Amor Khelif

Amor Khelif sur les ondes de la radio algérienne : «Les cours du pétrole dépendent de la croissance économique mondiale»

Dans un contexte marqué par la première réunion ministérielle du comité de monitoring Opep et non Opep, la question de l’épuisement de l’excédent pétrolier sur le marché est toujours d’actualité. Intervenant, hier, sur les ondes de la radio algérienne, dans l’émission l’invité de la rédaction, l’expert en hydrocarbures et chercheur au Cread, Amor Khelif a affirmé que « le prix du pétrole est tributaire de la croissance économique mondiale».
« Dans la mesure où l’économie mondiale s’accroit, les pays producteurs de pétrole n’auront plus à se soucier de la problématique de respect des quotas », a-t-il affirmé avant de préciser que « l’enjeu central c’est l’avenir de la croissance économique mondiale qui elle détermine le rythme de la croissance de la demandé pétrolière ». Tout en rappelant, dans ce sillage qu’il y a un « tassement de la croissance économique mondiale », l’intervenant a néanmoins fait l’éloge de l’accord des pays Opep-non Opep de réduire la production de 1,8 million de barils de brut, afin d’en relever les cours. En effet, même si il estime que « l’excédant sur le marché n’a toujours pas été absorbé », l’hôte de la radio a prédit que ce but se concrétisera dans les jours à suivre. évoquant que l’Agence internationale de l’énergie (AIE), affirme dans ses dernières statistiques que le surplus tournerait autour de 800.000 barils /jour, l’intervenant a, nonobstant, précisé que cet « excédent sera absorbé dans les jours à venir ». S’étalant davantage sur l’accord de réduction de la production, Amor Khelif a argué que celui-ci est le fruit des contraintes financières auxquelles étaient confrontés les pays producteurs. «La baisse des prix qui a affecté beaucoup de pays. Le monde est sous pression, ce qui a permis la concrétisation de l’accord », a-t-il dit dans ce registre.

La hausse des prix du pétrole profite aux compagnies
D’autre part, l’intervenant n’a pas manqué de rappeler que les premiers bénéficiaires de cette hausse des prix du pétrole c’est les compagnies pétrolières dans la mesure où elles ont engagé un large processus de concentration. Affirmant qu’aujourd’hui les PME ont été quasiment absorbées par les grandes compagnies pétrolières, l’intervenant a expliqué que ces dernières ont, cependant, affirmé que les prix bas ne les arrangeaient pas à long terme. Et pour cause, celles-ci sont confrontées à des problèmes d’investissements dans l’exploration et la production. Tout en mettant en exergue les dangers de la baisse des prix sur les investissements, l’expert en hydrocarbures a indiqué qu’en 2016, les découvertes pétrolières correspondent à un mois de consommation mondiale seulement. « Il y a nécessité et urgence d’investir dans l’industrie pétrolière », a-t-il rajouté tout en rappelant que les investissements annuels sont de l’ordre de 1.000 milliards de dollars annuellement, ce qui explique l’urgence de faire hausser les prix.
Plus loin, il dira que ces compagnies ont la prétention de piloter la transition énergétique ainsi que la promotion des énergies renouvelables. Pour lui, « les énergies renouvelables ne peuvent se pérenniser qu’avec des prix élevés du pétrole ». En d’autres termes, pour le professeur « la transition énergétique se fera avec le pétrole ». D’autre part, tout en plaidant à l’exploitation du gisement des énergies renouvelables en Algérie, Amor Khelif a affirmé que la promotion de ces énergies n’est pas seulement un problème d’investissements. En effet, pour lui il est impératif d’ « instaurer un cadre institutionnel totalement différent », qui soit « décentralisé ». « On a confié le programme de développement des énergies renouvelables au groupe public Sonelgaz, mais je dirais qu’il faut créer une structure indépendante concurrentielle à la Sonelgaz pour accompagner l’investissement dans ce secteur », a-t-il recommandé.
Au sujet du gaz et pétrole de schistes, le chercheur a exclu que l’exploitation puisse parvenir à s’imposer face au brut, en raison, explique-t-il, de son cycle de vie relativement court et d’une exploitation « extrêmement coûteuse ».
Lamia Boufassa