Sommet de l'UA

UNION AFRICAINE : Des pays africains veulent annuler l’octroi à Israël du statut d’observateur

Le Maroc a fait, il y a quelques mois un forcing auprès du président en exercice de l’Union africaine, président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi pour accorder à Israël le statut d’observateur de l’organisation continentale. Cette initiative, qui rentre certes dans les prérogatives du président de l’UA, est en totale contradiction avec le pacte constitutif de l’Union qui refuse l’admission, même en qualité d’observateurs, de pays colonisateurs ou occupant un territoire en totale contradiction avec les résolutions de la communauté internationale. Il faut revenir dans ce contexte pour rappeler que le Maroc qui avait quitté, en 1984,  la défunte OUA, pour protester contre l’octroi d’un siège à la RASD, avait accepté, après l’intronisation de M6, de figurer parmi les membres fondateurs de l’UA. À cette époque, son chef de la diplomatie avait argué que son pays était engagé dans un processus permettant d’aboutir, à terme, à l’organisation  d‘un référendum d’autodétermination. Certes le processus avait été lancé après accord des deux parties (Maroc et Front Polisario) et malgré plusieurs rounds de négociations à Manhasset (USA) son échec avait été consommé en 2012. Depuis le Maroc s’est affublé du statut de trublion de l’UA qui tente, grâce au lobbying de la détourner de ses principes fondateurs et de peser de tout son poids sur la teneur de ses résolutions. Aujourd’hui, le palais royal est passé à une nouvelle étape dans ses rapports avec l’organisation continentale. Il a applaudi l’octroi à Israël du statut d’observateur. C’est le ver qui infeste le fruit et de grands dangers pèsent aujourd’hui sur la cohésion de l’UA. C’est le principal soutien à la décision du président en exercice, le congolais Tshisekedi. Conscient du danger, des pays à l’instar de l’Egypte, le premier pays arabe membre de l’UA à avoir normalisé ses relations avec l’état hébreu après les accords de Camp David, I’île Maurice, la Tunisie, Djibouti, la Mauritanie ou encore la Libye ont décidé de réagir en s’opposant à l’entrée d’Israël à l’UA. Les prochains jours risquent d’être prolifiques en événement et surtout décisifs pour la cohésion de cette organisation. L’Algérie qui a éventé, dès le départ, le plan machiavélique du Makhzen pour vider l’UA de son essence et la transformer en coquille vide a engagé des initiatives pour permettre la sauvegarde de cet acquis pour les peuples du continent. Il faut reconnaitre qu’Israël, qui n’entretenait des relations diplomatiques qu’avec quelques pays africains, veut faire de la normalisation de ses relations avec le régime de Rabat, le cheval de Troie qui lui permettra de devenir un acteur actif dans le continent. Après avoir réussi à diviser le Soudan, en un sud animiste et un nord traversé par moult idéologies et courants religieux et après l’avoir transformé en vaste camp d’entrainement des groupes terroristes islamistes, elle se tourne vers le nord du continent. Son principal soutien le Maroc qui a tourné le dos à la cause palestinienne, qui occupe un territoire souverain et qui est prêt à s’allier avec le diable pour devenir le gendarme des puissances occidentales dans la région. Pour la gouverne du parti islamiste au pouvoir, le PJD, le Makhzen et le palais royal, Israël n’a obtenu le statut d ‘observateur à l’UE que récemment et au prix de plusieurs sacrifices. Le Maroc a offert l’’UA et l’Afrique à Tel Aviv à titre gracieux ce qui est une trahison des sacrifices des peuples de la région pour leur indépendance et leur souveraineté.
Slimane B.