Saïd-Bouhadja

Réunion décisive aujourd’hui à l’Assemblée nationale : Bouhadja demande l’arbitrage de Bouteflika

Toujours aussi sûr de lui, agissant avec la foi du charbonnier, Bouhadja intrigue ses adversaires par son aplomb. Décrié par une majorité écrasante de députés, sans soutien de son propre parti, sans couverture politique, Bouhadja intrigue. Hier, devant le blocage de l’Assemblée depuis trois semaines, avec la porte d’entrée fermée et cadenassée, Bouhadja dit avoir saisi le président de la République pour arbitrage, puisqu’il estime être dans son droit et les autres dans le tort. Empêché de rejoindre son bureau, il refuse de démissionner et qualifie ceux qui ont fermé l’accès à l’APN de « bande » : « Ces députés ne représentent pas la majorité. C’est une petite bande qui est hors-la-loi », qui « cherche l’escalade». Said Bouhadja accuse Djamel Ould Abbès d’inciter les députés à mener ces actions contre lui. «Hier, lors de la réunion du bureau politique, ils ont décidé de me retirer la couverture politique. C’est une décision illégale qui n’a pas été approuvée par le comité central, comme le stipulent les textes qui régissent le fonctionnement du parti ». Pour les jours à venir, Saïd Bouhadja ne prévoit pas de changer d’attitude : «La vacance est prévue uniquement en cas de décès ou de démission. Et moi j’accepterai de démissionner uniquement à la demande du président Bouteflika».
I.M. A.

Crise de l’APN
Ils ont dit
Rien ne va plus à l’APN, et l’affaire du président de la chambre basse du Parlement, Saïd Bouhadja, n’est pas trés ravissante, alors que certains députés exigent son départ, même avec la force. Hier, dès la première heure, plusieurs députés opposés à Bouhadja ont empêché tous les employés du service relevant du président de l’APN d’accéder à leurs bureaux, et ce pour contraindre le troisième homme du pouvoir à démissionner. Devant une entrée cadenassée de l’APN, certains députés ont bien voulu accorder des déclarations à la presse pour s’exprimer sur cette situation très délicates…

Djamel Bouras, député du FLN : «350 députés ont protesté contre Bouhadja »
Intervenant sur cette situation, Djamel Bouras, député FLN de l’émigration a indiqué aux journalistes présents sur place que «plus de 350 députés ont participé à l’action de protestation contre Saïd Bouhadja, devant l’entrée principale de l’APN.»
Un autre député du même parti a souligné, pour sa part que «les parlementaires espèrent que Saïd Bouhadja ne viendra pas pour éviter un désastre.» Selon ce député, « c’est le refus du président de l’APN de démissionner qui nous a poussés à recourir à ce genre de méthodes», a-t-il dit.

Djamel Chenini (RND) : «Bouhadja doit se soumettre à l’avis de la majorité »
De son côté, Djamel Chenini, député RND, a fait savoir qu’il a été contacté par le groupe parlementaire lundi soir ; « J’ai eu l’information de l’action de protestation d’aujourd’hui (hier). C’est le cas de plusieurs députés qui ne résident pas à Alger. Cela explique pourquoi beaucoup d’entre eux n’ont pas pu rejoindre le rassemblement. Mais selon mes informations, certains députés ont pris la route tôt ce matin». Avant d’ajouter : «Je ne suis pas là pour empêcher de force Saïd Bouhadja d’accéder à son bureau. Je suis venu pour lui expliquer qu’il doit se soumettre à l’avis de la majorité.»

Amar Djelani (FLN) : «Bouhadja n’a plus sa place à l’APN »
Amar Djelani, député FLN, s’interroge dans une déclaration à la presse : «où est passé Bouhadja ? Qu’il ait le courage de venir affronter ses collègues députés». Il ajoute : «notre action est légale. Nous le respectons en tant que Moudjahid, mais il doit comprendre qu’il n’a plus sa place à la tête de l’APN.»

Mustapha Nouassa (TAJ) : « On va empêcher Bouhadja d’accéder à son bureau »
Mustapha Nouassa, député de TAJ, opposé à Bouhadja : « Nous avons tenu une action symbolique suite au refus du président de l’APN de partir. Oui, on va empêcher Saïd Bouhadja d’accéder à son bureau. L’instance de coordination de la majorité parlementaire va se réunir pour examiner la situation. »
B.M. Wali