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Une circulaire sur l’organisation foncière et la préservation des terres agricoles : La Justice engagera des poursuites contre les violations

Le gouvernement compte poursuivre la récupération des terres agricoles inexploitées tout en renforçant son dispositif de répression contre le détournement des terres fertiles à la construction.

C’est dans cette perspective qu’une circulaire sur l’organisation foncière et la préservation des terres à caractère agricole vient d’être envoyée au ministère de l’Agriculture, aux walis et responsables locaux par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales.
Cette circulaire prévoit de nouvelles mesures contre toutes tentatives de détournement des terres agricoles, et ce, conformément aux instructions du président de la République, Abdelaziz Bouteflika.
Parmi ces dispositions, la mise en garde contre le détournement des terres agricoles à des fins d’urbanisation ou d’industrialisation. « Le classement des terres agricoles, en dehors du cadre juridique, est strictement interdit », note la circulaire. La circulaire prévoit en outre des « sanctions » contre les auteurs de ce « crime ». Le ministère engage des poursuites judiciaires contre les contrevenants, et contre toute violation des textes réglementaires relatifs aux terres agricoles. Dans un chapitre complémentaire, et après son rétropédalage sur la possibilité d’ouvrir la concession des terres agricoles aux étrangers, le gouvernement a annoncé son intention de poursuivre l’opération de récupération des terres agricoles non exploitées : « Le foncier agricole est l’une des priorités de l’État et on doit poursuivre l’opération de récupération des terres non exploitées et leur affectation aux porteurs de projets intégrés.», a affirmé le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et la Pêche, Abdelkader Bouazghi .
Le ministre, qui s’exprimait au cours d’une réunion avec les cadres de son département ministériel et ceux de l’Office national des terres agricoles (ONTA), a « insisté sur la nécessité de récupérer les terres agricoles inexploitées, notamment les terres relevant du domaine privé de l’État à l’effet de promouvoir et de moderniser le secteur et d’augmenter la production agricole nationale ». À un moment où la volatilité du marché pétrolier et la dépendance aux seules ressources financières des hydrocarbures rendent utopique toute politique économique fiable, l’État algérien se tourne vers l’agriculture, la récupération des terres agricoles et le redémarrage de la machine de production agricole. L’objectif est, dans un premier temps, d’aller vers une production qui suffirait au marché domestique, puis, dans une seconde phase, d’exporter les excédents de production. Cette autosuffisance réduirait la facture alimentaire et mettrait à l’abri le pays de toutes sortes d’influences et de convoitises.
F.O.