Souk Ahras

Souk-Ahras : L’investissement, «otage» des entraves financières et de la nature du foncier

L’investissement à Souk-Ahras demeure otage des entraves financières et de la nature du foncier, s’accordent à dire responsables concernés et investisseurs.

Sur les 248 projets d’investissement avalisés par le comité de wilaya d’assistance à la localisation et à la promotion de l’investissement et de la régulation du foncier (Calpiref), seuls 24 ont effectivement été concrétisés depuis 2011 dans la wilaya de Souk Ahras, a indiqué le directeur de l’industrie et des mines, Mohamed Laïd Hamzaoui. Le même responsable a souligné à l’APS que sur ce nombre de projets, 91 se trouvent au stade des procédures administratives tandis que 133 n’ont pas démarré pour multiples causes dont les lenteurs de certaines administrations, l’incapacité financière des porteurs de projets et la nature du foncier industriel. Il a précisé que 50 % des projets concernent le secteur industriel (agroalimentaire, matériaux de construction, plastique, bois, papier), 8 % le secteur touristique, 18 % portent sur la création de cliniques médicales, crèches, stations multiservices et centres commerciaux et 10 % concernent le secteur agricole. Parmi ces projets, 127 sont répartis sur les zones d’activités de M’daourouche, Sedrata, Oued Keberit et Sidi Fredj en cours d’aménagement, et 116 sur des terrains de la propriété de l’Etat, selon la même source qui a relevé que tous ces projets étaient censés mobiliser des investissements d’une valeur de 33 milliards DA devant générer 8.550 emplois. Pour la directrice locale du tourisme par intérim, Nafissa Fatmi, la faiblesse dans la concrétisation des projets tient au «non-sérieux» de certains investisseurs qui ont bénéficié de tout l’accompagnement des services de la direction locale et de ceux du ministère de tutelle sans toutefois lancer les travaux de réalisation ou parfois les lancer «timidement».

L’incapacité financière, l’autre problème de l’investissement
Elle a dans ce sens, rappelé que 20 investisseurs ont obtenu l’accord des services centraux pour leurs projets touristiques mais seulement 5 ont entamé effectivement les travaux de réalisation tandis que 14 n’ont encore pas entamé les travaux et un se trouve à l’arrêt pour cause de litige sur le terrain d’assiette lancé, a ajouté la même responsable. Il a aussi relevé que le wali a annulé dernièrement 16 concessions foncières pour défaut de concrétisation des projets. De son côté, la directrice du guichet unique de l’Agence nationale de développement de l’investissement (Andi), Wahida Bikasse, estime que le financement, la nature juridique du foncier et le passage par les terrains des réseaux en plus du non-sérieux de certains porteurs de projets sont les principales entraves à l’engagement des projets en dépit des avantages fiscaux et parafiscaux offerts par l’Andi et dans le cadre du programme des Hauts-plateaux. Lounesse Khaoula, propriétaire d’une chaîne hôtelière à Boumerdès, a imputé à «la bureaucratie et les écueils administratifs dont ceux du service de contrôle technique de la construction», l’arrêt des travaux de son hôtel 4 étoiles pour la réalisation duquel il a pourtant bénéficié en 2017 d’une concession au POS-10 à Souk-Ahras. Selon cet investisseur, les lenteurs de certaines administrations lui ont causé de «grands préjudices financiers» conséquemment à la suspension des travaux et a appelé le ministère de tutelle et les autorités de wilaya à intervenir pour relancer les travaux de cet hôtel qui sera un plus pour cette wilaya frontalière dépourvue de structures d’accueil et d’hébergement. L’investisseur Yacine Djouamaa, patron de la société El Kalam de fabrication d’articles scolaires, a indiqué avoir bénéficié d’un terrain de 1.300 m3 pour l’extension de son entreprise qui emploie 30 travailleurs mais la non-identification de la nature juridique du terrain a fait que le projet «stagne».