Réunion de l’OPEP, à Vienne, les 22 et 23 juin prochains : La hausse du niveau de production au menu

Après avoir enregistré les 73,44 dollars sur l’intercontinental Exchange (ICE), vendredi dernier, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, principale référence sur le marché mondial (WTI) continue de reculer, perdant 70 cents, pour marquer, lundi, la barre des 72 dollars, pour livraison en août, la veille de la rencontre de l’OPEP à Vienne, vendredi et samedi prochains, à laquelle prendra part l’Algérie, en la personne du ministre de l’Énergie Mustapha Guitouni.

Le recul des cours du pétrole, semble persister, réagissant entre autres, aux déclarations de Moscou et Ryad, annonçant, à moins d’une semaine du conclave de l’OPEP, les 22 et 23 du mois en cours à Vienne, le souhait de voir leur proposition sur l’augmentation des quotas de production, acceptée, par leurs partenaires de l’Accord de réduction des niveaux de production de l’or noir, en vigueur depuis, janvier 2017. Engagés depuis début 2017 et jusqu’à la fin de l’année en cours par l’Accord de réduction de la production de pétrole, selon le calendrier des quotas alloués aux pays signataires du dit document, pays membres et non membres de l’OPEP, la réunion de Vienne abordera sans aucun doute, la teneur de la proposition russo-saoudienne précitée, sans perdre de vue aussi, l’impact de la nouvelle escalade des tensions commerciales, notamment entre Washington et Pékin, laquelle fait craindre, selon des experts, des conséquences négatives sur la demande mondiale de brut. Lors d’une réunion non officielle début juin courant au Koweït, des ministres de pays, dont l’Algérie, signataires de l’Accord sur la réduction des niveaux de production de l’or noir, ont appelé à un partenariat durable entre les pays membres et non membres de l’OPEP, en vue de limiter la production de pétrole. Une posture intervenue, quelques jours avant les déclarations des ministres de l’énergie de Russie et d’Arabie saoudite, en marge de l’ouverture du Mondial 2018, à Moscou, exprimant le souhait d’aller sur la voie d’une augmentation de 1,5 million de barils de pétrole par jour. Les participants à la rencontre du Koweït, dont l’Algérie, ont estimé nécessaire d’établir, selon le communiqué final de leur conclave, des conditions de marché qui puissent garantir «une disponibilité stable du pétrole en temps voulu pour répondre à la demande croissante» est-il indiqué. Depuis son pic le 22 mai dernier, atteignant les 80 dollars, et la barre des 72 dollars, lundi dernier, pour livraison en août prochain. Le Cartel, pour rassurer les investisseurs, et calmer la volatilité des prix du baril de l’or noir, est intervenu par des déclarations, hier matin, à l’agence Bloomberg, laissant entendre, que les membres de l’OPEP «discutaient d’une hausse limitée» de la production, avant la réunion de Vienne, moins que les 1,5 millions barils par jour, avancée par Moscou et Ryad, à moins d’une semaine de la rencontre dès vendredi prochain du Cartel. Il s’agit en effet, selon la même source, d’une hausse de 300 000 barils à 600 00 barils par jour, information qui a fait gagner 1,3 % au baril de l’or noir, atteignant ainsi, la barre des 74,43 dollars hier après-midi. Si d’autres informations font état de l’acheminement vers une hausse de production de 500 000 b/j, répartis entre l’Arabie saoudite, Emirats arabes unis et le Koweït et de 200 000b/j pour la Russie, dans les deux à trois mois prochains, il est aussi question, faut-il le rappeler, de la baisse de la production au Venezuela et en Iran, ce qui laisse dire aux experts que «la production globale devrait rester stable», si la réunion du Cartel, à Vienne, tranchera en faveur d’une hausse moins que celle avancée par Moscou et Ryad. Dans son rapport publié mercredi dernier, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a estimé que, la demande mondiale de pétrole «devrait augmenter de 1,4 million bp/j en 2019», pour dépasser, précise-t-elle, «les 100 millions de bp/j d’ici le deuxième trimestre de 2018». Selon l’AIE, l’augmentation «régulière » de la demande de pétrole l’année prochaine, s’explique, selon elle, « en raison de la solidité de l’économie mondiale » et aussi «d’importantes difficultés d’approvisionnement qui pourraient apparaître d’ici la fin de l’année prochaine si l’Opep ne peut pas » est-il indiqué «pallier la moindre pénurie d’offre » a estimé l’’AIE, à moins d’une semaine de la réunion de vendredi et samedi prochains du Cartel à Vienne.
Plus loin, l’Agence indique qu’il «est possible que nous révisions à la baisse nos prévisions économiques dans les prochains mois» et de relever que «l’économie mondiale souffre de la hausse des prix du pétrole.»
Karima Bennour