Rencontre FLN et El-Bina : Bengrina plaide pour le renouvellement du « principe de véritable partenariat »

Elles sont en fin de compte deux initiatives sur la ligne. Rivaux certes, mais aussi identiques parfois, à commencer même par leur nom : consensus national. Après que le MSP a annoncé une série de rencontres avec nombre de chefs de partis politiques en vue de promouvoir son «consensus national», visant à réaliser «une transition démocratique» avec l’«accompagnement» de l’Armée, le mouvement El-Bina – de même tendance islamiste – fonde aussi son initiative pour faire le poids. Alors qu’Abderrezak Makri, président de MSP, rencontrait hier dans l’après-midi son homologue du RND et Premier ministre, Ahmed Ouyahia, Abdelkader Bengrina était chez Djamel Ould Abbès du FLN. Néanmoins, l’ambiance était à merveille cette fois-ci pour El-Bina et le FLN, et les deux chefs de partis se sont montrés plutôt d’accord sur plus d’un titre. Il s’avérerait alors que les deux formations ont beaucoup de choses en commun. Le Front El-Bina, une formation jeune de 5 ans, mais dont l’équipe dirigeante était avant 18 ans à la tête du MSP, dirigé alors par Mahfoud Nahnah, au moment où ce parti était au gouvernement au sein de l’alliance présidentielle. Cela avant de claquer la porte suite aux divergences qui ont suivi le décès du fondateur Nahnah. Un point que le SG du FLN ne manque pas de rappeler à ses hôtes. Ould Abbès a évoqué même son «grand espoir» quant à l’élaboration d’«une plateforme commune» entre les deux partis, dont les principes du 1er novembre en seraient «le ciment et le dénominateur commun» de ce nouveau partenariat entre le FLN et El-Bina. Un passé qu’assume pleinement Abdelkader Bengrina lors de sa prise de parole, en saluant «une rencontre avec des partenaires avec lesquels on a tracé de par le passé le plan de partenariat commun pour la gestion des affaires publiques». Bengrina, accompagné par une importante délégation de son parti au siège du FLN, s’est même vanté d’être parmi «les importants dirigeants qui ont dirigé le MSP sous la direction de Nahnah qui ont participé au gouvernement». «Nous ne renions pas cette époque (où le MSP était au Gouvernement). Au contraire, on en est très fiers, car nous sommes convaincus que ce partenariat a protégé le pays de toutes menaces et dérapages et a su construire une cohésion nationale entre la collectivité nationale et de construire un mûr contre tous les appétits étrangers» a indiqué Bengrina. Et ici, Bengrina dévoile toute l’essence de son «consensus national» et l’objet de sa rencontre au FLN. «Nous sommes prêts à renouveler l’expérience et reconstruire de nouveau ce principe de véritable partenariat à l’instar de ce qu’avait fait Nahnah quand il avait dit : “l’Algérie est libérée par tout le monde et elle sera bâtie par tout le monde», a ajouté Bengrina. Sans aucun doute, El-Bina veut rentrer au gouvernement, mais qu’elle en serait la réaction du MSP, qu’ils vont rencontrer justement son président Abderrezak Makri, aujourd’hui, pour discuter «consensus national».

Hamid Mecheri