Seddik Chihab revient sur les accusations de corruption contre son parti : «On cherche à déstabiliser le RND à défaut de l’éliminer politiquement !»

Vexé de l’étalage, dans les médias, des affaires et accusations de corruption contre ses cadres et députés, le porte-parole du RND, Seddik Chihab, a défendu, dans un entretien à TSA, son président de parti, qui est également le Premier ministre du gouvernement, estimant que des parties veulent ruiner la crédibilité d’Ahmed Ouyahia.

«On n’en serait pas dans ce cas à la première attaque. Ouyahia est un homme politique qui s’impose. Sa compétence, son sérieux, son abnégation, sa fidélité au Président ne sont plus à prouver», a-t-il dit, interrogé sur les cas d’un sénateur et d’un maire RND, radiés des rangs du parti après leur inculpation par la justice dans des affaires de corruption et de mœurs. Peut-on les considérer comme une attaque politique contre Ouyahia ? « Certains veulent le déstabiliser à défaut de l’éliminer politiquement. Nous en sommes conscients, nous respectons les règles de jeux et nous restons sur nos gardes», a-t-il asséné. Le deuxième homme du RND revient aux cas des sénateurs frondeurs, qui ont boycotté la session d’ouverture du Conseil de la nation, en soutien à leur collègue emprisonné après avoir été pris en flagrant délit de corruption. Une affaire qui a ébranlé le RND. «Les sénateurs RND ont protesté à l’ouverture de la session du parlement contre ce qu’ils ont considéré comme un manquement aux dispositions prévues dans les articles 126 et 128 de la Constitution relatifs à l’immunité parlementaire. Ces derniers ont été destinataires d’une lettre signée par Ahmed Ouyahia, dans laquelle le patron du parti dit comprendre les préoccupations des sénateurs tout en affirmant sa détermination à combattre la corruption», souligne Chihab. Mais au-delà des affaires internes du parti, les ambitions présidentielles d’Ouyahia donnent matière à spéculation. «Nous avons annoncé de la manière la plus solennelle notre soutien au Président. Nous pensons sincèrement que c’est là la seule voie qui nous permettrait de consolider les acquis des 20 dernières années», estime Chihab. Mercredi dernier, l’UGTA a rejoint le «front populaire solide» lancé par le FLN, après l’adhésion d’une trentaine de partis politiques et organisations nationales à cet appel. Cependant, le RND brille toujours par son absence à cet appel. Chihab préfère faire la distinction entre l’appel du Président, le 20 août dernier, pour un Front populaire pour faire face aux dangers qui guettent le pays et l’initiative de même nom du FLN. « Nous adhérons, sans réserve à l’appel du Président, nous estimons que la décision du FLN de chapeauter ce Front est une bonne chose. Le FLN est un partenaire stratégique.
Hamid Mecheri