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1 mars 2024
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RÉGIONS

Tourisme chez l’habitant à Aïn Témouchent : des appréhensions objectives

Au début des années 2000, le tourisme chez l’habitant était considéré par les responsables du secteur du tourisme, à l’échelle nationale, comme étant une activité parallèle à celle dite légale, selon les termes de la loi en vigueur à cette époque. Donc tous les avis convergeaient vers son éradication pure et simple. Cela supposait qu’il fallait mettre les moyens adéquats pour mener une telle opération qui n’était pas du tout simple et à la portée de l’autorité concernée et les organes habilités à contribuer avec cette dernière. Ce dispositif n’a jamais vu le jour et le phénomène de ce qui est convenu d’appeler « tourisme chez l’habitant commençait, d’année en année, à prendre de l’ampleur à travers les communes des 14 wilayas côtières et les sites dotés de bains thermaux. Devant un manque flagrant dans le domaine des structures d’hébergement légales et adéquates, d’une part, et eu égard aux choix prédéfinis par les familles du Grand Sud, des Hauts-Plateaux et des villes de l’intérieur qui désirent passer des vacances au nord non loin de la mer, d’autre part, le tourisme chez l’habitant a trouvé des structures d’accueil auprès de familles prêtes à céder leur habitation en location pour des séjours de 15 jours et un mois. Ce qui intéresse le plus les gens du Sud, ce n’est pas le confort, mais surtout la disponibilité d’une habitation à louer en ville à un prix raisonnable. En ville parce qu’il y a une certaine intimité et une quiétude qui n’effritent pas les mœurs et les coutumes en plus de la disponibilité des commodités et des produits tous secteurs de consommation confondus. C’est ce que, disent les gens du Sud rencontrés à Hammam Bou Hadjar, après l’Aïd El Fitr. D’autres ont préféré les cités balnéaires des plages de Rechgoun, Béni-Saf, Terga,Bouzedjar… N’ayant pas d’alternatives en leur possession et ne pouvant pas procurer des formules de substitution qui arrangent parfaitement les demandeurs d’habitations à céder en location durant la saison touristique, les responsables du secteur du tourisme ont jugé utile d’étudier la possibilité d’intégrer la formule « tourisme chez l’habitant» dans la stratégie de développement engagée par le gouvernement algérien. Comment appréhender ce gros débat à l’échelle nationale ? L’appréhension serait-elle accompagnée de mesures d’accompagnement claires et réalistes ? Les postulants supposés acquis à cette thèse accepteront-ils les conditions des initiateurs de ce projet ? Quels sont les critères de choix à même de faire adhérer les établissements privés en mesure de se conformer à la règle ? C’est à ce panier d’interrogations objectives qu’il fallait songer en premier. Pour épater les uns et appâter les autres, il a été décidé de céder des autorisations provisoires pour les établissements visités par des commissions de wilaya appelées à donner des avis d’habilitation. Ces autorisations ont été signées par les walis afin de leur donner un sceau quasiment officiel. à Aïn Témouchent ceux qui ont fait l’objet de ce mérite se comptent sur les doigts d’une seule main.

Les grands mécontents, qui ont exprimé leur désapprobation et leur opposition à une telle opération, sont les maîtres d’hôtel, les gérants de résidences et complexes touristiques et quelques commis de l’état. Aujourd’hui, devant une procédure assez lente et une méconnaissance de textes, les promoteurs du tourisme chez l’habitant ne sont pas du tout inquiétés et continuent à recevoir de la clientèle comme toujours, sans se soucier de ce que font les responsables du secteur. Pour l’heure, ce qui est demandé en premier est d’essayer d’identifier les couveuses du tourisme formule populaire, non pas pour les forcer à se conformer à la réglementation mais surtout à titre sécuritaire dans le sens large du mot.
Boualem Belhadri

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