Chitour, a annoncé, hier, que la reprise des cours universitaires, l’arrêt en raison des mesures sanitaires prises pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, aura lieu vers la fin du mois d’août. L’objectif, selon lui, étant de rattraper un mois et demi de retard.
S’exprimant, hier, sur les ondes de la radio chaîne 3, Chitour a fait savoir que la rentrée universitaire se déroulera à partir de la troisième semaine du mois d’août, pour rattraper le mois et demi de cours manquants et pouvoir organiser par la suite les examens. L’intervenant a tenu à l’occasion à souligner qu’il n y a pas lieu de parler d’«année blanche» car les cours ont été dispensés jusqu’au 15 mars. Concernant les examens des étudiants de dernière année, il a assuré que tout va être fait afin qu’ils soutiennent entre les mois de juin et septembre. S’agissant de la session du baccalauréat, Chitour a d’abord rappelé qu’il y a des paramètres qui ne dépendent pas de son département ministériel, mais plutôt de celui de l’Education nationale. Cependant, a-t-il souligné, « si tout se passe bien, il est prévu de l’organiser dans la troisième semaine du mois de septembre », précisant, à cet effet, qu’il se passera une période d’un mois et demi entre les corrections, les résultats et les répartitions des étudiants vers les diverses spécialités. Ce qui ne causera pas de problème d’organisation à la rentrée, a-t-il laissé entendre. Par ailleurs, il a indiqué que la rentrée universitaire pour les étudiants de première année se fera vers la mi-novembre, alors que les autres reprendront à la fin du mois d’octobre.

« L’Algérie a raté son entrée dans le 21 siècle »
Pour Chems Eddine Chitour, « l’Algérie a raté son entrée dans le 21e siècle » et devrait donc, à ce titre, tout faire pour prendre le train de la modernité, à savoir celui de la science, du savoir-faire et des nouvelles technologies». Le ministre a relevé, à ce propos, la chance qu’a le pays de posséder le campus de Sidi-Abdallah, «qui n’est pas encore opérationnel », mais dont l’ambition, a-t-il annoncé, est d’y implanter toutes les grandes écoles permettant de donner une visibilité d’avenir à la Nation. Parmi les établissements appelés à être créés sur ce site, il a mentionné des écoles de mathématiques, de physique, d’informatique, d’intelligence artificielle, de robotique et d’un ensemble de matières pour y développer les technologies de pointe et cela « quelle que soit la santé financière du pays ». Pour le ministre, le plus important sera de garder les éléments qui y auront été formés, et pour cela, leur créer des statuts particuliers, de manière à ce qu’ils choisissent de rester dans un pays qui, jusqu’alors, « a formé pour l’étranger », avançant les chiffres de 20 000 à 25 000 hauts diplômés « qui partent vers d’autres cieux ». Dans ce campus, a-t-il ajouté, vont également être implantées, au titre d’une autre vision, des écoles de médecine, de sciences économiques quantitatives, de droit de la mer, de l’espace ainsi que des conflits internationaux, afin « d’être en phase avec ce qui se passe ailleurs». Progressivement, a poursuivi l’invité de la chaîne 3, il faudrait, ce faisant changer le cursus de l’université traditionnelle dont, prévient-il, il faut absolument protéger les 20 000 cadres dont elle dispose présentement. Pour contribuer à donner corps à ce grand chantier, le professeur Chems Eddine Chitour a signalé qu’il va être fait appel aux chercheurs expatriés algériens installés notamment aux États-Unis, en France, en Australie, lesquels vont venir y enseigner leur savoir »a-t-il indiqué. À une question sur les réformes qu’il compte engager dans le secteur, le ministre a estimé qu’il y a d’abord lieu de faire un état des lieux et de savoir « ce que nous avons dans les poches ». Il a indiqué, dans ce contexte, que la plus grande partie des étudiants formés (350 000) chaque année n’arrive pas à trouver du travail, du fait que « nos cursus pédagogique ne correspondent pas au marché de l’emploi. D’où la nécessité, a-t-il insisté, de la révision des programmes et de faire en sorte de donner un « enseignement de qualité ».
Ania Nait Chalal