Astana

Réunion d’Astana sur la Syrie : Le terrorisme de Daech et En-Nosra en ligne de mire

Une délégation du gouvernement de la République syrienne et des représentants de groupes rebelles de l’opposition armée ont tenu hier, pour la première fois, le premier tour de pourparlers qu’abrite, durant deux jours, la capitale du Kazakhstan, Astana.
La rencontre qui a pu se tenir suite aux derniers développements majeurs dans la crise en Syrie, principalement survenus sur le terrain, par les avancées enregistrées par l’Armée syrienne et ses alliés dans sa lutte contre le terrorisme, particulièrement la Russie, est parrainée par Moscou, Téhéran, et Ankara. Le conclave d’Astana marque un tournant dans le traitement de la crise en Syrie, notamment en la voie au lancement effectif du processus de Genève, pour la conclusion d’un accord politique inter-syrien.
Le conclave d’Astana marque le début du processus de la fin de la crise dans ce pays, au regard de la présence, hier, des principaux acteurs, à ce rendez-vous, signe d’engagement dans la dynamique lancée, à partir de la capitale Kazakhe, ouvrant ainsi la voie au processus de Genève pour la conclusion d’un accord politique inter-syrien.
La réunion d’Astana, qui prend fin aujourd’hui, sera sanctionnée par une déclaration finale dans laquelle, il sera question essentiellement de faire, outre la différence entre les groupes terroristes et les groupes d’opposition armés et de réaffirmer l’intention commune de mener la lutte contre le terrorisme de Daech et du Front En-Nosra.«L’Iran, la Russie et la Turquie réaffirment leur intention de lutter conjointement contre Daech et le Front En-Nosra», et à distinguer ces derniers, est-il précisé dans le document soumis pour adoption, aujourd’hui, «des groupes d’opposition armés».
Le gouvernement syrien a été représenté par l’ambassadeur de Syrie aux Nations unies (ONU), Bachar Jaâfari, quant à l’opposition armée, une délégation la représentant était au rendez-vous, pour ne citer que Mahmoud Allouche du groupe islamiste Jaysh al-islam.
Dans une grande salle de l’hôtel Rixos, les précités se sont retrouvés autour de la table de négociations, en présence de hauts responsables russe, iranien et turc, dépêchés de leurs capitales respectives, de l’Émissaire de l’ONU pour la Syrie, Steffan de Mistura, lequel a salué, dimanche, ces pourparlers, les qualifiant de «bonne initiative».
Les États-Unis sont représentés à la rencontre d’Astana par leur ambassadeur. Le premier à prendre la parole, selon l’ordre annoncé au début de la session, Jaâfari laissera après son allocution la parole à l’opposition, leur ont succédé la Russie, l’Iran, Turquie, les États-Unis et le représentant de l’Institution onusienne. Parrainées par Moscou, Téhéran et Ankara, les négociations entamées, hier à Astana, doivent amener les parties syriennes, gouvernement et groupes rebelles, à faire taire leurs armes, par la conclusion d’un un accord sur le cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire de la République syrienne.
Sont exclus, de ce processus, les groupes terroristes, dont En-Nosra, Daech et consorts, demeurant pour Damas et ses alliés Moscou et Téhéran, la cible de leurs opérations militaires de lutte contre le terrorisme en Syrie.
Le déroulement et le résultat de la session plénière de la première réunion d’Astana ont été «globalement satisfaisant» pour la Russie, selon le chef de sa délégation présent à Astana, Alexandre Lavrentiev, qui a eu à noter, par ailleurs, que «la méfiance mutuelle entre les parties demeurait». Et c’est à partir de Moscou que le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, s’est exprimé sur cet évènement, marquant un tournant important pour le règlement de la crise en Syrie.
Saluant les négociations d’Astana, Sergueï Lavrov a souligné que celles-ci doivent «devenir une étape importante pour régler la crise».
Karima Bennour