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Tebboune sur la fermeture des frontières avec le Maroc : Le rappel des faits en réponse à la propagande de Rabat

Abordée lors de l’entretien qu’il a accordé à la Chaîne France24, diffusée dans les trois langues, arabe, française et anglaise, samedi dernier, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a répondu sur la question de fermeture de nos frontières avec le royaume chérifien, en rappelant la genèse de la prise de cette décision, en 1994, par Alger, suite, à l’instauration par Rabat du visa pour les algériens, mettant ainsi fin à ce qui était en vigueur, avant 1994.

Affirmant que du côté algérien, la mesure de fermeture de nos frontières avec le Maroc «est une réaction à une action humiliante pour le peuple algérien », dira le chef de l’État, samedi dernier, dans sa réponse, après avoir rappelé que « le Maroc a décidé d’instaurer le visa aux algériens », il balaie d’un revers, par ce rappel des faits, les interprétations, les lectures tendancieuses et mensongères distillées, d’une manière récurrente, dans l’espace politico-médiatique marocain. Pour le journaliste de France 24, qui ne semblait pas ignorer les raisons à l’origine de la décision d’Alger de fermer, en 1994, ses frontières avec son voisin de l’Ouest, semblait par contre étonné de les voir encore fermées à ce jour, pensant, comme c’est sûrement le cas pour Rabat, que beaucoup de temps est passé, soit, 26 ans. Pour le président de la République qui lors de sa campagne électorale de la présidentielle du 12 décembre dernier, avait souvent déclaré lors de ses meetings qu’il conditionne leur réouverture, par « la présentation d’excuses officielles » de la part du royaume chérifien, car a-t-il rappelé, encore samedi dernier, cette décision de Rabat « est une action humiliante pour le peuple algérien ». Il est utile de rappeler que le contexte dans lequel la décision de Rabat d’imposer le visa aux algériens a été prise, était celui au moment où des capitales, notamment occidentales, fermaient leurs portes à l’Algérie et détournaient leurs regards du combat que menait le peuple algérien et les Institutions du pays contre le terrorisme intégriste barbare, des années bien avant un certain 11 septembre 2001. Pour le royaume chérifien, qui fait des conséquences de sa décision de 1994, d’imposer le visa au algérien, une carte parmi d’autres pour alimenter sa propagande contre l’Algérie, sur sa position de principe sur la décolonisation du Sahara occidental et de son soutien au peuple sahraoui, à l’instar de nombreux autres États et peuples, le président de la République vient réaffirmer que la fermeture des frontières n’a aucun lien avec la question sahraouie. Les autorités algériennes ont fermé les frontières « en réaction » précise le chef de l’État « à une action humiliante pour le peuple algérien ( le Maroc impose en 1994 le visa aux algériens (NDLR). Les frontières ont été fermées (Par Alger (NDLR) au moment de l’instauration du visa » et de souligner pertinemment « ce n’est pas le Sahara occidental» a affirmé le président Tebboune. Ceci étant, lors de sa campagne électorale, pour la présidentielle du 12 décembre dernier, Abdelmadjid Tebboune a exposé ses 54 engagements électoraux, s’il venait à être élu à la tête de l’État. Lors de ses meetings, il a eu à abordER, souvent sa vision sur la politique extérieur du pays et évoqué les positions d’Alger, sur certaines questions, dont celle sur la décision de la réouverture des frontières avec le Maroc, indiquant que la « la décision de retour à l’ordre qui prévalait avant 1994 est conditionné par la présentation d’excuses officielles de la part du royaume chérifien » , expliquant que «le peuple algérien a été humilié» avait déclaré, le président Tebboune, lors de sa campagne électorale. Interrogé par le journaliste de France 24, sur les relations tendues entre l’Algérie et le Maroc, en se référant notamment sur la construction par les Forces armées royales d’une base militaire à Jerada, à 38 kilomètres de la frontière avec l’Algérie, rappelant que «jusqu’à présent l’escalade était verbale », le président Tebboune souligne que « nous constatons que nos frères marocains passent à une autre forme d’escalade» a-t-il soutenu. Précisant que « nous n’avons aucun problème avec les Marocains », le Chef de l’État ajoute qu’ « il semble que ce sont les frères marocains qui ont problème avec nous », estime-t-il, avant d’ajouter : « j’espère que ça va s’arrêter. Nous souhaitons le plus grand bonheur et tout le développement au peuple marocain frère », a-t-il conclu. Quant à la question du journaliste de France 24, si notre pays s’est lancé dans la construction d’une base militaire, non loin des frontières avec le Maroc, le Chef de l’État lui dira, sans plus, « je ne peux ni le confirmer ni l’infirmer » a répondu Tebboune, au journaliste de France 24.
Karima Bennour