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SIT-IN DE PROTESTATION DES PHARMACIENS D’OFFICINES DEVANT LE MINISTÈRE DE LA JUSTICE : «Organiser la vente des psychotropes et protéger le pharmacien»

Le  Syndicat national algérien des pharmaciens d’officines (SNAPO) a tenu, hier, un sit-in devant le ministère de la Justice à Alger.  Venus de plusieurs wilayas, des pharmaciens d’officines étaient nombreux à prendre part à ce rassemblement de protestation tout en réclamant l’organisation de la vente des psychotropes et la protection du pharmacien.

Munis de pancartes sur lesquelles il est écrit : « Révision urgente de la loi 04-18 », « Publication immédiate de la liste des psychotropes », « Profession menacée et les pharmaciens entre la prison et l’assassinat » ou encore  « Nous ne sommes pas des dealers…. ». Des pharmaciens se sont rassemblés, hier  depuis 10 heures de la matinée, devant le ministère de la Justice pour manifester leurs colère et désarroi  face à leur situation délicate dans la gestion des ventes de psychotropes. Aussi les motifs principaux de leurs actions est la gestion des psychotropes sur le plan professionnel et réglementaire : « Nous voulons, simplement exercer notre profession en toute sécurité », nous dira un des  protestataires. Avant  d’enchaîner : « Nos conditions de travail sont devenus intolérables du fait que plusieurs pharmaciens sont menacés quotidiennement par des délinquants consommateurs …. à vrai dire, nous vivons dans un climat d’insécurité et de peur !». Pour sa part, un autre pharmacien nous affirmera, d’autre part que : « le pharmacien doit être vigilant dans la vente des produits psychotropes eu égards aux dangers que cela représente ». Il a également ajouté que : «Aussi, nous appelons les ministères  concernés à prendre des mesures qui mettent le pharmacien à l’abri de ces contraintes et de ces  agressions». Certains confrères déclarent, également que les  pharmaciens sont malheureusement en prison à cause de la gestion de ces produits psychotropes. « Le pharmacien doit être protégé ! », ont –ils répliqué encore.
Rencontré, hier, lors de ce mouvement de protestation, le président national du SNAPO,  Messaoud Belambri a tiré la sonnette d’alarme quant à la situation dans laquelle se trouvent les pharmaciens d’officines par rapport à la question de la gestion des psychotropes, précisant ainsi qu’ « On ne peut pas travailler dans l’incertitude et dans le risque sécuritaire face aux assassinats et, aussi dans le risque judiciaire face au vide juridique et aux condamnations ». Ce dernier soulignera, dans un autre contexte, que le pharmacien  n’est pas du tout  responsable de l’usage détourné de ces produits « quand ces derniers sortent de son officine », souligne t-il.
De son côté, le vice- président  du SNAPO, le Dr. Abdelhak Zefizef a souligné que le pharmacien d’officine souffre aujourd’hui et prend des risques  dans l’exercice de sa profession et ce sur le plan sécuritaire : « Il faut bien  le protéger contre ces agressions », a-t-il ajouté.
Il y a lieu de rappeler, également  que parmi les revendications soulevées par le SNAPO : la publication des tableaux des psychotropes au Journal officiel, la republication de l’arrêté portant classification de ces produits ainsi que la révision de la loi 04-18 portant sur les psychotropes.
 Mehdi Isikioune