Université d'Alger

RÉORGANISATION DE L’UNIVERSITÉ : Nécessité de former utile à l’avenir

Le dernier Conseil des ministres a passé en  revue des projets de loi qui permettront de réhabiliter le niveau de l’enseignement supérieur, mettre l’université à l’abri des manipulations idéologiques et assurer une autonomie de l’université et des instituts supérieurs.

Dans ce cadre, les projets proposent une organisation optimale de l’université à travers la définition de règlements intérieurs adaptés aux différentes universités. Le  projet de loi permettra ainsi d’assurer à l’université algérienne une organisation optimale en adéquation avec ses missions de pôle de formation et de rayonnement scientifique en mesure d’assurer les leviers du développement du pays. Il est utile de rappeler dans ce cadre que l’université algérienne qui a formé des compétences reconnues à travers le monde n’a pas su s’adapter aux mutations qu’a connue la société notamment en matière de qualité de l’enseignement.  Le Conseil des ministres a débattu les voies et moyens permettant à cette institution de reprendre sa place dans la société et surtout de devenir le vivier du savoir et la matrice pouvant offrir des compétences en mesure de prendre à bras le corps le développement du pays. Cet effort de réorganisation, prévu dans le cadre des projets de loi qui seront soumis aux deux chambres du Parlement,  permettra de mettre à l’abri l’université des luttes idéologiques qui ont utilisé cet espace pour des manœuvres d’endoctrinement et de lavage de cerveau de certains étudiants qui se sont retrouvés emportés dans une spirale de violence qui a fait beaucoup de mal au pays. Certes, l’université est l’espace de prédilection pour le débat d’idées et le développement de la pensée rationnelle utile au développement de la société et du pays, mais il est surtout nécessaire de mettre en place des garde-fous qui permettront de faire barrage aux tentations incendiaires de certains courants rétrogrades.
Les projets de loi garantiront une autonomie à l’université ce qui permettra plus de liberté dans la définition des modèles d’organisation, financière, pédagogique, scientifique et administrative  en fonction de chaque filière d’étude. L’organisation actuelle, basée sur une centralisation qui a montré ses limites et qui a servi de boulet qui a entravé l’essor de l’université algérienne, devra être repensée dans  le seul intérêt de la société qui pourra profiter de compétences algériennes qui répondent à ses attentes. Il faut souligner l’urgence de jeter des passerelles entre l’université algérienne et la société pour permettre l’émergence de compétences utiles. Aujourd’hui, selon de nombreux observateurs, l’université forme des cohortes de  diplômés qui ne trouvent pas preneur dans le monde du travail en raison justement du fossé qui sépare la société de l’Université. Le défi qui se posera à l’avenir sera de former juste et surtout de former utile pour répondre aux attentes de l’économie nationale et du pays dans un monde en pleine mutation et qui n’accordera de place qu’à ceux qui sauront s’adapter aux changements qu’il connaît.
Slimane B.