Tebboune

TEBBOUNE ANNONCE LA CRÉATION DE L’ « AGENCE ALGÉRIENNE DE COOPÉRATION INTERNATIONALE À VOCATION AFRICAINE » : Grand retour de l’Algérie sur la scène africaine

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a marqué le grand retour d’un Chef d’État algérien aux rencontres continentales et internationale au sommet de l’UA, après huit ans d’absence avec l’annonce, hier à Addis-Abéba, sa décision de créer une « Agence algérienne de coopération internationale » à « vocation africaine », destinée à renforcer la coopération de l’Algérie avec les pays voisins, notamment avec ceux du Sahel.

« J’ai décidé la création d’une Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement (ALDEC) à vocation africaine », a déclaré le président Tebboune lors de l’ouverture du sommet de l’Union africaine (UA). Cette agence aura pour principale mission « la concrétisation, sur le terrain, de notre volonté de renforcer l’aide, l’assistance et la solidarité avec les pays voisins, notamment les pays frères au Sahel », a-t-il souligné. Selon le chef de l’État, « tous les domaines de coopération seront couverts par cette agence qui sera dotée de tous les moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions à travers la réalisation de projets concrets et utiles ». À ce titre, il s’est engagé à suivre « personnellement » les programmes de cette nouvelle agence et à s’efforcer de « placer à sa tête une personnalité ayant les compétences et le savoir-faire requis pour la réalisation de notre aspiration à une solidarité fraternelle ». Pour le président Tebboune, la création de cette agence s’inscrit dans le cadre de sa volonté « d’imprimer une nouvelle dynamique à la coopération internationale de l’Algérie, notamment en direction des pays frères en Afrique et au Sahel ». « L’Algérie ne saurait ignorer les pays frères et voisins, encore moins le continent africain dont elle est partie intégrante et le prolongement naturel. Cette africanité nous l’avons quelque peu occulté, ces dernières années, parce que focalisés sur nos affaires intérieures, mais nous sommes aujourd’hui résolus à y revenir, rapidement et fortement, dans le cadre renouvelé de l’Union africaine et au niveau des relations bilatérales », a-t-il affirmé.
Le président de la République a réitéré, à l’occasion, la disponibilité de l’Algérie à « contribuer au renforcement de l’intégration régionale et aux efforts permettant à notre continent de prendre en charge lui-même ses problèmes et d’en finir avec sa marginalisation dans les relations internationales et l’économie mondiale pour prendre son destin en main et s’approprier son processus de développement dans toutes ses dimensions ». Il a rappelé, dans ce contexte, « l’intérêt suprême accordé par l’Algérie aux projets structurants », citant, à ce propos, la Route transsaharienne, la Dorsale transsaharienne à fibre optique et le Gazoduc Nigeria-Algérie. Cet intérêt, a-t-il poursuivi, « n’est que la preuve de sa volonté de faire de l’intégration régionale une réalité ». Le chef de l’État a salué, par la même occasion, « les pas importants franchis par notre continent dans le processus d’intégration africaine, notamment à la faveur de l’entrée en vigueur de l’accord de la Zone de libre-échange continentale africaine et de la poursuite de la concrétisation des projets visant l’intégration régionale et le renforcement de l’infrastructure au titre de l’initiative du nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique ».

L’Algérie décidéE à jouer «pleinement» son rôle
À cet égard Le président Tebboune a affirmé, hier, à Addis-Abeba, que « la nouvelle Algérie en édification demeurera fidèle à ses principes et engagements et jouera, dorénavant, pleinement son rôle en Afrique et dans le monde ». Il a exprimé l’engagement de l’Algérie à contribuer « plus efficacement » au développement du continent africain. « Notre expérience réussie conforte notre conviction que le règlement des crises dans notre continent passe par la solution pacifique, le dialogue inclusif et la réconciliation nationale loin de toute immixtion étrangère », a-t-il dit, après avoir rappelé la tragique décennie vécue par l’Algérie dans les années 90. « Tout comme durant sa Guerre de libération nationale, l’Algérie a hautement apprécié, dans ces moments difficiles, la solidarité des pays africains frères et c’est pourquoi elle n’a jamais failli à ses engagements à l’égard de l’Afrique, même dans les périodes les plus dures de son histoire », a-t-il ajouté. L’Algérie s’attèlera, « toujours et inlassablement », au soutien des efforts visant l’instauration de la paix et de la sécurité en Afrique et continuera à « appuyer les initiatives tendant à résoudre les conflits, défendre les causes justes des peuples, militant et combattant, pour le recouvrement de leurs droits fondamentaux et l’exercice de leur droit à l’autodétermination, principalement la cause palestinienne », a encore affirmé le chef de l’État. Le président Tebboune a souligné qu’aujourd’hui, « grâce à l’énergie salvatrice de son peuple et de sa jeunesse », l’Algérie est engagée dans « une nouvelle ère pour la consolidation de sa démocratie et la réunion des conditions adéquates à son essor ». Il a évoqué, dans ce sens les perspectives qui s’ouvrent à l’Algérie, « résolument décidée à changer son système de gouvernance et à construire un État garantissant la justice sociale et la suprématie de la loi » et qui s’apprête, après l’élection présidentielle du 12 décembre dernier, à aller de l’avant dans le processus de réformes politiques, économiques et sociales. Il s’agit, a expliqué le président de la République, de « réaliser le changement escompté et construire une nouvelle Algérie forte, sereine et prospère, basée sur une gouvernance de transparence, la moralisation de la vie politique et la consolidation des libertés individuelles ».
Mokhtar Bendib