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SMAÏL LALMAS, EXPERT EN ÉCONOMIE, ALERTE SUR UNE CRISE ÉCONOMIQUE : «La priorité c’est de changer les hommes et les pratiques»

Pour l’expert en économie, Smaïl Lalmas, le déficit estimé à 3,18 milliards de dollars enregistré fin juin, étant plus des 2,84 milliards de dollars de la même période de l’année dernière, il alerte qu’au rythme où vont les choses, le déficit « d’ici la fin de l’année, il sera beaucoup plus important » alerte-t-il, en rappelant que « réguler la balance commerciale passait aussi, par la production et par la diversification de l’économie » a-t-il précisé.

Indiquant que la relance effective de la production et de la diversification de notre économie a fait défaut, à ce jour car «le travail qui devait être fait depuis pas mal d’années» pour le développement socio-économique réel du pays, n’a pas été fait, par «  un système défaillant sur tous les plans qui a engendré la corruption, les détournements, la fraude… etc » et d’affirmer que « ce n’est pas avec le même système qu’on va réussir à développer notre économie et réduire le déficit et préserver nos réserves de change » souligne-t-il. Soulignant que les mêmes causes produisent les mêmes effets, pour l’expert en économie, la priorité de l’heure, pour que l’activité économique et la relance de la diversification de l’économie du pays, au vue des capacités humaines et des potentialités existantes en matière de moyens et de secteurs porteurs de développement durable et de production, est le « changement des hommes et des pratiques » du système défaillant. C’est en faisant appel, à une nouvelle dynamique, à travers de nouveaux hommes et de nouvelles pratiques, du fait de l’adoption et de la promotion d’une nouvelle vision et donc une démarche nouvelle, n’ayant rien en commun avec celle qu’a promu un système qui a engendré «la corruption, les détournements, la fraude… » rappelle Lalmas. La dépendance aux hydrocarbures à plus de 95% de notre économie, étant à l’origine d’un système rentier, qui n’a eu de cesse de promouvoir la politique des importations et n’a laissé aucune voie pour que le pays puisse se libérer de la dépendance économique extérieure, garante de l’indépendance en matière de décision politique, sur le plan local et extérieur. Un système et un mode de gouvernance basés sur la rente ont privé le pays d’être un acteur majeur, dans l’activité économique, ne serait-ce que sur les plans régional et continental, au vue des potentialités du pays et aussi de par sa position géographique privilégiée. Indiquant que l’appareil de production « est complètement à l’arrêt depuis déjà l’année 2018 » l’expert en économie après avoir rappelé qu’il avait souvent dit « que depuis 2018 nous sommes en pleine crise économique et que nous avons des difficultés à commercialiser nos produits » parce qu’il y a, explique-t-il « un recul en matière de pouvoir d’achat et de consommation » il affirme qu’au jour d’aujourd’hui « Il n’y a pas d’équipe au niveau du gouvernement qui a pour mission de relancer l’économie ». Poursuivant il avertit à ce propos que « cela va pousser à aller davantage vers l’importation et continuer ainsi à mettre la pression sur les réserves en devises. » avertit-il. Or, selon Smaïl Lalmas « équilibrer la balance reviendrait aussi à booster la production et le volet économique », c’est-à-dire, insiste-t-il «  créer de la richesse et susciter l’investissement ». Il s’agit évidemment des investissements productifs, loin de bon nombre de projets lancés ces dernières années en vue de bosster la production, notamment dans le secteur de l’agroalimentaire et même de l’automobile, pour ne citer qu’eux, qui depuis leur lancement il y a plus de cinq ans, continuent de dépendre à plus de 90% des importations pour assurer leurs activités respectives. Pour l’expert en économie « ce n’est pas avec ce gouvernement qui a prouvé sa faillite qu’on va pouvoir relancer l’appareil de production » Or, ce gouvernement, poursuit-il «  n’a pas la qualité de le faire, vu qu’il manque de crédibilité et la confiance n’est pas au rendez-vous » allusion à l’exigence du départ du gouvernement Bedoui, une revendication du mouvement populaire pacifique pour le changement et aussi de la classe politique et de rebondir en soulignant que « la relance de l’appareil économique  passera » aussi par « le lancement de messages rasurants envers les investisseurs locaux et étrangers et même issus de la diaspora » indique Smaïl Lalmas. Soulignant que la diversification de notre économie « est plus qu’une nécessité car c’est celle-ci qui va nous permettre de nous éloigner de la dépendance de la rente pétrolière » Lalmas n’a pas manqué de rappeler que c’est par cette diversification de l’économie du pays que celle-ci « permettra aussi de diversifier nos sources de recettes ». Poursuivant, après avoir rappelé « actuellement, nous sommes dépendants exclusivement des recettes pétrolières, et tout le monde s’accorde à dire que nous traversons une période de crise » il attire l’attention sur une autre donne qui n’est pas moindre en soulignant que «même sur le volet des hydrocarbures, il y a crise avec une chute des prix sur fond d’incertitude sur l’avenir de ces ressources » a-t-il indiqué.
Karima Bennour