EN Algérie

Tenus en échec par un surprenant onze zimbabwéen : Les Verts frisent la correctionnelle

Pour son match inaugural de la CAN 2017, l’Algérie a, et c’est le moins que l’on puisse dire, lamentablement raté son entrée, à l’arrivée d’une médiocre prestation d’ensemble qui ne manque pas de soulever bien des interrogations, en plus se compliquer sensiblement la tâche dans sa quête du sacre.

Super M’Bolhi
Donnée, sur le papier, pourtant largement favorite et alors que la partie paraissait, à bien des égards, facile face un vis-à-vis zimbabwéen aussi solide que bien appliqué et qui aura joué ses chances à fond, sans complexe aucun en se permettant le luxe de bousculer les camarades du héros du jour, l’incontournable dernier rempart, Rais M’Bolhi (ce dernier, concentré au maximum, n’a jamais aussi bien mérité son prénom en se révélant, comme à son habitude, décisif avec ses arrêts miracles et, bien plus, comme le véritable leader d’un groupe en manque cruel d’inspiration, dans son mauvais jour) dans tous les compartiments du jeu, revenant d’abord très vite à la marque (cinq minutes à peine après l’ouverture du score par l’inévitable Mahrez à la 12e minute) avant de prendre l’avantage juste avant la fin de la 1ère demi-heure (29e), assommant ainsi des «Verts» en prise aux doutes, perdant et leur football et leur sérénité d’avant-match. Des «Verts» sans âme qui boucleront un 1er half en tous points catastrophique. En ne montrant rien de ce qu’attendaient d’eux aussi bien les fans que les observateurs dont ils décevront les attentes. Accrochés comme des débutants, menés au score et rejoignant les vestiaires, à la pause-citrons, avec un moral à plat, psychologiquement affectés par la tournure prise par les évènements, les camarades du malheureux latéral- droit, Belkhiter, débordé et malmené par son vis-à-vis direct sur son flanc, qui ratera son grand examen d’entrée en E.N en endossant (pas seul néanmoins car manquant cruellement de soutien de la part de ses coéquipières qui l’ont carrément abandonné au très remuant Mahachi qui lui en fit voir de toutes les couleurs au point de lui faire regretter le déplacement, Leekens, reconnaissant indirectement s’être trompé dans son choix, se chargeant de lui asséner le coup de grâce en le sautant de ses plans en 2e mi-temps), nos «Combattants du Sahara», face à des Warriors (lire guerriers, en anglais, et ils le montreront bien) bien armés pour relever le défi, notamment au double plan physique et tactique, déposeront trop tôt les armes et resteront constamment sous la menace d’un réel naufrage n’eurent été les nombreux arrêts réflexes et autres arrêts miraculeux d’un M’Bolhi apparemment irrité par les critiques à répétition dont il aura été (à tort) l’objet, décidant de clore définitivement le débat quant à ses qualités intrinsèques de meilleur gardien du pays et, par ricochet, et ce n’est que justice, de N°1 dans les cages, en sauvant à lui seul les meubles. La baraque tout court, en tenant bien les clefs de la maison.

Interrogations…
En différant longtemps la sentence au plus haut de la domination adverse, avant que l’autre héros et non moins homme du match, Mahrez (auteur d’un doublé salvateur), ne signe une égalisation tombée du ciel et ne remette (82 eme), dans un grand ouf de soulagement, les pendules à l’heure. Dans les ultimes instants d’une partie (par le résultat technique et le niveau du jeu développé) qui fait craindre le pire quant à l’avenir d’une sélection algérienne restée étrangement dans ses startings- blocks. N’a rien montré de bon, sinon sa capacité (et encore, on demande à voir quand il faudra passer à des tests autrement plus problématiques comme celui de jeudi, déjà plus que décisif, contre la Tunisie où les deux formations joueront à quitte ou double car dans l’obligation impérieuse de l’emporter sous peine de sanction immédiate et un retour éclair au pays) à revenir dans un match où, et à la surprise générale, tout paraissait perdu. Des interrogations, il n’en manque pas avant de redescendre à nouveau sur le terrain et un obstacle tunisien dont on sait, malgré sa défaite contre le désormais super-favori du groupe, le Sénégal et sa pléiade de stars qui viennent de prévenir tout le monde sur leurs véritables prétentions, la grande qualité. Contre lequel il faudra se montrer autrement plus solidaire, voire montrer plus de motivation (où est passée cette «grinta» à laquelle nous ont habitués le très discret Slimani, resté cette fois muet, dans ses petits souliers, et ses coéquipiers ?) s’ils veulent imposer le respect, si tant est ce point glané (la question qui se pose après ce semi-échec zimbabwéen, est de savoir si, effectivement, les Fennecs ont perdu deux précieuses unités qu’on pourrait au passage amèrement regretter, ou s’ils ne doivent pas se montrer finalement heureux de s’être sortis d’un curieux bourbier en empochant un point qui les maintient en vie) servira à quelque chose. A Leekens et sa bande de trouver les solutions pour ne pas se rater encore une fois, perdre leurs dernières illusions et quitter plus tôt que prévu une compétition en passe de les fuir s’ils ne réagissent pas vite. Ne reprennent pas leurs esprits, retrouvent leur football et toutes leurs sensations. Réapprennent, et c’est le souhait de son public, ses millions de fans, à gagner et nous faire à nouveau rêver.

Tout n’est pas perdu ?
En ne laissant pas cette tâche au seul gardien du temple, le super-titulaire du poste (n’en déplaise aux mauvaises langues qu’il vient à nouveau de faire taire, et sûrement pour de bon cette fois en signant une présence époustouflante avec au moins quatre superbes sauvetages dont il faudra en reparler puisqu’ils permettent, et c’est peu dire, d’éviter aux siens un revers humiliant, doublé d’une élimination qui risque de faire mal), M’Bolhi dont l’ambition est de mener, au bout du rêve, l’équipe. Au titre. En attendant (quatre jours de récupération et autant pour l’analyse), il faudra revoir la copie. En oubliant le Zimbabwe et se tourner sur une Tunisie pas au mieux moralement également, mais qui se veut revancharde. Qui ne veut pas mourir et peut se révéler un rempart imprenable pour les Mahrez, Soudani, Brahimi et toute l’artillerie offensive à mettre en branle. Questions avant cette seconde sortie : l’heure de vérité a-t-elle sonné pour le duo Bounedjah- Hanni qui peut, semble-t-il et il a tout à prouver, rendre d’inestimables services en attaque au moment où l’autre tandem, Soudani- Slimani, a paru émoussé et sans grande utilité devant et nous doit une petite revanche ? Et ces soucis en défense ? Question centrale. Le gros, vraiment et on l’a pu revérifier, du problème. Aussi sûrement que cette tâche commence en attaque. Avec des attaquants (on a pu le constater avec cette fuite des responsabilités quand il fallait couvrir Belkhiter auquel le manque d’expérience a joué de bien mauvais tours) appelés à un meilleur rendement de ce côté-ci de leur prestation. Dimanche dernier, les analystes ont pu relever les énormes manques tactiques d’une sélection surprise en flagrant délit de «démission.» La vague à l’âme. Comme perdue sur le terrain. Pour preuve, cette image, dans les meilleurs moments zimbabwéens et leur maîtrise du match (durant les trois quarts de la partie, les «Verts» ont paru hors champ), d’une équipe algérienne coupée en deux. Sans relais (une faillite de l’entrejeu à signaler avec un Bentaleb loin de son niveau, pour ne citer que cet habituel porteur d’eau à l’efficacité rarement démentie dans ce rôle) entre ses différentes lignes. Un match à oublier. Pour s’arrêter sur les promesses des joueurs de «faire mieux» lors des deux prochaines sorties malgré la difficulté de la mission, la Tunisie comme le Sénégal, étant plusieurs crans au dessus du Zimbabwe et donc autrement plus difficiles à jouer. On peut croire que rien n’est encore perdu…
A. A.