Saïda Benhabilès

Saïda Benhailès à propos des attaques ciblant les autorités sur le dossier des migrants : «Il y a un parti-pris contre l’Algérie»

Le dossier de la migration clandestine et son traitement par l’Algérie continue à alimenter les réprimandes d’Organisations non-gouvernementales. Il ne s’agissait pas, ce qui aurait été souhaité de leur part, de traiter les problèmes de fond, mais de pointer du doit le prétexte de «non respect» des droits de l’homme dans les opérations de rapatriement des milliers de migrants, en situation irrégulière en Algérie, dans leurs pays respectifs.

Au cœur même de cette campagne, puisqu’il s’agissait d’actions humanitaires et de solidarité, menées par les autorités algériennes, la présidente du Croissant rouge algérien, Madame Saïda Benhabilès, hôte hier du Forum du Courrier d’Algérie, revient sur les critiques et aborde sans détour, le fond de la question, les enjeux et les parties qui sont derrière.
Face à cette campagne sans précédent, il était dans l’ordre des choses en effet de chercher à connaître les tenants et les aboutissants, de remonter dans l’histoire récente de l’Algérie et de secouer les mémoires courtes pour en appréhender les visées qui ne datent pas d’aujourd’hui. «Ce sont les mêmes parties qui se sont attaqué à l’Algérie durant la décennie noire qui s’attaquent aujourd’hui avec la complicité de parties internes», constate d’entrée Mme Benhabilès à ce sujet, qui évoque «un parti-pris contre l’Algérie» dans l’élaboration des rapports d’ONG sur le dossier migratoire.
Elle renvoie, de ses propos, aux partisans du dicton pernicieux du «qui tue qui», chanté à tort et à travers durant les années 90, au moment même où les massacres commis sont revendiqués par les groupes terroristes. Comme c’était le cas pendant la période du terrorisme, les ONG, par l’entremise des partis internes, qui peuvent être «des organisations militant pour les droits de l’homme et des partis politiques qui s’approprient ces titres, font dans «l’exploitation des malheurs des autres», pour ne pas désigner les ressortissants subsahariens victimes des conflits armés qui minent leurs pays d’origine.
Dans sa plaidoirie, Mme Benhabilès accuse ces ONG de mauvaise foi, car, dans le cas contraire, «elles auraient posé la question de savoir qui était derrière la plus grave crise humanitaire mondiale depuis la Seconde Guerre mondiale.» Sans détour, l’ex-ministre de la Solidarité nationale désigne la responsabilité de l’OTAN, pour ne citer que le conflit armé libyen. Une guerre délibérément provoquée par l’Occident dont les conséquences dévalent jusqu’aux frontières de l’Algérie, qui en prix d’une guerre qu’elle a toujours dénoncé et refusé de s’ingérer dans les affaires internes des pays.

«L’Algérie paye ses positions»
Au-delà maintenant des critiques faites à l’égard des autorités, Mme Benhabilès s’est posée la question pour connaître le pourquoi attaque-t-on l’Algérie ? Plus que jamais formelle dans ses propos, l’ex-ministre de la Solidarité nationale affirme que «l’Algérie paye ses positions» basées sur l’autodétermination des peuples opprimés, pour citer les questions sahraouie et palestinienne, mais aussi pour sa position ferme contre toute intervention militaire, sous quelque prétexte que ce soit, en dehors de la limite de ses frontières. «On accuse un pays qui puise ses valeurs humanitaires dans son histoire. Aujourd’hui, on est heureux que le président de la République veille sur la préservation de ces valeurs», a-t-elle dénoncé une campagne à laquelle elle oppose un principe de solidarité d’essence même naturel de l’Algérie qui s’est toujours montrée solidaire avec les peuples opprimés et hospitalière envers les victimes des conflits armés dans la région. Pour ceux qui ne connaissent pas ces valeurs de solidarité et d’hospitalité de l’Algérie, Mme Benhabilès rappelle un fait historique dont elle témoigne des péripéties pour l’avoir vécu. Il s’agit de la sécheresse qui a frappé la région subsaharienne durant l’année 1984. Les victimes ont été accueillies alors par la population de Tamanrasset au Sud, soignées, nourries et hébergées en signe de solidarité avec elles. Dès lors, «il faut rappeler à ses donneurs de leçons qu’il y a des liens de sang entre les Algériens et les Subsahariens. Ce que la politique ne peut casser», a-t-elle tenu comme réplique. Ne se contentant pas de dresser un constat ou répliquer aux critiques, la présidente du CRA rappelle les propositions de son organisation pour résoudre le problème de migrations clandestines. Il s’agit d’abord d’apporter une aide financière urgente pour la prise en charge en soins, nourriture et hébergement des populations en détresse et puis le développement de projets, par le moyen d’octroi de micros-crédits, au profit des populations africaines en souffrance de pauvreté et de la mal-vie. Or, jusque là, seule la Suisse a débloqué une enveloppe de 500 000 francs suisses au profit des ressortissants nigériens rapatriés depuis l’Algérie, a-t-elle fait savoir. Quant aux efforts de l’Algérie, ils ne sont plus à démontrer. Mme Benhabilès rappelle la décision du président Bouteflika d’effacer les dettes de certains pays africains.

«L’OTAN est un instrument de guerre, et non de démocratie»
En insistant sur le fait que le bras armé de l’Occident, l’Otan, n’est autre qu’une alliance armée utilisée pour intervenir militairement dans les pays en proie à la guerre aujourd’hui, Benhabilès s’inquiète des «manipulations» qui pourrait faire croire à l’opinion publique nationale qu’il s’agirait d’un prétendu plan de «démocratisation» après avoir fait tomber les régimes en place. Or, «l’Otan n’a jamais été un instrument de démocratie mais d’un instrument de guerre. Les Algériens doivent être fiers d’appartenir à un pays qui a prédit les bouleversements sécuritaires dans la région», a-t-elle mis en garde en appelant l’opinion publique à une prise de conscience faces aux enjeux de l’heure.
Partant du fait, selon lequel l’Algérie n’aura rien à se reprocher par rapport à ses positions sur la scène internationale, Mme Benhabilès soutient une position offensive au lieu de continuer à subir coup sur coup. «Il ne faudrait pas qu’on soit dans la défensive. La pression doit changer de camp. À nous de faire en sorte d’exercer la pression, de dénoncer l’Otan et ce qu’il a fait en Libye. Aujourd’hui, l’Algérie est victime des erreurs stratégiques de ces pays. Nous sommes les victimes, pas les fautifs», a-t-elle encore dénoncé et plaidé comme réponse en conséquence. Face à cette campagne de dénigrement, dont les intentions s’avéreraient périlleuses, «c’est aux Algériens, à l’opinion publique et à la société civile, pas uniquement au ministère des Affaires étrangères qui joue son rôle», soutien Mme Benhabilès. Interrogé à citer par leurs noms les ONG derrière ces attaques, si non les parties internes dans le jeu, la conférencière cible «ceux qui ont pris part aux réunions de Genève, alors que, ajoute-t-elle, «ceux qui se taisent sont complices. Même si, elle se réjouit des «relais dont dispose l’Algérie qui défendent, non pas l’Algérie, mais la vérité».

«6000 enfants mineurs africains non-accompagnés»
Abordant les opérations de rapatriement des migrants subsahariens qui, faut-il le rappeler, sont faites sur demande des autorités des pays concernés, Mme Benhabilès affirme que «toutes les normes internationales en matière des droits de l’homme sont suivies». Car, «nous n’avons pas d’agenda derrière. Il s’agit d’une action de solidarité avec tout ce qu’elle a de naturel», a-t-elle évacué d’un revers de main tout reproche faisant croire à des intentions autres que celles de porter assistance à des populations voisines en détresse. Insistant plus que jamais sur un principe de longue date, la présidente du CRA rappelle des faits historiques qui démontrent l’hospitalité et la main humanitaire tendue par le passé par l’Algérie à ceux qui en ont besoin. «En 1860/1861, une minorité chrétienne qui était sous la menace s’en était remise à l’émir Abdelkader, alors à Damas, qui lui a porté assistance et la mise à l’abri», a-t-elle donné comme exemple qui était un prélude au droit international institué en 1863, en qualifiant l’émir Abdelkader de «défenseur de l’humanité». Récemment encore, en 2016, «Alger a été décrétée capitale de l’humanité» et «le président Bouteflika élu cavalier de la paix», a ajouté Mme Benhabilès. Or, «lorsqu’il s’agit d’analyser avec bonne foi, quelques organisations essaient d’effacer les données», déplore encore la conférencière allusion aux ONG et autres parties qui tentent de «voiler la vérité».
Farid Guellil